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Sur les traces d’Alain Ouombléon-Guédou, ex coach de coton sport de Garoua

Après le Cameroun, destination Arabie Saoudite, où il poursuit sa carrière d’entraîneur de football. Entretien avec le passionné de foot

Que devient Alain Ouombléon-Guédou depuis son départ de coton sport de Garoua au Cameroun?
Je vais bien merci. J’ai quitté Coton sport et le Cameroun en Juin 2009, par une démission. J’ai laissé dire à l’époque et tous les medias ont diffusé la nouvelle que Coton m’avait viré. J’avais un contrat de 3 ans, et j’ai décidé de le rompre à l’amiable, après seulement 11 mois, car je n’avais pas rempli les objectifs qui m’avaient été assignés cette saison-là. Dans une entreprise, quand un cadre ne remplit pas ses objectifs, il est normal qu’il en tire les conséquences, c’est ce que j’ai fais à ce moment-là, juste après les éliminations en champions league 2009, puis en coupe du cameroun. Voilà pour rétablir un peu les faits. A la suite de cette démission, je me suis réengagé avec Al Ahli Jeddah en Arabie saoudite, d’où je venais avant de signer à Coton. Il souhaitait mon retour et c’était réciproque, car j’avais apprécié mon premier séjour chez eux. Après cette saison de hauts et de bas à Coton, j’avais souhaité faire un break et revenir à la formation, j’ai toujours préféré inscrire mon travail dans la durée, qu’être dépendant des résultats immédiats. Je suis donc revenu à Jeddah pour prendre en charge les juniors du club. Mais en novembre 2009, tout le staff technique argentin des professionnels démissionne et la direction décide de me donner la responsabilité temporaire de l’équipe première. J’ai donc retrouvé la compétition de haut niveau en dirigeant l’équipe première pendant 10 matchs de championnat, dont une confrontation mémorable à Riyad, contre le Hilal de Gerets. Après cet intérim de 3 mois, positif en tous points, j’ai fini la saison avec mes juniors. Mais un désaccord personnel persistant avec un membre influent du club m’a forcé à quitter Al Ahli en mai 2010, direction Riyad la capitale, et Al Nasr club, le club le plus populaire du pays. J’ai été en charge des U19 lors de la saison 2010/2011, et je démarre une autre saison ici avec les U21, la réserve professionnelle.

Quel souvenir gardez-vous de votre passage au Cameroun?
Que d’excellents souvenirs bien évidemment, football et Cameroun ne sont qu’un, c’est le rêve d’exercer dans un pays qui respire, mange, boit et dort football. Je n’ai laissé que des amis au Cameroun, vous savez que j’avais auparavant fait un premier séjour entre mars 2004 et mai 2005 à la Kadji Sport Academy. Pour le français d’origine ivoirienne que je suis, le Cameroun pour moi est là où tout a commencé. Le Président Gilbert Kadji, tout d’abord, m’a fait l’honneur de me confier la direction technique de son académie, alors que je n’avais que 32 ans. Ensuite c’est Coton qui m’offre l’opportunité de fourbir mes premières armes au plus haut niveau. Je profite de votre audience pour rendre un hommage appuyé au président kadji, Alim Konate, et le président Iya, des personnes de grandes valeurs, qui ont su décelé le meilleur chez moi et me faire confiance alors que je n’avais pas de nom. Evidemment, la campagne africaine 2008 où nous échouons en finale contre Al Ahli restera le point d’orgue de mon séjour camerounais, même si la douleur de la défaite reste encore vive. Le pays entier est resté rivé sur nos exploits et nous a apporté un soutien sans faille, je suis encore déçu de n’avoir pas pu ramener le trophée continental au peuple camerounais tant d’années après. Il y a aussi ma nomination par la Caf pour le titre de meilleur coach africain de l’année 2008 au milieu de 2 légendes. Je n’oublie pas non plus les lendemains difficiles après cette compétition, je ne suis ni amnésique ni homme à fuir ses responsabilités, malgré ces petits avatars, je pense avoir laissé l’image d’un grand professionnel, disponible pour le public et les médias. Pour finir, vous savez, je connais mieux le Cameroun que la Côte d’Ivoire, c’est donc plus qu’un pays de passage, je m’y sens comme chez moi.

