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Smaïl Chergui: « Nous avons eu l’accord de tous les pays concernés, y compris le Nigéria »

Le Commissaire Paix et sécurité de l’UA parle de la décision prise par l’organisation de créer une force multinationale contre Boko Haram

Le 24e sommet de l’Union africaine s’est terminé samedi soir par un grand « show» de Robert Mugabe, le nouveau président en exercice de l’organisation. Mais loin des projecteurs, un homme a pris des initiatives qui marqueront peut-être plus durablement le continent. Cet homme, c’est l’Algérien Smaïl Chergui. Il est le commissaire Paix et sécurité de l’UA, interviewée par RFI.

D’ici la fin de ce mois de février, vous allez saisir le Conseil de sécurité des Nations Unies pour qu’il soutienne la force multinationale qui va combattre Boko Haram ; Mais est-ce que vous êtes certain que les grands de ce monde vont accepter de financer une opération militaire sur laquelle ils n’auront aucun contrôle ?
C’est une question pertinente ; mais il me semble que, d’après l’intérêt que nous avons enregistré de tous les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies, je peux vous dire déjà que la résolution qui devra être proposée devrait rencontrer un appui quasi unanime ; c’est dire que tout le monde s’accorde actuellement qu’il faut agir et agir vite. Donc, nous avons eu l’accord du Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine d’autoriser cette force multinationale, et, je dois le souligner, avec l’accord de tous les pays concernés, y compris le Nigéria. Je pense que c’est une avancée remarquable, qui va nous permettre maintenant d’être pris au sérieux par la Communauté internationale.

Mais cette région que tient Boko Haram est très peuplée. Et depuis plusieurs années, l’armée y multiplie les bavures meurtrières. Et ce que craint le conseil de sécurité de l’ONU c’est que demain une force multinationale financée par les grands de ce monde commette à nouveau des bavures contre les populations civiles.
Je ne pense pas. En ce qui concerne l’attitude de l’armée nigériane, à sa décharge, il faut reconnaître qu’elle n’était pas préparée pour ce genre de combats, c’est une armée classique. Maintenant, il y a une réunion technique, qui va se tenir à Yaoundé, du 05 au 07 février, qui va arrêter le concept de cette force. Et qui dit concept, dit qu’elle aura aussi un Etat-Major, il y aura des règles d’engagement. Et donc, on veillera pour que cette force travaille dans le principe du droit international.

Autre conflit: La guerre civile en Libye, il y a un début de négociations à Genève sous l’égide des Nations-Unies ; et au niveau de l’Union Africaine, vous venez de créer ce groupe de contact international, qu’est-ce qu’il peut apporter de plus ?
D’abord, c’est pour rappeler que c’est un problème africain. Et si l’Afrique avait été écouté en 2011 et avait eu l’occasion d’essayer de promouvoir le plan de paix qu’elle avait, peut être que la Libye aurait connu un autre sort. Donc, nous travaillons main dans la main avec les Nations-Unies. L’idée c’est de voir justement comment favoriser ce qui est en train d’être fait et peut être aussi de l’améliorer puisque nous savons aussi que ce ne sont pas toutes les parties libyennes qui participent à Genève. L’idée c’est de pousser vers un consensus.

Et peut-être de parler aussi avec les parrains de Fajr Libya, les Islamistes de Tripoli, je pense à la Turquie et le Qatar ?
C’était un peu ce qui a motivé l’invitation que nous leur avons adressés, parce que dans notre esprit, il faut traiter avec ceux qui peuvent favoriser le processus de paix et également ceux qui peuvent créer des complications. Il est bon que toutes les parties, de part et d’autre, puissent être mises à contribution. Nous espérons donc que bientôt un gouvernement d’union nationale sera dégagé et qu’il y aura un nouveau départ dans ce pays.

Il y a quatre ans, vous l’avez rappelé, au moment de la révolte contre le colonel Kadhafi, l’Union africaine a été éjecté de ce dossier libyen ; aujourd’hui c’est la revanche de l’UA ?
Les faits sur le terrain parlent d’eux-mêmes et parlent à ceux-là même qui ont empêché au panel des chefs d’Etat africains de s’y rendre.

En 2011, on a été injuste avec Ping ?
A mon avis, ils n’ont pas écouté sa sagesse.

Smaïl Chergui, Commissaire Paix et sécurité de l’Union Africaine
Youtube)/n


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