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Séquestration de Jean-Marc Bikoko: Mathias-Eric Owona Nguini répond à la polémique

Par Ngassa H. Lewe, Diaf Tv

L’arrestation/séquestration du syndicaliste Jean-Marc Bikoko a eu droit, pour une certaine opinion publique camerounaise, à son versant non moins surprenant, des insinuations à charges contre le Dr. Mathias Eric Owona Nguini, politologue et enseignant à l’université de Yaoundé 2 et le Dr. Hilaire Kamga, porte parole de l’offre Orange et membre de la société civile, tous deux panélistes entourant le point focal de la dynamique citoyenne, Jean-Marc Bikoko, au moment de sa séquestration par les officiers de police ayant fait irruption dans la salle du palais de sport où se tenait l’atelier sur l’alternance et la gouvernance électorale.

C’est le Président du Mouvement camerounais pour la social-démocratie (MCPSD), le Dr. Vincent- Sosthène Fouda, qui lance samedi soir sur son Mur facebook, sous forme de post, son interrogation sur l’attitude «assez curieuse» selon lui, du Dr. Mathias Eric Owona Nguini et le Dr. Hilaire Kamga au moment de la séquestration du syndicaliste Jean marc Bikoko, organisateur de l’atelier pour lequel ces deux précédemment cités étaient des personnes ressources intervenants.

Pour le Dr. Vincent Sosthène Fouda, il n’est pas compréhensible que pour une manifestation non déclarée, sur la table des intervenants, on prend un et on laisse deux, et ensuite huit gardées à vue. Il poursuit dans son post en citant nommément Owona Nguini et Hilaire Kamga laissés libres, pas du tout brutalisés. Contrairement à ces deux panélistes, le Président du MCPSD s’étonne du traitement et de la brutalité qui ont été réservés à Jean-Marc Bikoko alors que la police ne pouvait savoir, qu’il était l’organisateur de l’atelier, puisqu’il n’y a aucune demande qui ait été déposée dans une sous-préfecture, à en croire les faits recoupés ci et la selon lui.

Dans cette interrogation soulevée par Vincent Sosthène Fouda, s’ajoutera celle de Calvin Nzouapet qui dit, je cite: MEON(Mathias-Eric Owona Nguini) est un poids lourd, il aurait été arrêté que Yaoundé serait en ébullition et les policiers le savent bien. Pourquoi donc nous priver de cela, MEON, ajoutera-t-il. Aeud-web, login de l’un des animateurs du média en ligne AEUD, persistera lui aussi sur l’attitude passive de Mathias-Eric Owona Nguini et Hilaire Kamga qu’il ne comprend pas non plus.

Interrogations qui recevront une première réponse du Dr. Mathias-Eric Owona Nguini, que nous vous publions ci-dessous:

Sosthène, j’étais là, Ils n’avaient qu’à m’arrêter. Est-ce que Hilaire ou moi, on a fui quand ils sont venus?

Une dizaine de commentaires suivront. Notamment ceux d’Alex Gustave Azebazé, Emeh Elong, Daniel Eya pour recentrer le sujet sur la nécessité de s’organiser plutôt contre ces abus et musèlement de la liberté d’expression.

Pour Alex Gustage Azebazé, dégoûté par ce questionnement qui, selon lui, jette l’opprobre gratuitement sur des personnes à qui on ne saurait reprocher quelque intention négative de cette nature-là, il aurait été souhaitable de se mobiliser pour dénoncer de tels abus sur des Camerounais, même s’il s’agit de conférence organisée sans autorisation préalable de la sous-préfecture, parce que pacifique.

Son de cloche que rejoint Réné Emeh Elong, pour qui, la demande de Vincent-Sosthène Fouda de voir se constituer prisonniers en soutien à Jean-Marc Bikoko, le Dr. Mathias-Eric Owona Nguini et son homologue Hilaire kamaga; reste une alternative parmi tant d’autres. Pour l’inconditionnel de l’UPC des fidèles et membre du FRONT UNI, il urge plutôt de profiter de cet évènement pour organiser la résistance à l’extérieur. Il conclut son commentaire en demandant ce qu’on fait maintenant que Jean-Marc Bikoko et sa famille biologique sont embastillés dans une cellule du GMI?

Pour Daniel Eya, basé en Allemagne, compatriote très prolixe également sur les réseaux sociaux, if faut rapidement clarifier les statuts des uns et des autres. Clairement redéfinir les rôles de chacun. Pour lui, les intervenants, panélistes et invités n’ayant rien à voir dans les méandres des organisateurs, il n’y a pas de raison qu’ils se constituent prisonniers en solidarité avec les organisateurs.

