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Surpopulation carcérale : où en est le projet de libération de détenus au Cameroun?

Photo d'illustration. (c) Droits réservés

Il y a quatre ans de cela, les autorités faisaient libérer une cinquantaine de personnes détenues à Kondengui. Cette action, rentrant dans le cadre de la lutte contre la surpopulation carcérale, devait se poursuivre, notamment dans d’autres prisons. Force est de constater que plus rien n’a été entrepris.

Quelques 54 personnes ont été libérées en décembre 2015, à la suite d’une décision du ministre de la Justice de mettre fin à l’engorgement des prisons du Cameroun. Ces personnes avaient en majorité purgé leurs peines sans être libérés. D’autres étaient écroués pour des délits de vols et d’escroquerie mineurs.

Cette vague de libération constituait la première d’envergure dans le pays qui n’émane  pas du président de la République. Elle devait se poursuivre et même s’étendre à d’autres centres de détention. Les autorités avaient annoncé que des investigations dans ce sens. Depuis, plus rien.

De l’eau a coulé sous les ponts et les différentes crises dans le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et l’Extrême-Nord ont entrainé une augmentation considérable des effectifs dans les prisons. Tant les autorités sont soucieuses de débarrasser le pays perturbateurs. Sauf que nombre d’entre eux n’ont pas encore été inculpés. Ils revendiquent de passer devant un juge ou d’être immédiatement remis en liberté.

La Commission nationale des droits de l’Homme et des libertés énonce deux principales causes à l’explosion du nombre de détenus dans le pays, « des délais de procédures excessivement longs » et « l’inexécution des décisions de justice ».

« La surpopulation carcérale peut aussi venir de ce qu’il y a des dossiers en appel. En plus, Yaoundé a subi un essor démographique assez important ce qui a entrainé l’augmentation des crimes et délits, or si on applique le Code de procédure pénale, les décisions ne seront pas rapidement rendues parce que le Code de procédure pénale qui demande que l’on entende la victime. Bien souvent celles-ci ne viennent pas à l’audience et là le procès ne peut pas avancer », explique Me Simon Pierre Ndzana.

La population carcérale au Cameroun est estimée à environ 30 701 personnes, selon des statistiques fournies par la Commission nationale des droits de l’Homme en 2017. Un an plus tôt, cette même population se chiffrait à 28 927, soit un accroissement de 162 à  172% pour centres pénitenciers dont la capacité d’accueil globale est de 17 815 places.



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