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Serges Noah: «Mettre en relation directe demandeurs d’emploi et recruteurs»

Responsable pour le marketing du site de la bourse de l’emploi, il présente le concept sous le prisme de ses avantages et son innovation

Présentez nous la bourse de l’emploi et son instrument le site internet www.camerounemploi.cm
La bourse de l’emploi est en réalité le site (www.camerounemploi.cm) internet lui-même. Il vise à rapprocher la demande et l’offre d’emploi, et ceci de façon virtuelle. Ce projet n’exclut pas les autres qui ont déjà été développés avec d’autres partenaires du Ministère de l’Emploi notamment le fonds national de l’emploi(FNE). Mais ce projet a une spécificité, c’est sa capacité à mettre directement en relation l’offre et la demande d’emploi. Les candidats à l’emploi peuvent déposer leur CV sur la plateforme, et dans le même temps, les recruteurs peuvent consulter directement sur le même site les différents profils et en sélectionner ceux qui semblent les plus pertinents, sans avoir besoin de passer par un intermédiaire. Nous avons voulu apporter notre contribution au problème du chômage au Cameroun. Il existe des structures, c’est vrai. Mais aucune n’est une interface directe. Généralement il y a toujours des intermédiaires, et ce n’est pas toujours évident du point de vue objectivité ou encore transparence.

Comment est ce que cela fonctionne pour les autres utilisateurs ?
La configuration du site internet présente deux grandes rubriques, pour ce qui est de l’emploi. Il y a une rubrique « espace recruteurs » et une autre pour les chercheurs d’emploi. Pour un recruteur par exemple, il existe une possibilité de consulter les CV des candidats par rubrique. Cela peut être la région, l’âge, le niveau de formation ou la branche d’activité. Je relève ici que cette possibilité permet aux recruteurs d’avoir une plus grande marge de man uvre dans leur processus de recrutement. Pour les candidats à l’emploi, ils ont eux aussi la possibilité de chercher l’emploi en fonction des mêmes critères. Donc pour me résumer, chaque visiteur du site pourra aller dans l’espace qui répond le plus à ses attentes et il y trouvera l’ensemble des fonctionnalités que je viens de décrire.

Le site semble jouer sur l’interactivité, mais en réalité c’est un concept qui nécessite la participation de tout le monde. Quelle est la stratégie qui consistera à intéresser les entreprises?
Il y a justement une stratégie de marketing et de communication qui est élaborée et qui devrait s’améliorer tout le temps. Pour ce qui est du moment, il s’agissait au carrefour de métiers, de faire connaitre le site aux chercheurs d’emploi. Par la suite nous essayerons de présenter mieux le concept aux entreprises. Nous avons déjà fait une expérience à Douala la capitale économique, notamment au groupement patronal (GICAM). Le but de cette stratégie sera effectivement de les emmener à jouer le jeu, à se rendre compte qu’elles peuvent désormais compter sur un nouvel utilitaire, dans leur recherche de compétences.

Avant de lancer un concept comme celui-ci, il y a des études préalables où des entreprises sont consultées pour donner leur avis, comment est-ce qu’elles ont accueilli le projet ?
Elles ont accueilli le projet de manière favorable. Je précise que la plateforme est l’ uvre de la coopération entre le GIPEC (Groupe international de promotion économique et commerciale) et le ministère de l’emploi et de la formation professionnelle. Donc sous le couvert du ministère nous avons rencontré un certains nombre d’entreprises qui sont prêtes à accepter le jeu de la transparence dans le recrutement. Nous voulons leur permettre d’avoir un support fiable qui leur permettra de jouer pleinement et efficacement ce jeu de la transparence, certaines entreprises l’ont compris, pour le reste nous y travaillerons. Maintenant vous parliez des études, déjà pour les chercheurs d’emploi je dis que pas besoin d’études, ils sont trop nombreux. Maintenant pour les entreprises c’est vrai que la proportion est plus réduite. Mais nous élargissons leurs capacités à toucher des potentiels pas seulement là où elles sont installées, mais dans un espace encore plus grand.

Quelles sont les entreprises qui ont déjà accepté de jouer le jeu de la bourse de l’emploi?
Concernant les entreprises qui ont déjà accepté de jouer le jeu, nous avons, par exemple les brasseries du Cameroun, le groupe AES Sonel et certaines autres. La liste n’est bien sûr pas exhaustive. Nous sommes encore en pourparlers avec plusieurs autres entreprises de secteurs différents.

Les grosses entreprises généralement choisissent de gérer les questions de recrutement avec des cabinets. Que comptez-vous faire, travailler avec ces cabinets, ou alors avec les entreprises directement ?
L’objectif ici est en réalité de limiter l’intermédiation en mettant le chercheur d’emploi directement avec l’entreprise. Bien sûr on peut y voir une concurrence avec les cabinets de recrutement, mais il n’en est rien. Nous sommes une bourse et tous les acteurs sont invités. Pour ce qui des accords qui se scellent par la suite, nous n’avons le contrôle sur rien, ce sont les acteurs qui décident. Sauf que nous leur avons ouvert un espace encore plus grand d’accès aux cibles des uns et des autres.

Alors dans ce cas là lorsqu’une entreprise trouve un profil qui l’intéresse comment cela se passe, elle vous appelle vous les gestionnaires du projet?
Absolument pas, les données des candidats seront présentes sur le site. Donc l’entreprise qui veut recruter aura directement la possibilité d’appeler ou de faire appeler le candidat pour un éventuel entretien.

Votre plateforme arrive dans un univers où plusieurs sites d’offre d’emplois existent déjà, qu’elle est la valeur ajoutée que vous apportez?
La différence entre nos approches est fondamentale. Sur les autres sites, on a remarqué qu’elles sont souvent les vitrines des cabinets de recrutement. Donc du coup, il y a un tri qui se passe en back office. Chez nous, nous laissons la sagacité des uns et des autres. Cela donne plus de chances aux chercheurs d’emploi. Et pour les recruteurs ils auront la possibilité de redéfinir leur manière de rechercher des profils. Maintenant les cabinets peuvent évaluer par la suite, mais le recruteur aura lui-même choisi ses cibles et ceci est très important dans le management moderne. Et pour tout dire, nous ne sommes pas un cabinet de ressources humaines, donc de toutes les façons nous n’avons pas la compétence pour procéder à des sélections.

Serges Noah
Journalducameroun.com)/n


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