› Eco et Business

Sylvie Siyam: « Il y a trop d’insuffisances dans les lois qui régissent les télécommunications au Cameroun »

Du 02 au 04 septembre 2009, Douala a abrité le forum de restitution de la recherche sur le financement du service universel des télécommunications

Les travaux ont regroupé six pays d’Afrique de l’ouest et centrale. Bilan des perspectives à l’issue des travaux avec Sylvie Siyam, présidente du réseau.

Etes-vous satisfaite du forum qui vient de s’achever à Douala?
Oui, car l’organisation de l’atelier qui portait sur la restitution des recherches sur le financement du service universel des télécommunications, a permis de faire comprendre aux uns et autres, qu’il y a un fond qui existe pour financer le service universel de télécommunications, et que ce fonds est disponible et peut être utilisé pour améliorer l’accès aux service de télécommunications dans différents pays.

Maintenant qu’on sait que le fonds existe, que prévoit la suite?
L’étape suivante pour nous, c’est de faire un plaidoyer pour que le fonds permette effectivement de réduire les coûts des télécommunications, compte tenu de la place qu’occupent les télécommunications dans la réduction de la pauvreté. Quand on dit télécommunications, on embraye rapidement sur les technologies de l’information et de la communication. Donc, la place des télécommunications dans la réduction de la pauvreté est primordiale, et c’est pour ça que les gouvernements ont mis sur pied un fonds qui devrait permettre d’apporter les services de communication au plus grand nombre, et c’est pour ça que ces fonds existent ! Les recherches ont permis de dégager le fait qu’il y a un certain nombre de plaidoyers à mener, pour que ces fonds soient effectivement utilisés. Il ressort des travaux un constat, c’est que dans la plupart des pays de l’Afrique de l’ouest et de l’Afrique centrale, ces fonds existent, mais ils sont bloqués. Je vous rappelle que les thèmes des plaidoyers ne sont pas des thèmes nationaux, ce sont des thèmes régionaux. Les fonds sont bien mobilisés, mais l’on n’arrive pas encore à les utilisés, par ce qu’il y a certaines lourdeurs. Globalement, les thèmes de plaidoyers doivent permettre d’arriver à enlever ces lourdeurs.

Quel est justement l’état des lieux au Cameroun?
On est dans un pays qui possède des atouts formidables, mais tel que le déclarait le président de la République Paul Biya lui-même, moins de 2% des personnes ont accès à l’Internet. Pourtant, la volonté politique a été clairement marquée, de sorte que le plus grand nombre ait accès à l’Internet. Et dans le document stratégique de réduction de la pauvreté, DSRP, les technologies de l’information et de la communication, occupent une place importante pour le développement.

Qu’est ce qui fait donc problème à votre avis?
Les problèmes sont à plusieurs niveaux. Au cours de l’atelier, les problèmes que nous avons relevés, c’est par exemple au niveau des lois. Les lois doivent être revues, et ça, le ministre des télécommunications l’avait dit. Les lois ont certaines insuffisances qui doivent être levées, comme par exemple, la loi de 1998 qui réglemente le secteur, ne fait pas cas de l’Internet, pourtant, c’est déjà une réalité dans notre pays. Elle ne fait pas cas non plus de communication transfrontalière, pourtant, c’est aussi une réalité dans notre pays. Donc, certaines insuffisances au niveau des lois, empêchent que les choses se réalisent à la vitesse quelles devraient se faire.

Que faut-il donc faire?
Comme a dit le représentant du ministère des postes et de télécommunications lors des travaux, les lois sont entrain d’être revues. Par ailleurs, nous l’avons aussi suivi dire qu’il recommandait la création d’une société de patrimoine, qui serait en charge d’investir dans l’acquisition des infrastructures, de manière à ce qu’il y ait une équité dans l’utilisation des infrastructures, par ce que pour le moment, c’est Camtel qui s’en occupe. C’est un thème qui sera central par rapport à notre plaidoyer, car les situations de monopole sont toujours un peu gênantes.

Quels sont les rapports entre votre réseau Gorée Tic et les administrations publiques?
Notre association est jeune, et le ministère des télécommunications encourage le partenariat public – société civile, le réseau s’est rapproché de d’administration pour pouvoir travailler avec elle. Le rôle de la société civile aussi, c’est de faire remonter les besoins de la population, les écarts qui sont observés, pour que l’administration puisse en tenir compte.

Sylvie Siyam, présitente du Gorée Tic
Journalducameroun.com)/n
À LA UNE
Sondage

Un candidat de l'opposition a-t-il une chance de gagner la présidentielle 2018 au Cameroun?

View Results

Loading ... Loading ...
Retour en haut