Personnalités › Jeunes talents

Simon Eloundou, un écrivain à part

Handicapé moteur, cet ex-étudiant de l’Université de Ngoa-Ekellé est un poète et écrivain engagé.

Certaines personnes se moquent beaucoup de moi. Il y en a qui me prennent pour un fou. D’autres ne me considèrent pas du tout. Mais ça ne me gêne pas.
Simon Eloundou

Sa force de caractère est la première image qui marque tous ceux qui font sa connaissance. Simon Eloundou, 26 ans et handicapé moteur n’a pas besoin d’aide et tient à le faire savoir. Il veut se réaliser par lui même car « j’ai déjà un esprit mûr! Les autres ne doivent pas penser à ma place! Et lorsque j’ai un problème, j’appelle mon avocat », martèle le jeune poète. A 22 ans, Simon est auteur de deux ouvrages parus aux éditions Terre Africaine. Il s’agit de L’enfant africain (2006) et de Où vas-tu? (2008). Ce sont des recueils de poèmes philosophiques. Il travaille également sur ses essais ainsi que sur plusieurs projets. Et même si son handicap porte un coup sur son charisme à son passage, toute personne attentionné devrait pouvoir à la qualité de ses vêtements le différencier d’un mendiant. « Certaines personnes se moquent beaucoup de moi. Il y en a qui me prennent pour un fou. D’autres ne me considèrent pas du tout. Mais ça ne me gêne pas. On n’est pas roi chez soi. On est roi en occident », observe le poète.

J’étais très actif au lycée. Ça a permit que je sois très longtemps membre au parlement des enfants Et là, j’écrivais déjà. Je participais à des concours de littérature et de poésie.
Simon Eloundou

Dans ses uvres, Simon Eloundou s’interroge surtout sur le devenir des jeunes. Seulement, il doit se confronter à la dure réalité du pays. « Il n’y a pas de financeurs pour les uvres littéraires. Et je suis appelé à me battre pour me faire un nom », révèle l’écrivain. Sa carrière, il la doit à des philosophes comme Jean jacques Rousseau ou Ebenezer Njoh Mouelle dont il a parcouru les uvres de bout en bout. Mais il tient à préciser que ce dernier est « le philosophe qui m’a toujours passionné dans ses réflexions. Je parle de l’ uvre et non de l’homme qui a viré dans la politique ». Il est atteint du virus de la littérature alors qu’il est au lycée de Tsinga. « J’étais très actif au lycée. Ça a permit que je sois très longtemps membre au parlement des enfants Et là, j’écrivais déjà. Je participais à des concours de littérature et de poésie », raconte t-il. Sa vie scolaire, Simon la commence au centre national des handicapés où il obtient son Cepe en 1998. Au lycée de Tsinga, il s’illustre brillamment et fait abstraction de la seconde pour obtenir son baccalauréat en 2003. A l’université de Ngoa-Ekellé, il s’inscrit à la faculté des Lettres modernes françaises. Seulement, « j’ai arrêté parce que le suivi n’était pas adapté pour moi ». Dès lors, il se lance dans ses réflexions littéraires et en fait son métier: « c’est vrai que la littérature n’est pas considéré comme une véritable profession. Mais de temps à autres, je participe à des projets pour lesquels on me sollicite », laisse t-il entendre. Il nous signale en outre que ces activités lui permettent de vivre de façon décente.

Simon Eloundou
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Je veux écrire un livre sur Manu Dibango
Mais la difficulté majeure pour lui demeure la promotion de ses ouvrages. Si le premier livre a connu du succès tant au plan de la publicité qu’au plan des ventes, le second, paru en novembre 2008 est en mal de promotion. « J’ai déposé des exemplaires dans plusieurs rédactions, mais aucune n’en a fait des notes de lecture », se plaint-il. Cet état de choses ne saurait toutefois le décourager. Car le rythme de la vente de son ouvrage lui permet de penser que les lecteurs se passionnent à la lecture de son ouvrage. Sa plus grande ambition est de publier tous ses livres et les faire lire dans le monde pour faire revivre la littérature proprement dite. De même, il voudrait produire les uvres des jeunes qui comme lui savent ce qu’ils veulent. Pour l’heure, il aimerait constituer une équipe managériale qui puisse travailler autour de ses actions littéraires. Et parmi ses projets, figure un roman sur Manu Dibango, le métropolitain de Yabassi qu’il commencera bientôt, et un autre qui sera une narration en Ewondo.

A la question de savoir s’il en veut à la nature pour ce terrible mal qui le suit partout, Simon rit avant de répondre: »je ne suis pas complexé. Pourquoi en vouloir à la nature? Je ne reproche rien à personne ». Ses temps perdus, le poète les passe dans des cabarets. Il aime également regarder du sport à la télévision ou écouter de la musique, en particulier du Jazz. Mais au-delà de tout, il se plaît à la lecture. Coté jardin secret, ce fils de père Eton et de mère Ewondo aimerait déjà se marier: »c’est difficile, pas en matière d’argent. Mais j’ai connu plusieurs filles qui m’ont démontrées qu’elles ne peuvent vivre avec moi que si j’ai de l’argent. En grosso modo, je veux une femme qui va m’aimer, m’apporter un plus dans ma vie, qui sera posée et de bonne éducation » dispose t-il.

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