Politique › Institutionnel

Sénatoriales du 14 avril 2013 au Cameroun: Le tango du Rdpc-SDF

Le parti des flammes a finalement, sur instruction de son président national, imposé à ses conseillers municipaux de voter pour le Sdf à l’Ouest

«Nous souhaitons que les candidats de notre parti aux sénatoriales s’imposent par la force de leurs arguments et non que le parti nous impose par la force de voter pour eux. Nous n’entendons pas nous laisser marcher dessus». Ces propos sont ceux d’un conseiller municipal du Rdpc. Constituant l’essentiel du corps électoral pour les élections sénatoriales du 14 avril, les conseillers municipaux du Rdpc, sont très remontés contre leur parti. En effet, depuis l’ouverture de la campagne électorale, le parti des flammes se livre à la danse de Saint Guy, avec des positions, des prises de positions et des revirements de situation à donner le tournis. C’est le cas par exemple dans la Région de l’Ouest, où, le secrétaire général du Rdpc, Jean Nkueté, a demandé aux conseillers municipaux de son parti, au nom du président national, Paul Biya, de voter pour le Sdf. Ce faisant, il tournait en bourrique les représentants du parti dans la région de l’Ouest. En effet, Cette région aura connu en l’espace d’une semaine une avalanche d’ordres et de contre ordres. Tout d’abord, c’est l’association des maires Rdpc de l’Ouest qui, au sortir d’une réunion tenue, le 3 avril, à Bandjoun, chez leur président Victor Fotso, avait pris comme résolution de « Voter blanc » pour manifester le mécontentement des élus du Rdpc à l’Ouest contre l’élimination « indescriptible et lâche » de leur liste par « ceux qui décident à Yaoundé ». Deux jours après, à savoir le 5 avril, c’est le Sultan des Bamoun, Ibrahim Mbombo Njoya, en sa qualité de membre du bureau politique du Rdpc et président de la campagne du Rdpc à l’Ouest, qui convoque, toujours chez le président des maires de l’Ouest Victor Fotso, une autre réunion dont la résolution finale demande d’attendre la position officielle de la hiérarchie. En attendant, il est décidé du maintien de l’appel au vote blanc jusqu’à ce qu’il en soit décidé autrement.

Le 8 avril, c’est au tour de Grégoire Owona, le secrétaire général adjoint du comité central du Rdpc, de convoquer une réunion à Bafoussam où il indique que le parti n’a pas décidé d’un vote blanc, mais que chaque conseiller municipal votera en son âme et conscience. Deux jours après, c’est son chef hiérarchique qui débarque à l’Ouest pour indiquer que sur haute instruction du président national, les conseillers municipaux du Rdpc à l’Ouest doivent voter pour la liste du Sdf contre l’Udc. Ce tango qui a caractérisé la campagne électorale à l’ouest aurait pu passer inaperçu si cela n’avait pas été le cas un peu partout dans le pays, où des sons dissonants ont été entendus au sein du parti majoritaire à l’Assemblée nationale. De fait, de nombreux conseillers municipaux de ce parti exigent un certain respect de la part de leurs dirigeants. Certains auraient même brandi la menace d’un vote sanction contre leur propre parti.

Toutefois, l’on aura compris que le retournement de veste du Rdpc à l’Ouest était une forme de négociation avec le Sdf qui en retour s’est engagé à soutenir la liste du Rdpc dans le littoral où la liste sdf a été recalée. L’entente entre le Sdf et le Rdpc donnent déjà les tendances futures d’un parlement bipartite. Et une porte ouverte au bipartisme intégral au Cameroun.

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