Serez-vous prêt à y revenir un jour?
Avec plaisir, d’abord à titre personnel pour revoir de grands amis. Maintenant, dans le cadre professionnel, cela me paraît difficilement envisageable dans un avenir proche. Un ami me disait fort justement en 2004, au Cameroun, il y a 3 postes, Directeur Technique de la Ksa, Manager de Coton, et sélectionneur des Lions. J’en ai déjà occupé 2 postes, vu le profil recherché et le cahier des charges édictés par la Fédération camerounaise de football, je ne pense pas en toute humilité, être éligible pour les Lions indomptables dans l’immédiat, même si je n’aurai sans doute pas fait pire que d’autres. Maintenant, je ne néglige aucun club, d’autres postes peuvent devenir intéressants si ce sont des clubs très populaires comme Union ou Canon. J’ai vu qu’une ligue professionnelle vient de voir le jour, tout cela s’inscrit dans la bonne direction. Toutes les options sont donc ouvertes, et puis je suis déjà revenu une fois.

Alain Ouombléon-Guédou, ex coach de coton sport de Garoua
Nassr.com)/n

Comment ça se passe en Arabie Saoudite?
Globalement bien, j’entame ma 3éme saison ici, donc c’est que cela ne va pas si mal, il y’a des difficultés comme partout mais rien d’insurmontable. J’ai d’excellents rapports avec tout le monde, les médias, les fans, les responsables de clubs, mon travail est reconnu, je suis respecté, mais pas encore assez pour que l’on me propose un poste dans l’une des 14 équipes professionnelles de l’élite. Que des intérims pour le moment, je pense donc que tout se jouera cette année pour moi. Vous seriez surprise de l’engouement populaire autour du ballon rond ici, c’est la folie, notamment autour des 5 gros clubs, dont Al Nasr est l’exemple le plus significatif. Le football est bien structuré, les championnats de jeunes fonctionnent bien, et sont très suivis. Les clubs possèdent des installations exceptionnelles, les conditions de travail sont extraordinaires. Bien sûr les conditions financières sont sans égales en rapport avec le niveau où j’évolue. Je me plais ici, car le foot occupe mon esprit 24h/24, et que je peux laisser libre cours à ma passion d’entraîner, dans de très bonnes conditions.

Quel bilan faîtes-vous de la saison écoulée avec votre équipe?
Un bilan mitigé, j’ai trouvé une équipe U19 en reconstruction, la tâche était grande, j’ai des principes de jeu un peu longs à inculquer, donc ça a pris un peu de temps. Les résultats en championnat en ont souffert et n’ont pas été à la hauteur de nos espoirs, mais paradoxalement, la direction et en premier lieu S.E. Prince Faisal a souhaité m’offrir une promotion. J’en déduis que mon travail de fond les a séduit. Ils m’ont renouvelé leur confiance, et m’ont confié la mission première de préparer les jeunes à intégrer l’équipe première, et ensuite jouer le titre en U21 car Nasr a des fans très exigeants et passionnés, puis d’ici 2 ou 3 ans, rejoindre en première, ces générations de jeunes joueurs que je connais bien. Ce sont des perspectives intéressantes mais l’avenir dans notre métier se limite au prochain match, alors je ne veux penser qu’au premier match de championnat qui se profile.

De manière globale, quelle analyse faîtes-vous du championnat saoudien par rapport à ce qui se fait en Afrique par exemple?
Il n’y a pas de comparaisons possibles, c’est un autre monde, ici nous sommes chez le premier producteur mondial de pétrole et le pays est l’une des plus grandes places financières mondiales. Alors évidemment, cela se ressent à tous les niveaux de la société, et le football en fait partie. Les infrastructures sont démesurées, ils ont les moyens d’attirer les meilleurs joueurs et coachs de la planète… Le niveau du championnat est très relevé, très offensif, et nombre de coachs très connus se sont cassés les dents ici. Quand les moyens suivent, les difficultés s’estompent et les moyens sont énormes ici. Je ne peux donc pas m’amuser à dresser la liste des choses qui fonctionnent ici, et pas en Afrique, ce ne serait pas fair-play.

Quelles sont vos ambitions pour la nouvelle saison?
Le titre en U21, et 5-6 joueurs qui passent en première à la fin de la saison, ce sont les objectifs. Le challenge me plaît. Je dois cela aux nombreux fans de Nasr et au prince Faisal. Et ensuite des vacances bien méritées au Cameroun… Je voudrais saluer tous les dirigeants, joueurs et fans que j’ai eu le plaisir de côtoyer durant mes années camerounaises. Et puis, allez Coton pour le titre en ligue des champions 2011, courage aussi aux lions, la situation est critique mais pas désespérée, c’est vous qui le dites : impossible n’est pas camerounais !

Aujourd’hui en Arabie Saoudite
Nassr.com)/n

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