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Sénégal: Coup de force des Wade

Abdoulaye Wade remanie son gouvernement en renforçant sa main mise et place son fils en orbite

Le président sénégalais s’y est pris de façon directe pour montrer l’ambition affichée de placer son fils en orbite dans le rude univers politique sénégalais. Ce weekend a vu s’opérer des changements important. En effet, le 6è Premier ministre de l’ère Wade a pris fonction ce samedi. Les analystes s’accordent déjà à relever que six, c’est plus que sous les présidents Senghor et Abdou Diouf réunis en plus de trente ans de pouvoir. Souleymane Ndéné Ndiaye, jusqu’alors ministre d’Etat, ministre de l’économie maritime et des pêches, a succédé à Hadjibou Soumaré qui a demandé au président Wade de le décharger de ses fonctions pour convenance personnelle. Le président Wade avait promis, après le revers électoral de son camp aux élections locales, d’en tirer les conséquences. Il a trouvé son nouveau premier ministre parmi ses plus proches en politique. Avant ses fonctions ministérielles, Ndiaye a été porte-parole, puis directeur de cabinet du chef de l’Etat. C’est un politique, un militant de toujours du parti présidentiel, le Parti démocratique sénégalais qui succède au technicien Soumaré.

Le nouveau Premier ministre est l’un des rares ministres sortants à avoir conservé son mandat de maire. Des commentateurs on voulu y démontrer un geste de récompense du président. Mais on se souvient aussi qu’il avait été le seul du camp présidentiel à dire publiquement qu’il n’était pas question pour lui de se ranger derrière le fils du président, Karim Wade, quand sa mise en orbite avait été évoquée. L’incompréhension est plus forte lorsqu’on se souvient que l’ancien président de l’assemblée nationale, Macky Sall, a été évincé de son poste pour avoir invité Karim Wade à être auditionné par le Parlement sur les infrastructures réalisées dans le cadre de l’organisation de la Conférence islamique, ce n’est pas un tel destin qui pouvait être promis au téméraire. C’est peut être justement que Wade a tiré des leçons de l’épisode Macky. Sorti du parti, comme Idrissa Seck, Macky a contribué à la défaite électorale présidentielle. Le président ne pouvait, alors que le total des voix de son camp a fait moins de 40% de l’électorat, à trois ans de la prochaine présidentielle, se permettre de se couper de nouvelles forces. La logique de la sanction subordonnée dans le choix de Ndiaye, ne se retrouve pas toujours dans la composition du gouvernement. Parmi les ministres battus aux élections locales, certains sont restés, d’autres évincés.

Parmi les personnalités qui ont subi un échec lors des dernières élections, certains ont quand même fait une entrée au gouvernement. Karim Wade est l’un d’eux. Il est même sorti en grand gagnant de ce remaniement. Ministre d’Etat, ministre de la Coopération internationale, de l’Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures. Un portefeuille hybride qui correspond aux domaines dont il avait déjà la charge sans en avoir l’attribution. La première mise en orbite du fils par la mairie de Dakar n’ayant pas fonctionné, le père de président tente une deuxième solution. Il a trois ans pour convaincre les électeurs qu’il a d’autres qualités que filiales. Le nouveau gouvernement qui n’a pas su être réduit, compte 30 ministres dont 9 ministres d’Etat et 3 ministres délégués. Il compte quinze entrants et treize sortants outre le Premier ministre. Dans le même temps, Wade a fait le ménage à la présidence. 34 proches collaborateurs, dont trois ministres d’Etat, onze ministres conseillers et vingt autres conseillers spéciaux, techniques et chargés de missions, ont été remerciés. Pour les Wade c’est trois ans de grâce en plus.

Abdoulaye et Karim Wade
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