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Stéphane Kameugne… Un an déjà que le jeune camerounais a été retrouvé mort

Une marche de soutien aura lieu le 19 décembre à Paris. Son père revient sur l’avancée de l’enquête.

Il a fallu trois autopsies pour que la thèse du meurtre soit énoncée par la justice. Est-ce que selon vous il y a eu des manquements au départ de l’enquête ?
Evidemment si la première autopsie était bien faite, on n’aurait pas eu besoin de faire les autres. La troisième autopsie était un complément parce que les 2 premières avaient des points de contradiction.

Avez-vous reçu du soutien de l’école dans vos démarches ?
Je n’arrive toujours pas à comprendre l’attitude de l’école. A la première marche en décembre 2008, les élèves ont voulu participer mais l’école a refusé. Mais les étudiants ont quand même participé plus pour eux-mêmes. Le sujet de la mort de mon fils est tabou et l’administration de l’école a interdit de parler de ça.

Aujourd’hui il y a un site internet qui existe, donc il y a une mobilisation qui s’est faite, est-elle exclusivement familiale ou alors les amis de votre fils sont impliqués ?
J’ai informé ceux dont j’avais les coordonnées parmi ses camarades qui étaient aux Etats-unis et ici en France à Chalon, mais ils sont occupés et on verra samedi, ceux qui auront le temps de venir à la marche. Donc il y a un comité de soutien qui a été mis sur pied avec ses anciens camarades dans les différents endroits où il a fréquentés, il y a un site internet et tout le monde qui l’a connu s’investit comme il peut dans la mesure du possible.

Et la marche que vous organisez samedi, c’est pourquoi ?
Cette marche est organisée pour commémorer le premier anniversaire de sa mort, ou alors son assassinat. Vous savez l’affaire est aujourd’hui devant la chambre criminelle. Pour la première fois depuis la dernière autopsie, on parle de meurtre et non plus d’accident. Et pour y arriver beaucoup de gens ont bataillé dur donc, c’est en quelque sorte une marche pour dire merci déjà à tous ceux qui nous soutiennent dans nos démarches. La marche est organisée pour attirer l’attention des gens et que les criminels puissent épargner la vie des autres enfants.

Nous sommes conscients qu’on ne fait jamais complètement le deuil d’un être cher. Mais est-ce que pour vous l’issue de l’enquête aidera à tourner cette page triste ?
Déjà la vérité et trouver les auteurs permettront de répondre à beaucoup de nos questions. On a cette peine toujours qui ne nous quitte pas depuis ce fameux 07 décembre 2008. Je ne souhaite à personne de se trouver dans notre situation, parce que ce n’est pas une vie, parce qu’on subit et on culpabilise à la fois. Nous voulons savoir ce qui s’est passé et ce que ces gens lui reprochaient. D’un autre coté cela épargnera la vie des autres enfants. L’autre jour, j’ai quelqu’un qui m’a appelé pour me dire que ses deux enfants étaient morts dans les mêmes conditions que mon fils. La seule chose qui vraiment dans le dossier de mon fils m’a beaucoup embêté c’est qu’au départ, si on avait opté pour la piste criminelle, on aurait trouvé les auteurs plus rapidement ; et aussi je dis que si l’école n’avait rien à se reprocher, la mort de mon fils ne serait pas un sujet tabou. Dans une école où le mot fraternité est la devise, leur attitude me surprend énormément, et je suis persuadé qu’à l’école on sait ce qui s’est passé. Et cinq jours après la deuxième autopsie, le directeur de l’école a été affecté et l’école est restée avec un dirigeant intérimaire jusqu’à la fin de l’année scolaire. Pourquoi ? Est-ce que ce n’est pas en rapport avec la mort de mon fils ?

Vous avez porté plainte contre l’école ?
Non ce qui nous importe aujourd’hui c’est de rétablir la vérité, c’est le plus urgent pour l’heure.

Vous avez quelque chose à ajouter, un message à faire passer ?
Je voudrais remercier tous ceux qui nous soutiennent et qui nous apportent leur concours dans notre recherche de la vérité. J’espère que nous y parviendrons.

Stéphane Kameugne

www.francesoir.fr)/n

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