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Six nations: quand le XV de France perd pied

Le XV de France a été submergé dimanche à Twickenham dans le Tournoi des six nations par le jeu au pied de pression de l’Angleterre (44-8), une menace pourtant identifiée. Ce qui pose plusieurs questions, à commencer par celle de la responsabilité de l’encadrement.

+ Une faillite tactique

Les Anglais avaient clairement annoncé la couleur: comme à Dublin samedi dernier (32-20) contre l’Irlande, leur salut passerait en grande partie par l’utilisation du jeu au pied dans le dos de la défense française. Dimanche, leur voeux a été exaucé probablement au-delà de leurs espérances, puisque cinq de leurs six essais sont venus de cette phase de jeu. Soit en devançant les Français à la course (premier, troisième et quatrième essai), sans que personne côté bleu ne puisse couvrir, soit en les mettant sous pression, pour ensuite leur faire commettre une faute (cinquième et sixième).

« Il n’y a pas photo, ils ont mieux exploité les coups de pied. C’était une victoire stratégique, ils n’ont d’ailleurs pas marqué en première main » a expliqué l’ailier Gaël Fickou. « Notre second rideau était fragile, ils ont insisté dessus » a abondé Mathieu Bastareaud.

+ La responsabilité de l’encadrement

Soit la force « d’une équipe en place, qui sait où elle va » a reconnu Parra, alors que les Bleus ne sont « pas sûrs de (leur) jeu ».

Un XV de France sans ligne directrice, comme le montre le changement de stratégie entre la défaite face aux Gallois en ouverture (24-19) et dimanche: après le jeu de mouvement, l’encadrement a misé sur le défi physique en remplaçant au centre Romain Ntamack par Mathieu Bastareaud.

Il avait aussi choisi d’aligner un triangle arrière composé de joueurs n’évoluant pas à leur poste de prédilection, dont Yoann Huget, préféré à l’arrière, où il n’avait plus joué depuis six ans en sélection, à Thomas Ramos, novice au niveau international mais rodé au poste. Or, les Anglais ont exploité les failles des Bleus en couverture… Et les ailiers Damian Penaud et Gaël Fickou, des centres de formation, ont également été en difficulté en défense.

Surtout, le staff, pourtant prévenu que les Anglais allaient abuser du jeu au pied de pression, n’a pas su trouver la parade.

+ « On ne travaille pas assez »

Morgan Parra ne s’est pas caché: si les Bleus se sont noyés face au jeu au pied anglais, c’est par manque de travail. « On ne le travaille pas assez, pas du tout, on ne sait pas le faire. Ce n’est pas culturel » a lâché le demi de mêlée.

Il va même plus loin: d’une manière générale, les joueurs français ne bossent « pas assez à l’entraînement les choses du haut niveau », ces petits détails qui font toute la différence au plan international.

Un refrain déjà entendu, comme le différentiel de niveau physique et athlétique entre les Français et leurs adversaires, de nouveau pointé du doigt par le capitaine Guilhem Guirado dimanche: « Ils ont fait la différence sur l’intensité, la vitesse qu’ils ont mise. Ils sprintaient pour faire les touches. C’est une des leçons à retenir, j’espère qu’on arrivera à se préparer de la sorte avant le match contre l’Ecosse » le 23 février au Stade de France, dans une rencontre qui vaudra très cher.

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