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Les serviettes hygiéniques empoisonnent notre intimité

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Le contact prolongé de ces produits avec la peau et les muqueuses cause le développement des mauvaises odeurs, des mycoses, des infections, entre autres.

Le marché de l’hygiène féminine innove chaque jour pour proposer une multitude de serviettes hygiéniques « performantes »,« auto-adhésives », « super absorbantes », « anti-fuites », et « triple protection » pour ne citer que celles-là. Le contact direct de ces produits avec la peau n’est pourtant pas sans effet et mérite qu’on s’y attarde.

Démangeaisons, irritation, sensation de chaleur, tel est le lot de désagréments vécus par Mireille pendant la période de ses règles. La jeune femme de 30 ans fait face à ces signes désagréables qui créent chez-elle un malaise tous les mois. « Je ne m’étais pas vite rendu compte que ces symptômes étaient causés par les serviettes hygiéniques. Avec le temps, j’ai remarqué que je ne ressentais ces effets que lorsque je voyais mes menstrues. J’ai pris peur et j’ai demandé à mes sœurs et à des amies, si elles avaient elles aussi le même malaise. Une amie m’a expliqué que j’étais allergique à la marque de serviettes que j’utilisais. Plusieurs fois, j’ai changé de marques mais le résultat est resté le même », témoigne Mireille. Cette situation faisant désormais partie de sa vie, la jeune femme n’a pas consulté de gynécologue.

« Je suis allée consulter un gynécologue qui m’a prescrit une pommade, parce que quand je porte des serviettes hygiéniques pendant plusieurs jours consécutifs, j’ai des espèces de plaques rouges ou des boutons rouges très irrités et très douloureux qui apparaissent tout autour de la vulve, du vagin et de l’anus », révèle Alice. Cette mère de deux enfants avoue avoir commencé à vivre ce « calvaire » après l’accouchement de son premier fils il y a 5 ans.

Alice et Mireille ne sont pas les seules femmes à se plaindre des affections qu’elles ont au cours de leur période de menstruation. Clarisse n’est pas épargnée. « Je viens de m’apercevoir que je suis allergique aux serviettes hygiéniques, parce que tout le temps, à la fin des règles, je ressens des brûlures et l’entrée de mon vagin est rouge, ça va faire trois mois que ça dure ».

Le refrain est le même pour Edith qui, pendant ses règles, remarque l’assèchement de sa peau au niveau de son entrejambe, des irritations, des blessures et cet endroit fini par noircir. Cette femme utilise les serviettes hygiéniques depuis seulement quelques années. « Quand j’ai commencé à saigner, ma grand-mère m’avait fabriqué des serviettes à l’aide des couches en coton des bébés », raconte Edith.

« Depuis que j’ai commencé à saigner à l’âge de 13 ans, j’utilise les couches en coton, les mêmes que pour les bébés. Ma mère utilisait ces couches et c’est elle qui m’a montré comment m’en servir. J’ai toujours été à l’aise avec ces couches.  Les autres ne me conviennent  pas et je ne m’en sers jamais d’ailleurs », c’est le témoignage de Sarah, le sourire en coin.

Si ces femmes, malgré les désagréments qu’elles ressentent lorsqu’elles utilisent les serviettes hygiéniques aux marques diverses, n’abandonnent pas, c’est parce qu’elles ne voient pas d’autres alternatives. Certaines trouvent difficiles l’entretien des serviettes à base de coton. D’autres parlent de la honte qu’elles éprouvent à sécher ces serviettes lavables sous le regard des voisins.

Il est aussi important de noter que l’industrie des protections hygiéniques est l’une des plus polluantes au monde, selon Greenpeace. Il faut 500 ans à une serviette pour se dégrader.

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