Politique › Institutionnel

Social Democratic Front: 20 ans déjà et toujours le combat

Créé le 26 mai 1990, ce parti célèbre ses vingt ans d’existence cette semaine

Deux grands meetings pour une célébration
Le 26 mai 1990, alors que le multipartisme est à nouveau autorisé au Cameroun, un parti surpasse tous les autres. Dans un meeting qui avait réuni une grande foule enthousiaste à Bamenda, le Social Democratic Fund (Sdf) sortait des fonds baptismaux. Son leader John Fru Ndi séduit une population camerounaise qui commence à ressentir la crise et a perdu confiance en ses dirigeants. Ses slogans sont: «Suffer don’t finish», pour annoncer la fin des souffrances au sein de la population camerounaise; «Power to the People», le pouvoir au peuple. La force du Sdf et le charisme de son leader sont tels qu’ils domineront très vite des partis historiques comme l’Union des Populations du Cameroun (UPC). Ce mercredi 26 mai deux grands meetings ont marqué la célébration de ce 20ème anniversaire. Le Chairman (John Fru Ndi) a débuté par une rencontre avec les militants de Bafoussam, la principale ville de la région de l’ouest. De nombreux militants ont annoncé leurs défections. Ensuite a eu lieu la grande rencontre de Bamenda. Une source journalistique à Bamenda affirme que malgré la pluie, les populations sont venues nombreuses pour suivre le discours de leur leader.

Le SDF prône le retour au fédéralisme
Une occasion pour John Fru Ndi de présenter le bilan de ces vingt dernières années. C’est l’anniversaire de la maturité. Un anniversaire qui nous fait regarder le passé avec satisfaction, et le futur avec espoir et détermination a-t-il déclaré au tout début de sa prise de parole. Dans son bilan le président du Sdf a soulevé les difficultés posées par le pouvoir en place conduit par le RDPC majoritaire et ses partis alliés. Nos vingt ans de combat se déclinent autour des points suivants: ELECAM, une commission électorale qui dès sa conception porte les germes de l’échec; le recensement démographique de 2005 dont les résultats ont été minutieusement trafiqués pour servir des desseins occultes; une décentralisation dictée par la mauvaise foi, qui doit être remplacée par un système fédéral de dévolution de pouvoirs et une Constitution, véritable simulacre de la volonté du peuple camerounais, dont la volonté profonde n’a jamais été de l’appliquer dans sa totalité a déclaré le chairman. Il a proposé des solutions pour sortir le Cameroun de ses difficultés. La mise sur pied d’un gouvernement transitoire de trois ans pour reformer les institutions, le retour au fédéralisme, une nouvelle constitution, les vrais résultats du dernier recensement général, la mise sur pied d’un cadre électoral transparent et objectif.

Un Congrès annoncé pour le choix du candidat de la future élection présidentielle
S’il arrivait que le Sdf se présente à la présidentielle de 2011, les préoccupations su-évoquées constitueraient l’épine dorsale de son programme et de son message au peuple a prévenu le Chairman. Au passage, le président du Sdf a apporté des précisions sur les crises que traversent sont parti ces dernières années. Le choix du candidat (de la candidate) du Sdf sera forcément conditionné par l’engagement et les aptitudes du postulant à mettre en uvre ledit programme. Ce choix décisif verra le jour lors du prochain Congrès du Sdf, qui exhorte tous les autres partis politiques, les organisations de la société civile et tous les autres Camerounais à adopter ce programme de gouvernement de transition de trois ans et de l’accompagner dans sa lutte constante pour le changement qu’il mène depuis 20 ans a déclaré John Fru Ndi. Lui-même tient les cordes de son parti depuis sa création. Une situation qui a favorisé l’émergence de nombreuses dissidences au sein du parti, principalement dans la région de l’ouest. Je suis entré au Sdf par conviction. Je croyais à l’idéal de démocratie traduit par le slogan «pouvoir au peuple». Les promesses qu’on nous a fait par rapport à gestion de la société n’ont pas été respectées. Nous avons pris des risques pour rien. Plusieurs membres de l’ex bureau régional du Sdf à l’Ouest se trouvent dans cette dynamique, affirmait un professeur membre du groupe dissident et cité par le journal Le Messager.

Malgré tout plusieurs personnes y croient encore
Certains observateurs ont récemment déclaré que le Sdf ne contenait plus de membre. Une affirmation rejetée par le chairman dans une interview accordée au quotidien Mutations. Cette déclaration est fausse, elle ne peut venir que de ceux-là qui ne veulent pas du bien du Sdf. Pour ceux qui pensent que le Sdf n’est que l’ombre de son passé, tout ce que nous réclamons c’est une Commission électorale indépendante, qui va donner les mêmes chances aux acteurs du jeu politique, à travers l’organisation des élections libres, justes et transparentes. A partir de-là, vous pouvez jauger objectivement la force de frappe du Sdf, a affirmé John Fru Ndi. Alors qu’il participait à sa première élection présidentielle en 1992, il avait réussi à inquiéter le RDPC au pouvoir. Plusieurs enquêtes établies sur le sujet affirment que les élections avaient été fraudées avec la complicité de la communauté internationale. Le pays et ses partenaires n’étaient pas encore prêts à voir un «Anglophone, radical» de surcroît diriger le Cameroun. Mais depuis le Sdf a connu une chute progressive. Aujourd’hui, il reste le plus grand parti d’opposition, mais ne possède plus que 43 sièges au parlement. Plusieurs fois trahi par d’autres partis d’opposition (d’abord par l’UPC de Kodock, puis l’UNDP de Bello Bouba Maïgari), le Sdf n’a jamais vraiment réussi à contrôler pleinement le parlement. 20 ans après, ils sont pourtant encore nombreux à y croire.

John fru Ndi
journalducameroun.com)/n
À LA UNE
Sondage

Un candidat de l'opposition a-t-il une chance de gagner la présidentielle 2018 au Cameroun?

View Results

Loading ... Loading ...
Retour en haut