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Swiss Football League: Le Camerounais Patrick Ekeng revit à Lausanne

L’ancien joueur du Mans de 23 ans, formé à Sport Etudes de Mfou, passé par le Canon de Yaoundé, connait un début de saison très encourageant au Fc Lausanne-Sport

Le choc psychologique souhaité par les dirigeants de Fc Lausanne-Sport ne s’est pas produit samedi dernier. Après un début de championnat difficile, Alexandre Comisetti a pris la place de Laurent Roussey sur le banc de touche. Mais Fc Lausanne-Sport s’est de nouveau incliné, lors de la 13ème journée du championnat d’élite Suisse. Les coéquipiers de Patrick Ekeng et Yaya Banana ont été battus par le Fc Lucarnes, 0-1. Pourtant, Patrick Ekeng, repositionné comme meneur de jeu, a fait un match plein.

Alors que le club de Fc Lausanne-Sport se bat pour encore une fois éviter la relégation cette saison, des joueurs comme le camerounais Patrick Ekeng sont là pour tenter de redresser la barre. Arrivé en Suisse aux dernières heures du mercato, le milieu de terrain de 23 ans, qui compte un but et trois passes décisives, en 13 titularisations, est enclin à ne pas laisser son club à la dérive. Rencontré le lendemain du match face à Lucerne, l’ancien international junior, discret et courtois, a raconté sa nouvelle vie et surtout affiché ses ambitions.

Patrick Ekeng a fait ses classes à Sport-Etude de Mfou, un centre de formation aux métiers du football près de Yaoundé, où les pensionnaires concilient le football et les études. Pendant longtemps, ce fils de banquier et de journaliste à longtemps hésiter avant de choisir le football comme son gagne pain. Et c’est désormais loin des siens et de sa ville natale Yaoundé, qu’il évolue. Ce grand espoir du football camerounais vit désormais à Lausanne, où le froid vous glace les os en automne.

Coupe du monde
Peu importe, le meneur de jeu a déjà intégré le mode de vie à l’occidental et son intégration dans son nouveau club se passe bien : «Mon intégration se passe plutôt bien dans ce nouveau championnat qui est différent du championnat français. J’ai été très bien accueilli par mes dirigeants et mes coéquipiers. J’apprends progressivement les exigences de la Super League suisse, grâce aux conseils de mes entraîneurs». Il sait également que la réussite passe par les sacrifices. «Je sais que dans ma tête et dans mon éducation, j’ai le goût du travail. Depuis tout petit, j’ai des objectifs. Chez nous on travaille et il faut toujours compter que sur soi. Au Cameroun, j’ai beaucoup appris auprès des entraîneurs Joseph Atangana et Alain Wabo, de regretté mémoire », indique t-il.

Patrick Ekeng, qui a joué 45 matches avec Le Mans, en Ligue 2 française, trouve les mots pour expliquer la mauvaise entame de championnat de son club : «Sur un point de vue collectif, il est vrai que pour le moment les résultats ne sont pas bons. Je pense que la perte de joueurs cadres pendant l’intersaison et l’arrivée tardive de joueurs d’expérience tels que Pascal Feindouno ou Gabri Garcia (ex FC Barcelone) ne nous a pas permis d’être opérationnels rapidement. Vous savez, le socle d’une équipe est de travailler la cohésion tactique et collective et cela ce n’est qu’avec du temps et de la discipline qu’on y arrive ».

Patrick Eken pris dans l’étau de trois défenseurs

Pascal Muller)/n

Evoluant désormais dans l’axe, l’ancien ailier, grâce à ses qualités techniques et athlétiques, laisse parler sa clairvoyance. Il récupère de nombreux ballons et les redistribue généralement bien. En alternant les passes courtes et longues, très souvent vers l’avant, Patrick Ekeng est le parfait relais entre les défenseurs et les attaquants de Lausanne-Sport. Dans le répertoire des footballeurs camerounais d’Europe très peu évoluent à ce poste de meneur de jeu axial. Une situation qui pousse l’ancien protégé de Joseph Atangana à afficher davantage ses ambitions : « Quand on a été international dans toutes les catégories jeunes, on aspire qu’à une seule chose : être sélectionné en équipe fanion. Je travaille d’arrache pied pour mériter un jour la confiance du sélectionneur : J’ai la Coupe du monde 2014 en ligne de mire. Je suis persuadé que je peux apporter un plus dans l’animation offensive». Il ajoute : « En ce moment, notre sélection est en pleine mutation et il semble que le staff est en quête de milieux offensifs. Je suis régulier et performant dans un championnat d’un bon niveau comme l’atteste les résultats du FC Bâle en Ligue des champions. Je pense que je peux avoir ma chance. Par ailleurs, 4 des 11 joueurs titulaires dans l’équipe tunisienne lors du match aller des éliminatoires de la Coupe du monde face au Cameroun étaient des joueurs du championnat Suisse. Je suis un compétiteur et j’ai la gagne dans la peau ». Ça tombe bien, Fc Lausanne-Sport, dernier au classement, a besoin de ce genre de joueur pour remonter la pente. Les performances de Patrick Ekeng attirent déjà vers lui les clubs plus huppés.

Patrick Ekeng en plein débordement

Pascal Muller)/n

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