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Sommet de Copenhague : Bilan mitigé pour les pays africains

Les négociations se sont terminées vendredi au-delà des heures officielles, des négociations dont était exclu l’Afrique

Constat d’échec généralisé
Pour de nombreux observateurs et même experts, le 15ème sommet de Copenhague sur les changements climatiques s’est achevé ni plus, ni moins, sur un échec relatif pour la communauté internationale en générale et profond pour l’Afrique en particulier. En se rendant à Copenhague, la position des pays africains est unie et calquée sur la déclaration d’Ouagadougou. La revendication principale s’adressait aux pays industrialisés. Ils leur demandent de réduire de 40% d’ici 2020 leurs émissions de gaz à effet de serre, par rapport à leur niveau de 1990. Ils souhaitent que le futur traité conserve la distinction – présente dans le protocole de Kyoto – entre les pays en voie de développement et les pays industrialisés, et ne prévoit pas d’engagement contraignant pour eux. Et surtout, que les pays industrialisés traditionnellement tenus pour responsable de la dégradation du climat puissent payer le prix, en procédant à un transfert gratuit des technologies dites vertes, et les aide financièrement à se prémunir contre les effets néfastes des changements climatiques.

Biya reprécise la pensée de l’Afrique
Une position qu’a reprécisé le président camerounais Paul Biya, dans un discours prononcé un jour avant la clôture du sommet, jeudi 17 décembre dernier. « On sait en effet que l’Afrique, bien qu’elle ne participe que très peu aux émissions de gaz à effet de serre, subit fortement les effets de la pollution » a-t-il reprécisé. . Un accord franco-africain a même été présenté à la fin de la deuxième semaine de négociations à Copenhague. Il prévoyait une réduction de 50 % des émissions globales de CO2 d’ici à 2050 par rapport à 1990, avec un engagement chiffré pour les seuls pays développés, de – 80 % au moins d’ici à 2050. L’accord évoquait un fonds doté de 10 milliards de dollars par an entre 2010 et 2012 pour financer les actions d’adaptation et d’atténuation, y compris la lutte contre la déforestation, dans les pays en développement. La voix des africains n’a visiblement pas été entendue, malgré l’intense activité de diplomatie climatique dont ils ont fait preuve tout au long de la conférence et le soutient de « leur ami Nicolas Sarkozy », le président français.

Les mauvais choix stratégiques de l’Afrique
Pour de nombreux experts, hors mis le fait que les africains ne se soient pas vraiment concertés, la carte africaine de la France jouée lors de ce sommet a été fatale pour le continent. Une bonne partie d’entre eux pensent que la politique française de la gestion des changements climatiques, a entrainé les pays africains dans un combat qui n’était pas le leur, les plaçant dans une traditionnelle position de quémandeur (assistance financière et transfert gratuit de technologie), alors même qu’ils tenaient à Copenhague une occasion de renverser le cours des négociations internationales. L’histoire des relations politiques entre la France et ses « amis africains » a souvent démontré que lorsque celle-ci represente une solution pour le continent (partie francophone), la solution apportée est encore plus mauvaise que le problème. La diplomatie française a fait croire qu’elle soutenait l’Afrique face aux gros pollueurs que sont les Etats-Unis et la Chine. Il apparait clairement que c’est son propre positionnement que cherchait la France.

Un accord pour s’accorder sérieusement en 2010
Du coup l’opposition finale Afrique contre pays industrialisés a tourné logiquement au désavantage du continent. Les deux principaux pollueurs de la planète, les Etats-Unis et la Chine, ont certes fait un geste jeudi pour tenter d’aboutir à un accord censé prendre le relais du protocole de Kyoto. Le président américain Barack Obama très attendu par les pays africains s’est montré très clair. Les Etats unis feront des efforts supplémentaires à ceux déjà entrepris jusqu’ici. Il s’est engagé à réduire de 17% d’ici à 2020 le taux d’émission de carbone des Etats-Unis. Un chiffre décevant pour les experts, qui relèvent que cette réduction prend pour point de départ 2005. Plongé dans le cadre de la date de référence de 1990, cela ne fera guère qu’une réduction de 4%. Les Etats-Unis se sont aussi engagés à verser 3,6 milliards de dollars sur les 10 arrêtés par an, pour aider les pays les plus vulnérables d’ici à 2012 à s’adapter aux impacts du changement climatique, selon le projet de déclaration adopté vendredi soir. Un engagement qui a prévenu le président américain, ne sera donné que contre certains gages de la part des bénéficiaires. Les experts trouvent d’ailleurs cette somme dérisoire. Divisée par le nombre d’habitant vivant dans les pays bénéficiaires, cela fait un ratio de 170 Dollars US, par an et par habitant. Le revenu par habitant aux Etats unis est d’environ 27 000 dollars US par habitant et par an. Enfin, dans son acharnement effréné contre le nord, l’Afrique a oublié de demander à certains de ses collègues du sud, des comptes sur leurs émissions. L’Inde, le Brésil, l’Afrique du sud et la Chine sont à eux tous réunis, des gros pollueurs.

Copenhague aura au moins eu le mérite de faire comprendre au monde, que quelque chose devrait être fait et vite, si on veut sauver la planète. Les américains affirment avoir pris le chemin et ne demandent qu’à être suivis. Autour de la chancelière de l’Allemagne, promesse a été faite de se retrouver en 2010 pour s’accorder définitivement. Un accord auquel n’ont pas été conviés les africains.


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