Personnalités › Success Story

Tabu Ley Rochereau s’en est allé

Le chanteur est décédé le samedi 30 novembre à Bruxelles en Belgique à l’âge de 73 ans

Le célèbre chanteur congolais était dans le coma depuis plusieurs jours. Selon son fils Charles Tabu. Tabu Ley Rochereau est mort de suite de diabète après avoir été terrassé par un accident vasculaire cérébral (AVC) il y a plus de deux ans. Selon la famille, les obsèques seront organisées le 9 décembre à Kinshasa. L’arrivée de la dépouille et des enfants (du chanteur) est prévue le 7 décembre et l’enterrement le 9 décembre, a déclaré Jean-Claude Muissa, beau-fils de l’artiste. Tabu Ley sera enterré dans la commune de la Nsele, en périphérie de Kinshasa, a précisé M. Muissa. Tous les officiels présents à Kinshasa y seront. Plusieurs délégations étrangères sont également attendues, a-t-il ajouté.

Né à Bandundu-ville en novembre 1940, Pascal Tabu Ley marque ses premiers pas dans la musique en chantant à l’église puis dans les chorales des établissements scolaires qu’il fréquente avant de rejoindre, en 1959, l’Éducation nationale du Congo. S’en suivi alors une carrière de fonctionnaire, d’abord comme secrétaire administratif au Fonds du Bien-être indigène puis en tant que responsable administratif et financier à l’Athénée de Kalina (l’actuel Institut de la Gombe). C’est dans les années 1950 que le Seigneur Tabu Ley Rochereau commence à s’intéresser véritablement à la musique en composant quelques chansons. En 1956, il participe à une séance d’enregistrement avec le musicien Grand Kalle (Joseph Kabasele). C’est le début de sa carrière: Tabu propose ses chansons à l’African Jazz, qui l’engage. Il prend alors son nom de scène de Rochereau. Ses premiers titres, comme Kelya, Adios Tété et Bonbon sucré le font connaître du public. Il est alors proche du Mouvement national congolais de Patrice Lumumba. Il quitte l’African Jazz et rejoint l’orchestre Jazz Africain en novembre 1960, puis crée la formation African Fiesta Flash en 1965. Il y composera, entre 1964 et 1968, près de 200 chansons. L’orchestre se rend à Brazzaville puis à Montréal à l’occasion de l’exposition universelle de 1967.

En 1956, il chante avec Grand Kalle, un chanteur et chef de groupe, considéré comme le père de la musique congolaise moderne. C’est alors le début d’un succès fulgurant pour celui qui prend le nom de scène de Seigneur Tabu Ley Rochereau. Comme son mentor, Rochereau va apporter avec son orchestre l’African fiesta National beaucoup d’innovations dans la rumba congolaise. On lui attribue notamment l’adoption de la batterie. Une mode qui entraînera la création de plusieurs orchestres comme les Bella Bella des frères Soki. Très inspiré par la pop musique et le rythm and blues des années 1960-1970, Rochereau n’hésite pas à se produire sur scène avec des pantalons «patte d’éléphant» et coiffure Afro. Il est le premier chanteur africain à se produire à l’Olympia. Pas toujours d’accord avec les methodes de l’ancien président Mobutu Sese Seko, il s’est ensuite exilé aux États-Unis puis en Belgique, d’où il prend parti contre la dictature de Mobutu.Après la chute du régime, il revient au Congo et se lance dans la vie politique tout en poursuivant ses activités artistiques. Il a été nommé député à l’Assemblée consultative et législative de transition et a exercé en 2005, les fonctions de vice-gouverneur de la ville de Kinshasa.

En 2012, lors de ses 72 ans d’âge, Tabou Ley a été décoré à Kinshasa, par le Chancelier des ordres nationaux, de deux médailles d’or dont une de mérite civique et l’autre des arts, sciences et lettres, en signe de récompense pour ses nombreuses uvres artistiques qui ont valorisé la culture congolaise à travers le monde. En 46 ans de carrière, Tabu Ley a composé plus de 3 000 chansons et vendu plusieurs milliers de disques. Quatre de ses fils, Pegguy Tabu, Abel Tabu, Philémon et Youssoupha, ont percé dans le milieu de la musique en tant que chanteur, compositeur.

À LA UNE
Retour en haut