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Santé publique: Une étude de la Banque Mondiale met en évidence les lacunes

Dans sa dernière édition des cahiers économiques, le bureau camerounais de ce partenaire au développement évoque les défis du secteur

Selon une analyse réalisée dans la sixième édition de sa publication semestrielle « Les Cahiers Economiques » et qui est intitulée «Vers une plus grande équité, une attention particulière à la santé» le bureau pays de la Banque Mondiale au Cameroun a mis en évidence tous les défis auxquels le système de santé publique doit encore faire face au Cameroun, bien que d’importantes ressources y aient été consacrées durant les deux dernières décennies autant par le trésor public que les familles. L’analyse de la Banque Mondiale fait ressortir par exemple qu’il y a eu peu d’amélioration des indicateurs de santé du Cameroun au cours des vingt dernières années. Comme principal résultat, le gouvernement partage toujours aisément son succès dans la réduction de la mortalité infantile chez les enfants de moins de 5 ans. Mais l’analyse de la BM relève elle, que cette réduction est très légère et qu’à contrario, l’espérance de vie a fortement diminué. En d’autres termes, les gens survivent plus à leur naissance, mais ils vivent moins longtemps au Cameroun, pays où toujours selon l’analyse, le fardeau du financement des soins de santé est en grande partie assumé par les ménages car les mécanismes de compensation des risques sont presque inexistants. Les analystes de la Banque Mondiale font aussi savoir dans leur analyse que bien qu’elles soient importantes, les ressources publiques affectées à la politique de santé ne sont pas toujours déployées là où elles sont le plus nécessaires. En conséquence, des disparités importantes existent dans l’état de santé entre les zones rurales et les zones urbaines, ainsi que dans tous les groupes socio-économiques. La Banque Mondiale estime que l’introduction du Budget programme en 2013 devrait améliorer l’efficacité des dépenses publiques. Les Ministères de tutelle dont celui de la santé, ayant désormais plus de flexibilité dans la préparation et l’exécution de leurs budgets, mais étant également tenus responsables des résultats. Mais la BM pense que ce n’est pas suffisant. Elle estime que pour plus d’efficacité, une collecte pertinente de données et un système de gestion pourraient mieux aider les décideurs à surveiller l’état de santé plus régulièrement et s’assurer que les allocations budgétaires sont fondées sur les besoins et les performances effectives.

La Banque Mondiale estime aussi que le Cameroun pourrait également commencer à prendre des mesures en vue d’une extension de la couverture maladie, notamment à travers l’organisation mutuelle de santé et de l’assurance obligatoire dans le secteur formel. Une telle décision qui est susceptible de réduire les coûts individuels d’accès à la santé devrait améliorer l’accès aux services de santé pour les pauvres et protéger leurs épargnes des chocs dus aux urgences sanitaires permettant l’allocation de ces ressources vers d’autres biens économiques. La Banque Mondiale ne manque pas aussi de citer son projet santé au Cameroun qui est basé sur le principe d’une approche axée sur les résultats en matière de santé, qui fournit un financement basé sur les résultats et récompense le rendement au moyen de dotations budgétaires supplémentaires et les primes, actuellement en phase pilote dans certaines zones du pays. Toujours selon elle, les résultats préliminaires de cette approche sont encourageants et une extension de cette initiative peut être une option en vue d’améliorer les services de santé et les résultats, et d’assurer une plus grande couverture des services de santé.

Il est à relever cependant que l’analyse ne fait pas une présentation claire et précise de la masse de dépense que représente globalement le secteur de la santé en terme de dépenses nationales. Derrière cette analyse on peut voir aisément la Banque Mondiale rappelant au gouvernement deux choses : On devrait avoir plus de dépense dans le domaine de la santé publique, plutôt que dans le domaine de la consommation du carburant, qui profite aux personnes les plus riches, d’une part. D’autre part, le gouvernement devrait faire une analyse permanente des besoins de santé dans le pays et affecter les ressources proportionnées à la chaîne de valeur de la politique de santé, ce qui réduirait les dépenses de santé au sein des ménages leur donnant un meilleur pouvoir d’achat pour la satisfaction d’autres besoins de développement personnels et collectifs.


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