Politique › Institutionnel

Sénatoriales: Les dilemmes d’une élection aux résultats qui risquent surprendre

Le secrétaire général adjoint du parti, Grégoire Owona, effectue une mission dans cette localité où la déception des investitures aux élections du 14 avril est encore grande

Après la ministre Madeleine Tchuente, c’est au tour du ministre Gregoire Owona qui est aussi secrétaire général adjoint du Rassemblement démocratique du peuple camerounais qu’il revient de la région de l’ouest où il est allé porter le message du parti, en vue des sénatoriales du 14 avril prochain. La région se présente comme un des indicateurs clés de ce à quoi pourrait ressembler la distribution des cartes politique si le président Biya ne sera plus là pour maintenir la cohésion de son parti. Monsieur Owona se prononçant sur son voyage sur la Crtv, la chaine nationale, a indiqué qu’il partait porter le message de la consolidation dans les rangs, sans qu’ils n’apparaissent l’idée d’une consigne de vote. Ce serait bien une des rares fois où des militants de ce parti seront appelés à choisir entre deux candidats de l’opposition ou alors un vote blanc, la liste des candidats aux sénatoriales du RDPC en provenance de cette région ayant été disqualifié par le Conseil Constitutionnel, tout comme celle de l’Adamaoua. Mais l’ouest c’est la région des grands contributeurs du parti et la pilule a du mal à passer. Des leaders du département du Noun, le plus grand de la région et des autres départements ont écrit une motion de soutien au président affirmant le soutien indéfectible au président Biya et à son parti. Mais dans les coulisses, on apprend de sources sous anonymat que l’élite de la région notamment celle partageant la culture Grass Field tirent toutes les leçons de cette situation. Depuis le weekend, on apprend que les électeurs RDPC de l’ouest voteront blanc, faisant d’eux, l’enjeu des élections dans la région.

En cas de vote blanc du RDPC, l’UDC de Ndam Njoya pourrait avoir des chances d’avoir une place au Sénat, son nombre de conseiller étant le deuxième de la région. Mais dans l’hypothèse d’une difficile bataille dans le nord-ouest, des personnes s’interrogent aujourd’hui si le RDPC ne va pas donner consigne de vote en faveur du SDF de John Fru Ndi. Une hypothèse et une démarche très étroite pour le parti au pouvoir, à qui les militants de l’ouest pourraient faire le reproche d’avoir choisi de les sacrifier au profit du SDF. Le même calcul se fait avec la situation de l’Adamaoua où le SDF sera en compétition avec l’UNDP de Bello Bouba . À côté de ce casse-tête de campagne, les autres régions vivent au rythme des sénatoriales. Dans le littoral, le ministre Laurent Esso est allé calmer le jeu face aux batailles d’influences. « Celui qui ne se bat pas perdra les élections, notre devoir est de mettre le bulletin RDPC dans l’urne a-t-il fait savoir aux électeurs. Dans l’extrême nord, on a eu des échos d’une campagne tendue. Le Président de l’Assemblée National, aurait fait savoir selon le journal l’Actu, qu’il n’avait pas d’argent pour la campagne et que les candidats devaient se débrouiller. Il s’en est suivi des invectives calmées par le ministre Ahmadou Ali lui aussi originaire de la région. Le nord qui s’est toujours considéré comme la base politique privilégiée de Paul Biya vit aussi la division issue de l’investiture des candidats RDPC. Plusieurs postulants ont été écartés par des décisions souveraines du parti pour leur déplaisir.

Dans la région du nord, les lésés sont aussi nombreux. Les candidats font savoir que la campagne se passe de jour et de nuit et les mécontents sont aussi nombreux. Au c ur de la bataille, le RDPC et l’UNDP. Les motifs de colères sont nombreux dans chaque camp. Au RDPC, l’arrestation et l’incarcération de plusieurs figurent de la localité (Haman Adama et surtout Marafa Hamidou Yaya). A l’UNDP, une rupture consommée entre le sommet du parti et sa base insatisfaite des arrangements avec l’allié RDPC qui ne profite qu’au plus grands du parti. Mais dans une forte animosité, la liste SDF conduite par le frère du ministre Tchiroma de la Communication pourrait jouer les troisièmes larrons et redéfinir les points. Dans la région du nord-ouest on s’apprête à vivre la vrai bataille de ces sénatoriales. Simon Achidi Achu, 79 ans, acquis de manière indéfectible à Paul Biya trouve la force d’affronter John Fru Ndi qui finalement est aussi un proche de Paul Biya. Entre les deux un écart de quelques voix mais la même ambition de gagner. « La politique c’est un jeu, celui qui abat les meilleures cartes l’emporte », a commenté monsieur Achu selon un reportage de la télévision nationale. Au sud, le ministre Fame Ndongo a eu d’autres arguments. « Aucun vote pour le SDF ne sera toléré », a-t-il fait savoir. Là aussi le résultat risque d’apporter des surprises. La région est très déçue de son élite politique et l’a exprimée avec la refonte des listes électorales. Bien qu’étant la région d’origine du président Biya, elle a le plus faible pourcentage d’inscription sur les listes électorales. La nourriture et la boisson ne semble plus suffire. Cette semaine est la dernière de campagne des élections qui s’annoncent riches en leçons et apprentissages.


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