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Septembre 2013: Mois des élections

A la fin du mois les électeurs seront appelés à choisir les élus de leurs localités, des acteurs du début de la démocratie au Cameroun permettent une meilleur compréhension

Le 30 septembre 2013 sera jour des élections municipales et législatives au Cameroun les quatrièmes depuis le retour du multipartisme dans le pays. Pour la circonstance, une rencontre a été organisée dans le but de fournir aux médias, de meilleurs éléments d’analyses des acteurs et de leurs engagements. Un grand moment de cette journée du 29 aura été l’échange avec des acteurs du début du retour de la démocratie au Cameroun. Un échange au cours de laquelle il est apparu que dès le départ, les acteurs qui aujourd’hui sont les plus en vues ont très souvent joué l’équation personnelle plutôt que celle du développement du Cameroun. Revenant sur les villes mortes qui conduiront à la tripartite et ensuite une nouvelle constitution en 1996 Anicet Ekane du MANIDEM s’en souvient avec fierté. « Nous avions décidé des villes mortes pour marquer notre volonté à revenir au multipartisme, chose que le gouvernement ne semblait pas vouloir accepter » dira-t-il. Pourtant d’autres témoignage semblent indiquer que le projet leurs a échappé. Dans le nord du pays il a pris des dérives dont l’objectif ne semblait plus simplement le retour à la vertueuse démocratie. Dakole Daissala du MDR expliquera pour sa part, avoir été jugé à tort de traitrise. Dans un discours qui faisait ressortir des révélations de discussions privées, l’homme politique a expliqué comment dès sa sortie de prison, il a été obligé de jouer l’arbitre face à des interlocuteur qui ne voulait jouer que leur partitions.

Aujourd’hui encore on en est à ces jeux de rôle. Sans surprise, Elecam qui n’a pas encore réussi à se défaire de l’appareil administratif lui-même contrôle par le RDPC au pouvoir agit avec zèle et défend les intérêts du parti au pouvoir. Sans sourciller ses responsables se sont convaincus d’avoir examiné sérieusement un dossier toutes les 4 secondes et d’avoir fait un bon travail. La Cour Suprême se muant en Conseil Constitutionnel continue de prendre des décisions qui ne doivent surtout pas nuire au parti du président de leur conseil suprême (Paul Biya). En face l’opposition n’a pas beaucoup changé. John Fru Ndi du SDf fait toujours office de leader de l’opposition, une position qualifiée d’imposture par de nombreux hommes politiques. « Il a toujours été comme cela, mais on ne réécrit pas l’histoire d’un pays. Nous savions déjà en 1992 qu’il n’était pas le bon choix, mais pour une raison qu’on ignore, Fru Ndi était apprécié des camerounais de cette génération », explique monsieur Ekane. Aujourd’hui pourtant le SDF ne pèse plus véritablement. Sur le champ des municipales, l’UNDP présente plus de candidat et talonne le RDPC. Pourtant même ce parti ne semble pas à même d’apporter le changement rêvé par les camerounais. Son président allié du RDPC au pouvoir semble aujourd’hui plus soucieux de son poste de ministre que de l’avenir du pays. Au sein du parti pourtant certaines personnes à l’instar du secrétaire général disent vouloir faire la différence, mais le programme et le discours politiques doivent encore convaincre. Le RDPC ne semble pas lui-même en parfaite sainteté. Ses responsables et son président ont toujours joué la carte de la conservation du pouvoir. Aujourd’hui l’opération a marché, mais a attiré de nouveaux acteurs autours de la table. Le gâteau est désormais réduit et les dissensions e font sentir. C’est cette classe politique qui va demander le 30 septembre le suffrage des Camerounais. Pour Anicet Ekane c’est une deuxième occasion de provoquer un autre changement dans le pays. «Les gens doivent sortir et redéfinir les rôles, c’est leurs droits, mais c’est aussi leur rôles», a-t-il expliqué.

septembre 2013, mois d’élections

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