Revendiquant son droit à se poser toutes les questions, le Président du (MCPSD), sortira Nadialy Bams, – de son vrai nom Nadege Mbango -, une compatriote vivant aux USA, très prolixe également dans les réseaux sociaux, de son silence. Pour Nadialy Bams, beaucoup d’interrogations manquent de bon sens. Demander à une personne pourquoi elle ne se fait pas arrêter. On aura vraiment tout vu. Elle conclut son commentaire en s’étonnant de mon(NHL) temps consenti à ces échanges.

Mathias-Eric Owona Nguini dont le profil est mis en doute par Vincent Sosthène Fouda à un moment des échanges, confirmera à ce dernier que son profil est bien le bon, et ponctuera sa principale réponse à ces interrogations à charges par le propos que nous vous laissons lire -dessous:

Empereur Yollson (NHL). Voici les faits. L’atelier est organisé par Dynamique Citoyenne dans le cadre de la coalition «Tournons la page». Il porte sur le Thème «Alternance Démocratique et Gouvernance Électorale». Hilaire Kamga et moi sommes d’abord bloqués à l’entrée du Palais des Sports par la Gendarmerie pendant que les Militants de Dynamique campagne Citoyenne sont bloqués à l’intérieur par des éléments de la Gendarmerie Nationale jusqu’à l’arrivée d’un Colonel de ce corps armé. Après s’être concertés avec Bikoko, le Colonel nous indique qu’il n’y a pas de problème. L’atelier commence avec mon intervention puis celle d’Hilaire avant d’être interrompue par le Divisionnaire Foh Soua, Délégué Régional de la Sûreté Nationale pour le Centre.

Avec le refus de Jean Marc Bikoko d’arrêter l’atelier, le Divisionnaire Foh Soua va appeler le Sous-préfet de Yaoundé 2 à la rescousse pour exiger l’interruption de l’atelier. En raison du refus persistant de Dynamique Citoyenne de quitter la salle, le Divisionnaire requiert l’appui de ses collègues et des Anti-émeutes. Le Sous-préfet refuse de montrer à Bikoko, l’ordre écrit par lequel il annule l’atelier pour non-déclaration. Par contre, il donne un ordre (verbal) pour que la Police évacue la salle manu militari. C’est là que l’un des Divisionnaires présents aidé d’un autre policier prend à partie Jean Marc Bikoko pour l’expulser violemment de la salle.

Hilaire et moi sommes restés assis et calmes, conscients qu’il y avait là une provocation politique liée au thème sur l’Alternance. Nous savions que si nous faisions le coup de poing avec la Police, ils auraient tiré prétexte de cela pour nous accuser d’avoir fait obstruction à l’exercice de leurs fonctions et de leur mission. Un des policiers a tenté même, à trois reprises, de m’intimider et/ou de me provoquer, sans succès, car je lui ai demandé de se calmer. Après je me suis fait aider par un ami pour ranger mes affaires. J’ai regardé les policiers s’en prendre aux militants de Dynamique Citoyenne en leur demandant d’enlever leurs tricots parce que ceux-ci portaient le message d’alternance «Tournons la Page ». Les Chefs présents de la police m’ont savamment ignoré, évitant même de m’adresser la parole. Je les ai laissés venir pour qu’ils prennent l’Initiative de m’arrêter eux-mêmes, en restant assis dans ma posture d’Analyste. Cela n’avait rien à voir avec la peur sinon, Hilaire Kamga et moi Mathias Eric Owona Nguini, nous serions partis dès le départ quand on nous a bloqués devant l’entrée du Palais des Sports ou alors quand la Police est entrée dans la Salle où se tenait l’atelier. Voilà la vérité, du moins ma vérité. Fin de citation.

Quelques heures plus tard, nous parvenons à joindre par téléphone, Jean-Marc Bikoko depuis sa cellule du GMI. C’est un homme serein, et qui assume seul l’organisation de l’atelier – dans le cadre de «Tournons la page». et portant sur l’« Alternance Démocratique et Gouvernance Électorale »– qui se tenait au Palais de sport de Yaoundé le 15 septembre dernier. « Comme nous sommes en démocratie, aucun sujet ne devrait être tabou », souligne-t-il. Nous vous proposons de suivre l’intégralité de cet entretien ci-dessous.

Interview audio de Jean-Marc Bikoko depuis sa cellule du GMI

Jean-Marc Bikoko
Droits réservés)/n


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