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Sept mois après le drame d’Eseka, des familles toujours séparées

Mme Dorette Enangue Njoh est portée disparue depuis le drame d'Eseka le 21 octobre 2016

La famille Dissake fait partie du collectif engagé dans un procès à au Tribunal de grande instance de Douala contre Camrail. Elle est à la recherche de Madame Enangue Njoh Dorette, notaire en service dans la ville de Yaoundé est portée disparue depuis le 21 octobre.

Monsieur Thomas Dissake peut partir d’un éclat de rire franc pendant la conversation à un regard flegmatique en une fraction de seconde. L’air mystérieux, cet avocat de profession ne laisse nullement transparaitre sur son visage la peine que lui cause, depuis sept mois, l’absence de son épouse Dorette Enangue Njoh. Très discret sur la profondeur de ses émotions, cet avocat n’a pas hésité à parler des démarches entreprises depuis le déraillement du train, non loin de la gare d’Eseka, jusqu’à ce jour pour retrouver son épouse.

«J’ai saisi Camrail, j’ai saisi le ministre de la Santé pour le cas de ma femme. Le directeur de Camrail et moi nous sommes rencontrés au Hilton Hôtel pour en parler. Des recherches ont été menées puis on m’a dit qu’on ne pouvait pas me donner des nouvelles de ma femme», se désole Me Thomas Dissake.

Les malheurs de la famille Dissake commencent au lendemain d’une catastrophe qui divise la route Douala-Yaoundé en deux, rendant impossible tout trafic sur la nationale n°4. Dorette Enangue Njoh se rend à la gare de Yaoundé et acquiert un billet en première classe pour rejoindre la capitale économique. Quelques heures après son départ, ses proches parents apprennent, par voie de média, la survenue du drame. «Lorsque nous avons appris la nouvelle dans les médias comme tout le monde, je suis allé à la gare voir le chef d’agence. J’ai trouvé qu’on apprêtait les wagons qui allaient être dépêchés sur Bamenda. La famille est arrivée à Eseka le même jour. Ma belle-sœur s’est rendue sur les lieux elle a cherché sa sœur partout à Eseka, mais rien. On a même passé la nuit sur place à attendre. Après, nos recherches se sont étendues dans les hôpitaux d’Eseka de Yaoundé, Douala», raconte-t-il.

Une recherche à tâtons

«Lorsque nous cherchions à Eseka, nous avons interrogé le médecin de l’hôpital d’Eseka le médecin de l’hôpital qui recevait les blessés. Nous lui avons montré une  photo et là il nous a certifié qu’il avait vu ma femme, qu’il l’avait soignée, qu’elle était blessée à la tête et il a dû lui faire un bandage mais qu’elle était décédée. Sauf qu’il s’est avéré que ce n’était pas ma femme. Il y avait eu une confusion, ce n’était pas ma femme parce que cette dame avant de mourir lui avait laissé un numéro mais lorsque nous avons appelé, le mari de la dame a décroché», se souvient Me Dissake.

Toutes les initiatives personnelles entreprises par lui se sont avérées insuffisantes. Alors Me Dissake s’est tourné vers Camrail qu’il accuse de n’avoir pas respecté son contrat qui consiste à conduire ses clients à destination. Dans une première correspondance datée du 30 mars, il a tenté de s’enquérir des démarches entreprises par la structure. Réponse lui fut donnée que les investigations avaient été arrêtées. «Vos réponses selon lesquelles la commission d’enquête ordonnée par le chef de l’Etat ayant terminé ses travaux, vous ne pouvez plus rien faire dans la recherche de mon épouse sont inacceptables. Vous êtes en train de vous désengager de cette recherche qui, au premier chef, vous incombe. Vos déclarations sur une enquête internationale que vous avez demandée ne regardent en rien l’aspect humain de ce drame.  Vous êtes même incapables de répondre à des correspondances qui méritent des réponses pour permettre de savoir le niveau de vos actions sur ce dossier», a réagi Me Dissake dans une autre correspondance à Camrail, le 02 mai dernier.

Pas question de penser à faire le deuil

Pour Thomas Dissake, il n’est pas question de parler de son épouse au passé, après être passé dans les morgues, les hôpitaux et les environs de la localité d’Eseka. Même les affiches collées partout dans ce village de la région du Centre n’ont toujours pas porté de fruits mais Me Dissake ne démord pas. Il garde l’espoir de retrouver celle  avec qui il a «tant partagé». Alors est-ce qu’il parle d’elle au passé? «Je parle de ma femme au présent, même si je me trompe je parle d’elle au présent. Pour moi la mort c’est lorsqu’on a un corps physique», ajoute-t-il.

Parce que pour lui seul son «silence serait coupable», Thomas Dissake a également saisi le français Vincent Bolloré, président du groupe Africa logistic. Trois lettres des 28 novembre 2016, 24 février et 13 mars 2017, informaient le président du groupe Bolloré Africa logistic de la situation. Aucun retour n’a encore été enregistré jusqu’alors.

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