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Sueurs froides électorales et avenir de la Cemac en vedette dans les journaux camerounais

Les menaces d’implosion du parti au pouvoir, à la veille du scrutin législatif et municipal du 9 février préoccupent les journaux camerounais parus lundi, tout autant que l’avenir de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), au lendemain du sommet extraordinaire tenu en fin de semaine dernière à Yaoundé.Le moins que l’on puisse en penser, en parcourant la plupart des titres à l’instar de The Sun et Eden, est que le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc, au pouvoir), encore appelé «le parti de la flamme», est au bord de l’implosion après les instructions de son leader, Paul Biya, relative au renouvellement du personnel politique dans le choix de ses représentants aux élections à venir.

 Sous le titre «Investitures Rdpc : ils veulent le tuer», L’Anecdote résume ainsi le climat : «Sur l’ensemble des circonscriptions, les militants s’insurgent contre la dictature des barons du parti, qui se cramponnent obstinément à leurs postes au mépris des directives du président national. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, l’élite bafoue avec dédain les choix du peuple qui crie à la dictature.» Et d’évoquer des menaces de vote sanction à l’horizon.

Pour Mutations, c’est «tout feu, tout flammes» ou encore «le grand foutoir» avec cette formation qui, comme en 2013, fait intervenir les forces de l’argent et les réseaux dans le processus de désignation des candidats à la candidature. Au vu de la vague de mécontentements ayant suivi la clôture des opérations de présélection des candidats à la candidature, le Rdpc pourrait sortir de ces investitures avec plus de blessures dans ses rangs qu’il y a 6 ans.

 «Rdpc : la contestation monte», appuie Le Jour. C’est la panique, renchérit Aurore Plus : le parti de Paul Biya, également chef de l’État,  aura du mal à survivre aux déchirements, du fait de la résistance de plusieurs caciques en rase campagne. Les caciques font de la résistance, prolonge L’Essentiel. Comment les barons ont sauvé leur tête contre la volonté de la base, moque Essigan.

 Dans plusieurs localités du pays, rapporte Défis Actuels, des personnalités politiques autrefois considérées comme indéboulonnables ont été déchues au cours de l’opération des investitures organisées en fin de semaine dernière par le parti au pouvoir. «Le Rdpc joue contre le Rdpc», tranche Avenir, étalant les règlements de comptes en cascade, les luttes de clans, les trahisons sur fond de clientélisme. Grand pourvoyeur de suffrages pour le parti, même le septentrion n’échappe pas à la fronde, soupire L’Œil du Sahel.

 Sans un mot sur ces batailles préélectorales, le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune consacre sa principale manchette au dernier sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Cemac ayant décidé d’œuvrer pour une relance économique rapide, d’accélérer l’intégration et d’ouvrir la réflexion pour un nouveau schéma de coopération monétaire avec la France sur le franc CFA. Et c’est la Banque des États de l’Afrique centrale, précise Le Quotidien de l’Économie, qui aura en charge de proposer un schéma approprié conduisant à l’évolution de la monnaie commune.

 La Cemac veut réviser ses accords avec la France, constate EcoMatin. Il y a une nouvelle monnaie en perspective, ose L’Anecdote : les évolutions de la situation économique des pays membres, mais aussi la conjoncture internationale, obligent les États à disposer d’une monnaie qui concourt au développement de leurs espaces et qui réponde aux aspirations économiques et financières des populations. C’est la fin d’une servitude consentie, applaudit L’Indépendant.  Mais l’adoption d’une monnaie unique en Afrique centrale semble emprunter le même, long et tortueux chemin que celui de l’intégration sous-régionale, regrette Repères.

 

Le président camerounais, Paul Biya et ses homologues font diversion sur le franc CFA, objecte La Voix du Centre : alors que l’Afrique attendait qu’ils se prononcent avec fermeté sur la question de leur monnaie commune, les dirigeants de la sous-région ont renvoyé leur décision aux calendes grecques. Ils ont même ignoré, s’émeut Le Financier d’Afrique, des dossiers aussi sensibles que le conflit entre la Beac et la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (Bdeac), l’arrimage de la taxe communautaire d’intégration, le financement des projets intégrateurs, le changement de paradigme des accords avec le Fonds monétaire international (FMI) ou encore les réformes structurelles de la Cemac.

 En terme d’évaluation des réformes, acquiescent Intégration et The Guardian Post, le satisfecit affiché à Yaoundé a de quoi inquiéter avec un communiqué final reprenant 81% des résolutions de 2016, et éludant l’ensemble des insuffisances maintenant les États dans une situation fragile.

FCEB-APA/



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