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Se Joshi Bahrat: «Les athlètes camerounais disparus sont encore dans la légalité»

Le Haut-Commissaire de Grande Bretagne évoque les jeux Olympiques et se prononce sur la défection des athlètes camerounais

Son Excellence, quelles sont vos impressions sur ces jeux olympiques qui viennent de s’achever, à titre personnel, et en votre qualité de Haut-Commissaire pour les pays d’Afrique centrale, dont le Cameroun?
Nous (les britanniques ndlr) avons promis au monde des jeux olympiques extraordinaire et je suis fier en ce que c’est exactement ce que nous avons fait. Pour ma part ce qui a été fait dans le cadre de ces jeux en Grande Bretagne a dépassé toutes les attentes qui étaient placées en nous. De nombreuses personnes s’attendaient à un des plus grands shows qui ait jamais eu lieu et c’est ce que nous avons fait, j’en suis fier.

Combien de visas ont été remis aux camerounais, dans le cadre des demandes effectuées lors de ces jeux?
Il est difficile de différencier les choses de cette façon parce que nous avons ceux qui ont demandé des visas en qualité de membre de la famille olympique et qui avaient des activités à mener en Angleterre à cet effet et dont les statistiques laissent entrevoir une centaine. D’un autre côté, il y avait ceux qui ont demandé des visas normalement pour les vacances d’été, en vue d’aller rendre visite à leurs familles en Angleterre, et dont on ignore si au cours de leurs voyages britannique, ils ont été des spectateurs lors des jeux. Mais une chose est sûre, c’est que nous avons eu un nombre plus important de demandes de visas durant cette période.

On vous a vu très impliqué lors des préparations des différentes équipes des pays que vous couvrez. Mais au final, presque pas de médailles. Déçu?
Permettez d’abord que je puisse dire que je suis extrêmement fier de la prestation de l’équipe olympique britannique. Terminer troisième au classement des médailles, c’est presque incroyable et bien au-delà de ce qu’on aurait pu espérer. Maintenant en qualité de Haut-Commissaire au Cameroun, et pour toute l’Afrique centrale, je ne dirais pas la vérité si je disais que je n’ai pas été déçu que mon pays hôte, n’ait pas eu de médaille. Je pense cependant que c’est une situation qui pourra faire l’objet d’une évaluation par les camerounais. Il y a des leçons qu’il faudra tirer à tous les niveaux de responsabilité par les fédérations sportives.

A défaut d’avoir eu des médailles, les camerounais ont déferlé la chronique avec jusqu’à huit athlètes officiellement disparus, l’affaire a alimenté de nombreux médias britannique qui évoquent des raisons économiques. Quel est votre avis?
Oui nous avons vu ces commentaires du comité olympique qui ont fait part de la défection de ces athlètes. Pour notre part et relativement à cette situation, ces athlètes séjournent encore légalement sur le sol britannique, sur la base d’un visa qu’on leur a donné et qui court jusqu’en novembre. Ils n’ont pas été en effraction avec des lois britanniques y compris les lois relatives à l’immigration à ce niveau de la situation. Nous y gardons un il cependant et gardons à l’esprit la possibilité qu’ils se soient mis en situation de clandestinité. Mais pour le moment il n’y a aucune action que nous puissions intenter, en tout cas pas uniquement sur les déclarations du comité olympique, nous n’avons pas encore de preuve qu’ils ont disparu.

Est-ce que vous en avez discuté avec les autorités camerounaises?
Avec le gouvernement camerounais et je m’en félicite, nous avons un dialogue général et permanent sur les questions d’immigration. Nous avons une très bonne coopération avec le gouvernement camerounais sur cette question et à chaque fois qu’un camerounais est présent sur le sol britannique sans y avoir le droit. Depuis plusieurs années, nous faisons face à de nombreuses situations où des camerounais refusent de quitter le Royaume Uni, et demande asile. C’est un problème pour nous mais nous en discutons fréquemment avec le gouvernement du Cameroun. Ce qui est le plus dérangeant, c’est que de plus en plus de camerounais, ne font pas exactement ce qu’ils déclarent vouloir faire dans le cadre de leurs voyages en Grande Bretagne. Des personnes déclarent qu’elles veulent fréquenter et arrivées sur place elles n’étudient pas, des personnes ont des visas et refusent de rentrer pour demander le droit d’asile, ou disparaissent. De plus en plus de personnes font cela et cela nous rend plus attentifs à l’octroi des visas. Mais en réalité, cela ne contribuera pas à rendre les démarches d’obtention de visa plus difficiles pour les personnes en règle.

