Culture › Musique

Simon Nwambeben: L’enchanteur de Bafia qui a séduit Ray Lema

Le musicien camerounais a récemment sorti Bitibak 2, son deuxième album

Le public camerounais peut enfin le savourer. Bitibak 2 est là! Quatre ans après Bitibak 1, Simon Nwambeben refait surface avec la suite de ce concept, le Bitibak. C’est tout un concept dit-il. Dans la région des Bafia, ce terme désigne une décoction de feuilles, d’écorces pour soigner le paludisme. C’est un mélange de divers produits que je propose aux mélomanes pour les soigner de leurs multiples maux. Après le deux il y aura le trois, le quatre, etc. Tous mes albums vont s’appeler Bitibak. En somme, le Bitibak est un savoureux mélange de musique traditionnelle Bafia et de musiques modernes.

Pour ce deuxième verset sorti en janvier 2010, le chanteur a tenu à le présenter personnellement au public de son pays. Dès son arrivée, tous les médias se sont précipités pour l’avoir en premier. Certains en avaient entendu parler, d’autres par simple suivisme, et quelques uns savaient exactement de qui il s’agit. Un jeune camerounais de 34 ans, originaire de Bafia, une ville à l’Ouest du pays, située à 120 km de Yaoundé, la capitale.

De Bafia à Nantes
C’est ici que s’écrivent les premières pages de son histoire d’amour avec la musique. C’est même une histoire de sang, qu’il hérite de son père alors compositeur, chanteur et danseur dans une chorale à l’église protestante de la ville. Avec ces influences de la musique de Dieu, son premier coup de foudre musical sera Les Bancs public de Georges Brassens qu’il découvre sur un petit poste radio à deux pilles. C’est donc cette conjonction de l’église et de la radio qui m’a mis sur le chemin de la chanson. Et le déroute de celui de l’école, puisqu’ il se verra obligé d’abandonner les études. Au grand désespoir de ma mère. Elle a pleuré quand je lui ai annoncé ma décision se souvient-il.

Après plusieurs années à la chorale, il se produit également dans divers cabarets de la capitale Yaoundé dont celui qui fut le plus déterminant pour la suite de ma carrière, «La Terre Battue». Il y rencontre en 1997 le metteur en scène de la compagnie nantaise de théâtre de rue, Royal de Luxe et en devient le directeur musical. En cinq années passées au sein de la troupe, j’ai composé la musique de «Petits contes nègres», puis «Petits contes chinois», et vit depuis lors à Nantes


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Rencontre avec le congolais Ray Lema
Elle se fait entre 2003 et 2004, lorsque Simon cherche réalisateur pour son premier album. Je suis allé le rencontrer et il m’a mis tout de suite à l’aise. Quand nous avons commencé à travailler, il m’a dit qu’il n’allait pas me donner exactement ce que j’attendais de lui, car j’avais déjà tout. Il s’est contenté de nettoyer de long en large, d’alléger, de procéder à quelques ajustements, notamment quant à ma diction et ma manière de toucher les cordes de la guitare. Il est exceptionnel. Exceptionnel à l’image du fruit qui naît en 2006 de cette collaboration. Bitibak 1. Quatorze chansons en bafia et français qui non seulement racontent ses envies de paix, de tolérance et son amour de la vie, mais également dévoile la grande richesse rythmique et culturelle de ses origines. Des arrangements subtils qui ont séduit, puisqu’il sera sacré cette même année, Artiste Découverte Sacem. Pas étonnant donc qu’on le retrouve les années d’après à l’affiche de divers festivals en Europe et presque partout dans le monde.

En janvier 2010, Simon Nwambeben sort son deuxième opus, toujours aussi original que métissé, et emprunt de simplicité et d’amour, mais surtout de sons de kikem, (un tronc évidé que l’on frappe avec des baguettes) et de tambour diéh à kikem (la mère de kikem). Percussions, guitares et voix sont encore les maîtres mots de cet album, un son world original.


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