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Sommet de l’Elysée: 10 millions d’euros pour appuyer la lutte contre les braconniers au Gabon

En marge du Sommet de l’Élysée, des chefs d’états dont Paul Biya du Cameroun, ont assisté à une réunion de travail portant sur la lutte contre le braconnage

OrganiseÌ e par Nicolas Hulot, envoyeÌ speÌ cial du preÌ sident François Hollande pour la protection de la planeÌ€te, et Philippe Martin, ministre français de l’EÌ cologie, du DeÌ veloppement durable et de l’EÌ nergie, cette table ronde avait pour objectif d’accorder les dirigeants preÌ sents sur les moyens d’action aÌ€ mettre en uvre les effets terribles du braconnage sur les espeÌ€ces menaceÌ es.

10 millions d’euros pour accompagner le Gabon dans la lutte contre le trafic d’ivoire.
Le preÌ sident gabonais, Ali Bongo Ondimba, a annonceÌ aÌ€ cette occasion la conclusion d’un accord de financement avec la partie française portant sur 10 millions d’euros. « Ce projet vise aÌ€ reÌ duire consideÌ rablement le braconnage de l’eÌ leÌ phant sur le territoire gabonais, en apportant un appui financier aux institutions nationales chargeÌ es de faire face aÌ€ cette question. Il s’agit laÌ€ d’un appui consideÌ rable de la France aux efforts du Gabon », a notamment affirmeÌ le preÌ sident gabonais. Ali Bongo Ondimba a par ailleurs affirmeÌ que les crimes fauniques sont aujourd’hui une des causes majeures des troubles qui minent la stabiliteÌ de l’Afrique : « On estime la valeur du trafic illicite des produits de la faune aÌ€ 8 milliards d’euros par an. La peÌ,che intensive non deÌ clareÌ e et non reÌ glementeÌ e, qui touche particulieÌ€rement la coÌ,te ouest de l’Afrique, geÌ neÌ€re un chiffre d’affaire de preÌ€s de 7,5 milliards d’euros par an. En plus, des bateaux de peÌ,che illeÌ gaux sont de plus en plus impliqueÌ s dans la piraterie et le terrorisme. Si on y ajoute le commerce illeÌ gal du bois, qui repreÌ sente un volume d’eÌ changes d’environ 5 milliards d’euros par an, les diffeÌ rents reÌ seaux de criminaliteÌ faunique et forestieÌ€re totalisent annuellement des flux de transactions de preÌ€s de 20 milliards d’euros et comptent deÌ sormais parmi les cinq plus grands reÌ seaux de commerce illicite, aÌ€ coÌ,teÌ du trafic des stupeÌ fiants, des eÌ,tres humains, des produits de contrefaçon et des armes ».

Combattre le grand braconnage
Le Gabon fait face en effet aÌ€ une importante recrudescence du braconnage de l’eÌ leÌ phant. Selon le Pr Lee White, SecreÌ taire exeÌ cutif de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN), le Gabon est connu comme un pays stable pour les populations d’eÌ leÌ phants de foreÌ,t. Pourtant, la chasse a fortement augmenteÌ dans la dernieÌ€re deÌ cennie : « Nos eÌ quipes de terrain nous rapportent des statistiques hallucinantes. Nous avons perdu preÌ€s de 19.000 eÌ leÌ phants en 10 ans. Au parc national de MinkeÌ beÌ , c’est 50 eÌ leÌ phants par jour qui sont abattus par les braconniers. L’ivoire est achemineÌ vers les marcheÌ s eÌ trangers », reÌ veÌ€le-t-il.

Un signal majeur
Pour faire face aÌ€ cette crise, le gouvernement gabonais a deÌ ployeÌ des efforts suppleÌ mentaires pour appuyer le travail de l’ANPN sur le terrain. L’armeÌ e a eÌ teÌ mise aÌ€ contribution pour seÌ curiser les zones transfrontalieÌ€res et un deÌ tachement de la gendarmerie nationale a eÌ teÌ affecteÌ aÌ€ l’ANPN. Selon le Pr Lee White, l’appui de la France va eÌ,tre deÌ cisif dans la mobilisation des rapports de forces contre les reÌ seaux assurant la criminaliteÌ faunique : « Cet accord de financement avec la France vient compleÌ ter un dispositif financier qui a eÌ teÌ engageÌ par le gouvernement gabonais pour assurer la protection et la gestion durable de chaque centimeÌ€tre carreÌ de nos parcs nationaux. Il s’agit d’appuyer les institutions qui sont au front dans ce combat, en leur donnant les moyens de seÌ curiser nos sites, nos espeÌ€ces embleÌ matiques et notre conception de la conservation. Mais c’est aussi un signal majeur que la France envoie aÌ€ la communauteÌ internationale : les pays africains ont besoin d’appui technique et financier pour mener ce combat ».

Photo de famille à la fin de la rencontre sur la lutte contre le braconnage

Service de communication – Présidence du Gabon)/n

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