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Stupéfiants: Douala laboratoire de la drogue au Cameroun

Les élèves de la 3e en terminale et les enfants de la rue les plus consommateurs

Raisons de la montée de ce fléau
L’information a été lâchée ce mercredi 27 juillet 2011 par Théodore Kommegne. Le psychologue clinicien intervenait sur thème La prévention à la toxicomanie et l’alcoolisme chez les jeunes programmé par les ladies de Lions Club Orchidée dans le cadre de leur causerie éducative de l’année. Le doctorant en psychologie s’est appuyé sur le thème Les drogues et les conduites additives, pour faire un état des lieux de la consommation de la drogue au Cameroun. D’après le chercheur, c’est le quartier Makéa, vers New-Bell, qui est le laboratoire de la drogue dans la ville. C’est l’espace le plus cosmopolite de Douala, avec plus de 15 nationalités. On y retrouve plusieurs personnes qui échappent au contrôle social, apprend-t-il. Ce dernier déroule ainsi les raisons de la flambée de ce fléau. Il s’agit, entre autres, de la recherche du plaisir, la crise d’adolescence, les difficultés de la vie, la publicité et la disponibilité croissante des drogues, la tolérance croissante de la société. Celle-ci est imputable à la fois aux parents qu’aux autorités.

30% des élèves sont fumeurs à Douala
Si l’administration frappe le point sur la table, on aura moins de consommation de la drogue. C’est le cas si on fait moins de publicité, souligne Théodore Kommegne. Ce dernier a profité de la tribune pour présenter les résultats d’une étude réalisée dans trois établissements scolaires de Douala en 2008. Les conclusions de cette étude qui a concerné 1200 élèves des classes de 3e en terminale, laissent sans voix. D’après le rapport, près de 30% des élèves sont fumeurs, et 52% d’entre eux sont de sexe masculin. Plus de 75% des sujets de l’échantillon ont consommé l’alcool, 28% par curiosité, 22,2% parce qu’ils sont contents. Bien plus, 5% d’entre eux ont consommé les drogues médicamenteuses. L’héroïne vient en tête avec 64%, suivie de la cocaïne avec 57%, le cannabis 10%. Et une dose de « caillou » coûte 3000 F. L’expert démontre également que les conséquences sont sévères. 9% des élèves ont été exposés au viol, 18,9% ont eu des relations sexuelles non protégées, 17% renvoyés de l’établissement, énumère-t-il. Les autres conséquences sont la recrudescence du banditisme, car l’expérience montre que c’est quand ces jeunes sont pintés qu’ils posent des actes antisociaux.

Les différents foyers de consommation
Ce sont les jeunes qui sont le plus exposés à la drogue. La consommation de la drogue est devenue un phénomène banal dans la cité économique du Cameroun pour les jeunes élèves et enfants de la rue. Les différents consommateurs, amateurs ou professionnels, ne s’en cachent même plus. Ils n’ont plus peur de quelqu’un. Pas même de la silhouette d’un policier. Puisqu’un asile bien connu de la consommation du « caillou », le nom codé de la cocaïne, est situé à un jet de pierre du commissariat du 9e arrondissement, à Deido, précisément à côté du château d’eau de Camwater. Ici, matin, midi comme soir, les consommateurs défilent. A chacun son goût, et sa dose. On y retrouve de toutes les qualités. L’héroïne, la cocaïne, le cannabis ou le banga, le tabac fort, l’amphétamine, etc. Les élèves du lycée bilingue de Deido et des différents établissements environnants s’y retrouvent pour se pinter à bloc. Au vu et au su de tout le monde. Le stade Mbappé Leppé, à Akwa est présenté aussi comme un autre lieu de prédilection de la consommation de ces substances dangereuses. Sauf qu’ici, le décor change un peu. Car, les principaux drogués ici sont les « Nanga Boko » qui, depuis l’année dernière se font appeler « Boy »s. Ces enfants de la rue consomment la drogue à temps et à contretemps. Avant d’aller dormir dans un lieu inadmissible pour un être normal, le cimetière de Bonadibong, un autre foyer de consommation situé non loin des commissariats du 1er et du 4e, du commissariat central n°1 et tout l’arsenal de sécurité basé à Bonanjo. C’est donc un fléau qui prend des proportions importantes et qui tend à se généraliser.

Les autorités interpellées
C’est pour cette raison que l’association Lions Club Orchidée présidée par Anne Kouoh a organisé cette causerie éducative pour sensibiliser les jeunes et attirer l’attention des autorités sur le laxisme. Cette causerie rentre dans le cadre du programme de sensibilisation des Lions. Parce que dans le calendrier Lions, le mois de juillet est consacré à la lutte contre la toxicomanie. Et comme ce fléau est grandissant dans notre société, chaque mois de juillet nous essayons de sensibiliser les couches les plus exposées que sont les jeunes mineurs surtout et les enfants de la rue, commente Henriette Melo, responsable des uvres sociales à Orchidée. Toutes les couches sont désormais atteintes. C’est un fléau qui touche tout le monde, et qui a plusieurs composantes. Composante contexte, personnel et due au produit. Donc, en fonction des moyens des uns et des autres, il y a des gens qui auront accès à des drogues meilleur marché, d’autres qui se procurent des drogues beaucoup plus couteuses, et qui créent une dépendance beaucoup plus importante. Mais, les jeunes en sont de plus en plus exposés, ajoute le médecin. Pour elle, la balle est dans le camp des autorités qui doivent prendre des mesures qui s’imposent.

Douala laboratoire de la drogue au Cameroun selon Théodore Kommegne, chercheur


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