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Sergueï Lavrov de retour chez Donald Trump, les relations américano-russes sous les projecteurs

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov est de retour mardi à Washington, où il doit rencontrer Donald Trump à la Maison Blanche, lors d’une visite scrutée avec attention tant les relations du président américain avec Moscou alimentent les controverses.

« Là où il y a des choses que nous pouvons faire au côté de la Russie, nous avons le devoir de le faire pour le bien du peuple américain », a déclaré lundi le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, qui recevra longuement son homologue avec lequel il tiendra une conférence de presse.

« J’espère que le ministre des Affaires étrangères Lavrov et moi pourrons faire des progrès », a-t-il ajouté sur la chaîne conservatrice américaine One America News Network, évoquant notamment les relations entre entreprises américaines et russes ainsi que le sujet, plus sensible, de la course aux armements, après la mort cet été du traité de désarmement nucléaire INF hérité de la Guerre froide.

La Syrie, l’Iran et la Corée du Nord sont d’autres probables sujets de discussion entre les deux ministres.

Ces entretiens interviennent au lendemain du sommet de Paris où le président russe Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, sous la houlette de la France et de l’Allemagne, ont renoué le dialogue entre leurs pays mais sans réellement surmonter leurs divergences pour ramener la paix en Ukraine.

Les Etats-Unis ont suivi ces rencontres de loin, le président Trump étant empêtré dans un scandale qui implique justement ses liens avec Kiev, et qui lui vaut une procédure de destitution engagée par l’opposition démocrate au Congrès américain.

– Pied de nez –

Même s’il s’en défend avec force, le milliardaire républicain est accusé d’avoir abusé de son pouvoir pour faire pression sur l’Ukraine afin qu’elle enquête sur ses adversaires politiques démocrates à l’approche de la présidentielle américaine de 2020.

« On ne peut pas permettre à cette farce qui se joue au Congrès (…) nous distraire de ce travail important », a insisté Mike Pompeo avant de rencontrer Sergueï Lavrov.

Ironie du sort, la précédente visite du ministre russe à Washington, en mai 2017, avait fait couler beaucoup d’encre à la lumière d’autres soupçons visant le locataire de la Maison Blanche, ceux de collusion entre son équipe de campagne et le Kremlin de Vladimir Poutine.

Si une longue enquête n’a pas permis de confirmer formellement ces accusations, l’ingérence de Moscou dans la présidentielle américaine de 2016, qui a elle été démontrée par le renseignement américain, entrave depuis le début les velléités de rapprochement de Donald Trump avec l’éternel rival des Etats-Unis.

En 2017, le passage de Sergueï Lavrov dans le Bureau ovale avait donc alimenté une polémique sur l’éventuelle divulgation par le président américain de documents confidentiels sur la Syrie.

Les photos de la rencontre, diffusées par l’agence russe d’Etat Tass et à laquelle avait aussi participé l’ambassadeur russe Sergueï Kysliak, montraient un Donald Trump tout sourire face aux diplomates. Elles avaient provoqué de très vives réactions dans le camp démocrate qui dénonce de longue date la bienveillance de l’ex-homme d’affaires new-yorkais vis-à-vis de Vladimir Poutine.

Comme un pied de nez à ses détracteurs, c’est dans ce même Bureau ovale que le 45e président des Etats-Unis recevra mardi le ministre russe des Affaires étrangères « pour évoquer l’état des relations bilatérales ». L’entretien aura lieu a priori à l’abri des médias.



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