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Stade d’Olembe : bataille annoncée entre le gouvernement et Piccini

Maquette du futur Stade d'Olembé. (c) Droits réservés

Le Cameroun a résilié le contrat de l’entreprise italienne pour une série de griefs. Piccini menace d’ester en justice pour « protéger ses intérêts » si cette décision n’est pas annulée dans les 72h.

Il aura fallu deux sorties au ministre des Sports et de l’Education physique pour expliquer à l’opinion publique pourquoi le gouvernement du Cameroun résilie le contrat de Piccini, l’entreprise engagée dans la construction du complexe sportif d’Olembe.

Dans la première, une décision du 29 novembre 2019, le ministre Narcisse Mouelle Kombi explique pêle-mêle que l’italien Piccini a procédé à un arrêt « non autorisé des travaux ». Mais l’entreprise a également abandonné le chantier.

Un abandon « dûment constaté par un huissier » ; et n’a pas respecté des engagements contractuels. Le ministre accuse par ailleurs Piccini d’avoir sous-traité des travaux sans l’accord du ministère, le maître d’ouvrage ; et d’avoir violé la législation sociale par l’accumulation des arriérés de salaire aux ouvriers.

24h plus tard, le ministre Mouelle Kombi remet une couche. Dans un communiqué signé du 30 novembre, le maitre d’ouvrage explique cette décision par le constat de « graves défaillances de l’entreprise et de la violation de nombreuses dispositions contractuelles ». Le gouvernement justifie cette décision après avoir constaté que Piccini ne pouvait livrer le stade d’Olembe « dans les délais requis à cause d’une longue période d’arrêt unilatérale des travaux suivi d’un abandon du chantier ». Dans la foulée, il rassure qu’une entreprise internationale va prendre le relais des travaux.

Cette entreprise c’est la canadienne Magil. C’est du moins ce que croit savoir Piccini dans son communiqué de presse du 30 novembre en réaction à la résiliation de son contrat sur Olembe.

Dans cette sortie, le groupe italien rejette les accusations du gouvernement en affirmant que « cette décision intervient alors même que les travaux se poursuivent sur le site ». A son tour, Piccini accuse le gouvernement du Cameroun de n’avoir pas respecté ses engagements, notamment en ce qui concerne l’accompagnement financier.

Piccini souligne par ailleurs que la décision de résiliation du contrat intervient bien après qu’une autre entreprise, la canadienne Magil, a déjà été choisie pour remplacer le groupe italien.

L’italien note cependant que la décision du ministre des Sports est « un acte administratif susceptible de tout recourt approprié ». Et de relever que si cette décision n’est pas levée dans les 72h, l’entreprise va poursuivre l’Etat du Cameroun devant les tribunaux pour « défendre ses intérêts ».

Rappelons que le stade d’Olembe constitue l’ouvrage principal du complexe sport qui doit être construit. Ce stade est également l’un des principaux retenu pour accueillir les matches de la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2021 au Cameroun. Commencé en 2015, le chantier de construction du stade d’Olembe connu de nombreux soubresauts, avec notamment de multiples grèves du personnel. Il doit être livré à la mi 2020.



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