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Sécurité routière: 37 morts en une semaine

C’est le décompte des victimes d’accidents de la circulation survenues sur la route Douala-Yaoundé à la fin du mois d’Août

Un weekend d’horreur
L’information est passée de manière anodine, mais la dernière semaine du mois d’août 2011, aura été la plus sanglante de l’année sur la route reliant Douala (Capitale économique) à Yaoundé (capitale économique). 37 personnes y ont perdu la vie et 28 autres ont été gravement blessées. Aucune estimation n’est disponible sur l’ampleur des dégâts matériels et des pertes financières. Le 27 août vers 16h30 à MAHOLE, un camion voulant effectuer un dépassement, entre en collision frontale avec un car de transport de passagers en excès de vitesse (28 morts, 8 blessés graves et des dégâts matériels importants sur les 2 véhicules). Le 28 août vers 19h30 à MABINE, un bus de transport de passagers entre en collision frontale avec un car de transport de passagers (2 morts 20 blessés graves et des dégâts matériels importants sur les 2 véhicules).

Les victimes sont moins nombreuses parce que les deux véhicules roulaient à une vitesse modérée. Le 29 août vers 23h30 à Sombo, un véhicule touriste percute un camion en arrêt, suite à des pannes non signalés (4 morts, des passagers du véhicule touriste). Enfin le 31 août à Boumnyebel, un véhicule touriste en excès de vitesse effectue un mauvais dépassement et entre en collision avec un camion en croisement (3 morts sur le coup). En cause à chaque fois, l’excès de vitesse, le mauvais dépassement ou le stationnement abusif et dangereux. Des observateurs indépendants estiment que cette situation résulte du facteur humain et souligne les conséquences dramatiques des comportements dangereux et irresponsables des conducteurs sur la route ainsi que certains manquements de l’infrastructure. Malgré cette gravité, la situation est presque passée sous silence, pour au moins deux raisons. La fin du mois d’août a été coïncidée avec le long weekend de Ramadan, fête musulmane qui a donné lieu à près de 5 jours de festivités. D’un autre côté, ces évènements sont survenus dans contexte marqué par la convocation du corps électoral, un moment très attendu par les acteurs politiques.

Aucune réaction des politiques
Chose désormais habituelle, même les autorités camerounaises n’ont pas semblé s’émouvoir de la perte de tant de compatriotes parmi les jeunes. En août, la gendarmerie nationale a fait le bilan d’une opération visant à traquer des usagers de la route indélicats. Le bilan présenté à été plus financier. Près de 25 millions de FCFA récoltés en contraventions. Un bilan dont les forces de l’ordre étaient très fières. Aujourd’hui pourtant on ignore ce que ce déploiement spécial avec à chaque fois une mission du ministre concerné sur le terrain, a coûté au contribuable. Aucun bilan n’existe aujourd’hui sur les niveaux de sécurisation. Avec l’aide de ses partenaires, la route Douala Yaoundé a inauguré la fin des travaux de la réhabilitation de certains de tronçons. Mais le problème des accidents persiste. Le ministre Bello Bouba des transports semble dépité. Fin juillet 2011, il prend une mesure interdisant les voyages de nuit. Deux semaines après, il est contraint de revenir sur sa décision. Il se prononce désormais très peu sur les accidents de la circulation. La sécurité routière est aussi absente du débat politique. Aucun des candidats à la présidentielle d’octobre prochain, ne l’a abordé expressément. Tous proposent des améliorations de l’économie dont l’impact sur la croissance n’est même pas démontré. Or en 2010, il ressort des rapports officiels, que les accidents de la circulation ont fait perdre au Cameroun, l’équivalent de 2% de sont produit intérieur brut (soit près de 300 milliards de FCFA). Selon certains experts du bureau régional de la banque mondial à Yaoundé, la situation de la sécurité routière nécessite de donner la priorité au développement des infrastructures au Cameroun, d’encourager les corps de contrôles notamment de la Gendarmerie à multiplier les actions de contrôle. D’un autres côté, ils trouvent aussi judicieux de: [ipoursuivre l’éducation/sensibilisation des usagers de la route pour l’amélioration de la sécurité des routes et la réduction du nombre de blessés et de morts]. Pour leur part, les syndicats des transporteurs interurbains envisagent d’attirer l’attention des politiques. Nous sommes fatigués d’être des boucs-émissaires des accidents de la circulation. Quelque soit le candidat qui sera élu, il doit savoir que nous avons besoins de routes, et de bonnes routes. Nous ne manquerons pas de le leur rappeler. Aucune statistique sur l’impact des routes camerounaises dans l’économie n’est publiquement disponible. Cela explique peut être que les politiques évitent ce débat.

37 morts en une semaine sur les routes camerounaises
Cameroun24)/n


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