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Sortie du volume II de l’ouvrage: «Paul Biya l’appel du peuple»

Le livre a été présenté aux militants du parti alors que le chef de l’Etat se trouve hors du pays

Un nouvel appel à candidature
La nouvelle publication se décline en quatre sections, la lutte contre la corruption: soutien sans faille; non à la campagne de dénigrement du chef de l’Etat; le remerciement et la gratitude et enfin élections 2011, l’appel du peuple. Avant cette division, il y a une préface du Premier ministre Philémon Yang, une préface de René Sadi, le Secrétaire général du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais et une introduction dans les deux langues officielles signée de Jacques Fame Ndongo et Elvis Ngolle Ngolle. En présentant le document, le Premier ministre souligne que le choix du peuple est le meilleur et que le document s’inscrit dans une démarche démocratique. Selon ses initiateurs, la publication est une immortalisation de la volonté du peuple, une volonté qui est favorable à une nouvelle candidature du président de la République. Paul Biya depuis la modification de février 2008 qui lui permet désormais de se représenter en 2011 ne s’est pas ouvertement prononcé sur sa candidature. Il s’était contenté de dire lors de son discours de fin d’année en 2008, que toutes les options étaient désormais ouvertes. En ces lieu et place, les cadres du parti dont il est le président l’ont invité sous diverses formes à se représenter. Jacques Fame Ndongo ministre de l’Enseignement supérieur et délégué à la communication au RDPC a plusieurs fois utilisé comme d’ailleurs ses autres Co partisans le terme Candidat légitime du RDPC, parlant de Paul Biya.

Une action légitime des militants RDPC
La parution du premier volume de cet ouvrage avait provoqué un vif débat dans la classe politique camerounaise. Il n’y a là aucune expression d’un débat démocratique. Il s’agit plutôt d’une expression de loyauté politique qui est tout à fait compréhensible. Mais l’expression de la loyauté n’est pas nécessairement le déploiement d’un ensemble d’arguments et d’argumentations politiques mettant en place les éléments d’une discussion. Il n’y a pas de discussion dans l’ouvrage. Il y a un ensemble de prises de position qui sont toutes marquées par des signes de la déférence déclarait sur le sujet Mathias Owona Nguini, un socio-politologue réputé pour ses prises de positions.

Le Rassemblement de la jeunesse camerounaise s’était montré plus critique. Tout en acceptant le droit de chacun de s’exprimer dans un contexte démocratique, la jeunesse dans sa large majorité désapprouve ce procédé traditionnel dans lequel des particuliers repus, embarquent un peuple sans son avis affirme en substance la déclaration du RJC. On peut y lire qu’elle ne se sent aucunement concernée par cette initiative qui relève davantage «de l’imposture» dans de nombreux autres partis, la réaction a été similaires.

Une demande que Biya recevra à l’étranger
Le deuxième volume de cette publication sort au lendemain de la modification de la loi organisant ELECAM, la structure en charge de la gestion des élections au Cameroun. De nombreux pouvoirs d’intervention sur ses actions ont été confiés à l’administration. L’opposition camerounaise accuse le président Paul Biya de vouloir confisquer à son profit les élections en imposant un contrôle officiel sur Elecam. Pour le RDPC et ses alliés (Issa Tchiroma, ministre de la communication), toute initiative critiquant l’action du gouvernement est qualifié d’ignorance, ou de manipulation des forces tapies dans l’ombre. Pourtant le bilan socio-économique du Cameroun est très lourd. Le chômage est devenu la réalité de nombreux jeunes diplômés. Dans un récent rapport de l’institut national de la statistique (INS), 40% des quelques 18 millions de Camerounais vivent avec moins de 500 FCFA par jour. Un nombre qui passe à 80% pour la tranche des personnes vivant avec moins de 1000 FCFA. L’ensemble des promesses faites par les différents gouvernements RDPC n’a pas été tenu. A peine 10% des ménages ont accès à l’eau potable, la santé maternelle reste un défi, les objectifs de réduction de pauvreté sont renvoyés à l’horizon 2035. Difficile dans ce contexte de croire que le peuple a pu revendiquer une candidature contenue dans un document de trois volumes. En attendant comme lors de la présentation de la première édition, le président Biya a quand même voyagé hors du Cameroun au moment où «le peuple» le sollicite.


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