Société › Faits divers

SOS: Ange Badou, camerouno-ivoirien de nationalité française en vacances au Cameroun aurait disparu

Sa famille a des informations débridées et lance un appel. Que s’est-il passé?

E. Badou, la s ur de la victime a accepté de nous en dire plus. Interview.
Racontez nous ce qui s’est passé?
Ange s’est retrouvé dans un village (Melon, à l’ouest Cameroun) sous la protection de son frère aîné Eric. Le 14 septembre dernier, il s’est retrouvé seul dans ce village le temps que son frère aille chercher quelque chose chez un épicier. Au retour de mon frère, Ange avait disparu et jusqu’aujourd’hui nous n’avons pas de pistes sérieuses.

Quelles autorités avez-vous alerté, notamment au Cameroun?
Je n’ai pas eu de contacts directs avec le commissariat de Melon (situé dans le pays Bamiléké). J’ai eu le consulat de France au Cameroun. J’ai essentiellement eu des astreintes en ligne qui n’avaient pas l’air très concernés par la disparition d’un français à l’étranger et qui par conséquent ne se sont pas déplacés. Pire encore, ils nous ont mis des bâtons dans les roues. Il nous a fallu prouver que Ange avait bien la nationalité française en leur envoyant le scanne de sa carte d’identité alors qu’ils avaient déjà à disposition ses numéros de carte d’identité et passeport ainsi que son acte de naissance. Nous nous sommes sentis délaissés, méprisés, comme s’il existait des français de deuxième catégorie. Nous avons également saisi le Ministère des affaires étrangères à Paris parce que Ange est français et il n’est pas normal de laissé un français disparaître dans des conditions douteuses sans explorer des pistes d’enquête. Ange n’est pas le seul français a disparaître mais dans son cas il y a des pistes à creuser, alors pourquoi ne pas les explorer. Il s’agit d’un petit village, des témoins se sont manifestés et émettaient des versions différentes (…). Une contre-enquête est nécessaire et permettrait de faire surgir la vérité. Le MAE se contente d’attendre des nouvelles du consulat de France au Cameroun. Lui même se contente de passer des coups de téléphone, un jour sur deux, pour voir où en sont les investigations menées dans le village dans lequel Ange a disparu. Et l’équipe de police sur place n’avance pas : il paraîtrait qu’elle réalise de fouille sommaire dans le fleuve. Malheureusement, sans résultat.

Parlez nous de Ange
Ange avait plein de projets. En effet, il hésitait entre nos nombreuses propositions d’orientation professionnelle. Mon père, chauffeur de taxi voulait qu’il fasse la même chose. Mon grand frère, qui est l’être dont Ange avait le plus confiance, voulait faire de lui un informaticien et le garder près de lui au Cameroun. Moi, je l’incitais à suivre une formation en alternance, à savoir un bac pro hôtellerie restauration. Ange devait rentrer cette semaine pour des entretiens. Il était doux, joyeux, serviable mais aussi influençable et comme beaucoup de jeunes il doutait et se cherchait. Depuis mars dernier, il vivait chez moi en plein Paris, le temps pour lui de se reconstruire. Il avait envie de s’en sortir, de vivre loin des codes de la banlieue, et d’avoir un diplôme, lui qui avait échoué en baccalauréat professionnel.

Un dernier mot?
Nous crions et demandons de l’aide parce que Ange n’est pas un cobaye, c’est un être humain. On ne peut pas disparaître comme par magie. Comment faire le deuil sans savoir ce qui s’est passé, sans avoir de corps? Nous voulons connaître la vérité quelle qu’elle soit. Nous souffrons.

Ange Badou
Journalducameroun.com)/n
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