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Sommet du G20: Sur deux points au moins, le dernier sommet du G20 a réjoui les dirigeants africains

Pourtant, de nombreux observateurs restent prudents

Aujourd’hui tout le monde s’accorde à dire que le sommet des 20 pays les plus riches du monde, des organismes de la finance publique internationale et des représentants du continent Africain a été un grand succès de la diplomatie internationale. Partout dans le monde les grandes bourses ont bondit à la hausse comme pour réconforter ce succès. Les participants affichaient leur satisfaction : le G20. a produit un document final jetant les bases d’un système financier mondial mieux régulé. Contrôle des fonds spéculatifs, sanctions contre les paradis fiscaux, supervision internationale… les avancées sont nombreuses. Les pays signataires prévoient de nouvelles règles pour encadrer les fonds spéculatifs (hedge funds) : ils devront être déclarés et respecter les normes internationales de transparence dans leur gestion. Les engagements des banques vis-à-vis de ces fonds seront contrôlés. Les agences de notation devront signer un code de bonne conduite afin d’éviter les conflits d’intérêt, c’est-à-dire les collusions entre agences et investisseurs. Les normes comptables des banques sont aussi abordées : les critères de définition de leurs fonds propres seront harmonisés internationalement pour plus de clarté. Ces critères ne sont pas précisés. Le Conseil de stabilisation financière remplace le Forum de stabilisation financière. Cette organisation travaillera avec le Fonds monétaire international sur des systèmes d’alerte, afin de prévenir les risques de crise macroéconomique et financière. Surtout, sous sa nouvelle forme, l’organisation intègre l’ensemble des pays du G20, ce qui donne une place inédite aux pays émergents dans la régulation de la finance internationale.

La Communauté internationale se dote d’un FMI à la taille des besoins, on donne au FMI les moyens d’intervenir partout où c’est nécessaire…
Dominique Strauss Kahn, directeur du FMI

L’ère du secret bancaire est terminée, affirme la déclaration finale, dans laquelle les pays se disent prêts à déployer des sanctions à leur encontre, ils ne donnent cependant pas davantage de détails. Les ressources du Fonds monétaire international (FMI) qui avait lancé un appel pour le doublement de ses ressources seront triplées. Les pays membres de G20 s’engagent à les faire passer de 250 à 750 milliards de dollars, afin de renforcer le rôle de l’institution financière internationale dans la lutte contre les effets de la crise. A ce sujet le directeur du FMI Dominique Strauss Kahn, directeur du FMI affirme que « La Communauté internationale se dote d’un FMI à la taille des besoins, on donne au FMI les moyens d’intervenir partout où c’est nécessaire…» Les moyens des banques multilatérales de développement sont augmentés de 100 milliards de dollars. Aucune mesure commune de relance économique n’a été décidée. Les pays du G20 rappellent que des dispositifs soient mis en place à travers le monde et que d’autres mesures seraient prises à l’avenir, au besoin.

Et l’Afrique dans tout ça?
Tout semble donc être bien huilé maintenant pour juguler la crise mais on s’interroge sur le cas de l’Afrique, déjà dans une crise profonde et essuyant elle aussi les revers de cette dernière crise internationale. Adhérant à la majeure partie de l’opinion internationale, l’Afrique trouve elle aussi que les acquis du G20 sont jugés historiques. Des mesures pour mieux réguler le système financier ont été annoncées, notamment le contrôle des fonds spéculatifs. Les paradis fiscaux sont mis à l’index, une liste a été publiée dans la foulée par l’OCDE et des sanctions seront prévues. Le communiqué du G20 parle aussi beaucoup de la nécessité d’aider les pays les plus vulnérables. Les Africains ont-ils obtenu gain de cause dans leurs revendications ? De façon littérale on dira oui. Sur deux points au moins, l’Union africaine aura été entendue. Jean Ping, le président de la Commission qui a fait le déplacement à Londres, avait demandé que le Front monétaire international (FMI) puisse avoir le droit de vendre ses réserves d’or pour accroître ses ressources et puisse ainsi venir en aide aux pays pauvres. Aussi cela sera fait. D’ailleurs, le FMI et la Banque mondiale se verront attribuer plus de 1 000 milliards de dollars. Reste à savoir de quelle façon va être utilisé cet argent et si les populations africaines en bénéficieront en priorité. L’autre demande de Jean Ping, était la relance du commerce international car avec la crise beaucoup de pays sur le continent ont vu leurs exportations chuter. Le G20 a effectivement annonce des mesures pour doper les échanges et sauvegarder le développement dans les pays à faible revenu, mesures chiffrées à 50 milliards de dollars. Les détails restent encore à préciser. Pourtant les observateurs de la réalité politico-économique de l’Afrique restent très prudents.

Si les pays du G20 voulaient vraiment en finir avec les paradis fiscaux, il suffirait d’empêcher les banques et les multinationales d’y opérer.
Jean Merckaert, du Comité catholique contre faim et pour le développement (CCFD)

L’augmentation des parts du FMI jusqu’à preuve du contraire est justifiée par le nombre plus grand des pays en crise. En compétition avec d’autres pays notamment les pays européens , l’Afrique risque de ne pas être éligible aux conditionnalités qui pourraient se dégager des règles d’accès aux prêts. Déjà le premier ministre britannique et le président français laissaient entendre qu’une des conditions d’accès à de nouveaux prêts était de cesser d’emprunter chez les chinois. Pourtant comme le fait remarquer le ministre camerounais des finances Lazare Essimi Menye, l’Afrique a tellement de besoins qu’elle devrait diversifier son partenariat. Il prend avec beaucoup de pertinence exemple sur le fait que plus de 20 ans avec un partenariat exclusivement occidental l’impact de l’aide publique au développement reste mitigé et d’un autre coté l’agriculture volet important de la vie économique dans l’Afrique subsaharienne a été fortement négligée. En définitive si les conditions d’accès au crédit reste rude ou inappropriées, si les dirigeant africains continuent de gérer de manière limitée les ressources disponibles on peut multiplier par cent les ressources du FMI, l’Afrique restera sous-devellopée
D’autre part la publication de la liste des paradis fiscaux reste un succès en demi teinte. Le sommet du G20 n’a pas déterminé les ramifications à savoir si en ce qui concerne l’Afrique les fonds pourraient être rapatriés au profit des pays lésés. Des voies se lèvent déjà pour relever l’hypocrisie des grandes nations. Jean Merckaert, du Comité catholique contre faim et pour le développement (CCFD), dit très justement que les pays du G20 voulaient vraiment en finir avec les paradis fiscaux, il suffirait d’empêcher les banques et les multinationales d’y opérer.

Présidents invités au G20
huffingtonpost.com)/n


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