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Simulations, messes et manifestations, le Mexique commémore deux séismes meurtriers

Messes, exercice géant de simulation et des manifestations: le Mexique commémore mercredi deux séismes meurtriers, l’un qui a dévasté le pays l’an dernier, tuant 369 personnes, et l’autre qui a fait plus de 10.000 victimes, à la même date, en 1985.

La journée du « 19S », pour 19 septembre, doit débuter, comme c’est le cas depuis plus de 30 ans, au coeur de la capitale. A 7h19 (12h19 GMT), moment exact où la terre a tremblé en 1985, des militaires sortiront du palais présidentiel pour mettre en berne le drapeau géant qui flotte sur la place du Zocalo.

A cette même date depuis 2015, une sirène retentit à travers la capitale grâce aux quelque 8.000 haut-parleurs qui y sont disséminés. C’est le signal de départ d’un exercice géant de simulation parasismique: les gens évacuent les bureaux et les immeubles d’habitation.

Il y a un an, les habitants de la capitale venaient de remonter, quand le sol s’est mis à trembler violemment.

Des dizaines d’immeubles transformés en montagne de béton et d’acier, des centaines de volontaires qui cherchent sans relâche le moindre souffle de vie: cette ville tentaculaire de plus de 20 millions d’habitants venait brusquement d’être projetée 32 ans en arrière.

« Je suis bouleversée, je n’arrive pas à m’arrêter de pleurer, c’est le même cauchemar qu’en 1985 », confiait à l’AFP Georgina Sanchez, 52 ans, sur une place de la capitale quelques minutes après le séisme.

Cette fois, l’exercice géant de simulation, prévu à 13H16 (18H16 GMT), aura une saveur très particulière.

« Nous invitons tous les citoyens à lever le poing en signe d’unité », a déclaré le responsable national de la protection civile, Luis Felipe Puente. En 2017, le poing en l’air est devenu un des symboles de la tragédie. C’est ainsi que les secouristes demandaient le silence pour essayer de repérer les survivants.

– « La corruption tue » –

Un an après, les traces de ce tremblement de terre, de magnitude 7,1, sont à peine visibles dans cette mégapole vibrante et cosmopolite. Mais il suffit de savoir où regarder pour les trouver.

A Tlalpan, dans le sud de la ville, par exemple, une centaine de personnes continuent de vivre dans un camp improvisé à côté de ce qui fut l’immeuble 1C.

Son effondrement, qui avait tué neuf personnes, les a laissées à la rue.

Les sinistrés de cet ensemble d’immeuble de Tlalpan ont prévu de manifester mercredi sur la place du Zocalo pour réclamer une meilleure prise en charge de leur situation.

A 15 minutes en voiture de là, les autorités ont récemment terminé de nettoyer les décombres de l’école primaire Rebsamen, où 19 enfants et sept adultes ont été tués. Une messe, organisée par leurs proches, doit avoir lieu à midi (17H00 GMT).

Ces anniversaires ont fait de septembre le mois qui rappelle tristement que le Mexique est le pays qui a la plus forte activité sismique sur terre.

Mais les autorités n’ont pas tiré les leçons de ces catastrophes, dénoncent chercheurs, ingénieurs et activistes.

Le séisme de 1985, d’une magnitude de 8,1 et qui a transformé la capitale en champ de ruines, était censé marquer « un avant et un après », rappelle l’écrivain et journaliste Hector de Mauleon.

Dans la foulée, la capitale avait durci ses normes de construction et mis en place une inspection obligatoire de la structure de chaque projet par un ingénieur indépendant.

Malgré tous les changements mis en place depuis 1985, 38 bâtiments se sont effondrés l’an dernier dans cette ville.

« C’est scandaleux qu’à chaque fois qu’il y a un tremblement de terre à Mexico, on dirait que c’est la première fois », résume M. de Mauleon.

« Les séismes ne tuent pas les gens. La corruption oui », tranche Salvador Camarena, un des responsables de l’ONG Mexicains contre la corruption et l’impunité.

Pendant ce temps, Claudia Sheinbaum, qui dirigeait en 2017 le secteur où s’est effondrée l’école Rebsamen, établissement déclaré « structurellement sûr » en 2014 par les autorités, a été élue maire de Mexico.

C’est une proche du président-élu de gauche Andres Manuel Lopez Obrador, qui a gagné avec un discours anti-corruption.

S’il veut être pris au sérieux, il doit commencer par mettre fin à l’impunité, jugent les activistes.

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