Dans de nombreux médias, il a été fait mention de ce que ces athlètes pourraient éventuellement demander un asile non pas politique, mais économique en vue de mieux s’épanouir. Si une telle démarche est entreprise, pensez-vous qu’ils auront des réponses positives de la part de l’administration britannique?
La demande d’asile renvoie à quelque chose de spécifique, et fait référence à des situations dans lesquelles une personne ne peut se retrouver dans un environnement, du fait de ce que ses opinions l’y mettent en danger pour sa vie, notamment des opinions politiques. Au niveau de la Grande Bretagne nous pensons encore qu’au Cameroun, la vie des personnes n’est pas vraiment menacée, en raison de leurs opinions politiques. Les gens deviennent librement membres de l’opposition, ils peuvent pratiquer l’opposition sans que cela ne soit la cause d’un risque pour leurs vies. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles les demandes d’asile formulées par les camerounais, n’aboutissent presque jamais. Maintenant, je comprends que malgré le fait que la Grande Bretagne connaisse une petite récession, le niveau de vie y reste plus appréciable qu’au Cameroun, mais il y a des voies plus légales pour se rendre en Angleterre, pour des motifs économiques, pour y trouver un emploi ou des opportunités de tout genre pour ceux qui répondent aux critères. S’ils ne répondent pas aux critères, il y a toujours la possibilité d’entamer une procédure pour un autre pays. Ce qui dérange, c’est le fait que des personnes voyagent et immigrent illégalement. De nombreux résidents Britanniques, pas seulement les autochtones blancs, mais aussi tous ceux qui y vivent légalement, supportent de moins en moins cette situation. C’est un gros défi pour nous les responsables de l’immigration. Nous avons la volonté d’accorder un maximum de visas à ceux qui sont corrects, mais chaque fois nous faisons face à des faux documents, des fausses déclarations et cela nous rend plus prudents.

Les jeux paralympiques c’est pour bientôt, et une fois encore il y aura des délégations de sportifs qui vont voyager pour la grande Bretagne. Est-ce qu’on doit s’attendre à un durcissement des procédures?
Nous sommes déjà assez prudent, la situation n’est pas que celle des jeux comme je vous l’ai dit. Mais bien sûr, nous n’allons pas empêcher les gens de voyager pour participer à des jeux. Pour les jeux paralympiques je voudrais préciser que pour nous c’est un évènement aussi important que les jeux olympiques eux-mêmes. Nous y mettons le même sérieux au niveau de l’organisation. Personnellement j’ai assisté à des entraînements des athlètes camerounais. J’espère pour ma part que l’équipe camerounaise aura de bonnes performances.

Les jeux sont aujourd’hui terminés, même s’il y a les paralympiques, on reprend avec les affaires courantes et un Cameroun dans une logique de grandes réalisations. Quelle partition la Grande Bretagne est-elle prête à jouer ?
Pour moi le plus gros challenge des pays africains et cela est vrai aussi pour le Cameroun, c’est la relève de l’économie. Cette année 2012, je le note aura été celle de processus significatifs pour l’économie Camerounaise avec le lancement des « Grandes réalisations », dont pour certains, on a attendu de nombreuses années pour parvenir à tous les accords. D’un autre côté, on continue de voir progresser la lutte contre la corruption, et pour ma part, c’est la manifestation de ce que le gouvernement a promis de faire. Je pense que c’est encourageant pour les investissements, et au niveau de la Grande Bretagne nous pensons nous engager par exemple aux côtés des jeunes entrepreneurs, et des jeunes tout court. Voilà autant de défis pour lesquelles nous sommes prêts à accompagner le gouvernement camerounais.

Se Joshi Bahrat, Haut-Commissaire de Grande Bretagne au Cameroun
Journalducameroun.com)/n


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