Mission économique et commerciale en Afrique Centrale : les entreprises camerounaises appelées à s’inscrire

Après une première mission économique et commerciale en mars 2022 en Asie, l’OIF organise une deuxième mission de ce type, cette fois-ci pour l’Afrique centrale.

L’événement est prévu du 06 au 08 juillet 2022 à Libreville au Gabon et du 11 au 13 juillet 2022 à Kigali au Rwanda.

Cette mission économique et commerciale que conduira le Secrétaire Général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo, donnera l’occasion à une centaine d’entreprises et acteurs économiques des régions francophones d’Afrique, d’Europe, d’Amérique du Nord, d’Amérique latine, d’Asie, du Pacifique, et de l’Océan Indien, de prospecter les marchés Gabonais et Rwandais, de faire les affaires et de resauter avec entre 200 et 250 partenaires potentiels de ces deux pays.

Les secteurs d’intérêt de cette mission économique et commerciale sont l’agro-industrie, les énergies renouvelables et les services numériques.

Les participants auront l’occasion de prospecter ensemble des marchés, de discuter d’affaires et de réseauter avec plus de 250 partenaires potentiels gabonais et rwandais, principalement dans les trois secteurs d’activité suscités.

Les entreprises camerounaises des secteurs public et privé désireuses de prendre part à cette mission économique peuvent télécharger le formulaire d’inscription sur le site de la francophonie.

Le choix du Gabon et du Rwanda est jugé stratégique selon l’OIF. « Le Gabon et le Rwanda se distinguent par la volonté qu’ils ont en partage d’accélérer la transformation et la diversification de leurs économies en misant sur le développement des investissements publics et la mobilisation des investissements étrangers ».

« Occupant des positions géographiques stratégiques au centre de l’Afrique, ces pays représentent de nombreuses et prometteuses opportunités d’affaires et d’investissement pour les entreprises francophones à la recherche de portes d’entrée dans une Afrique de plus en plus intégrée avec la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) ».

Cameroun – Covid-19 : Emile Bekolo donne des clés de restructuration financière des entreprises en difficulté

Le coup d’accordéon pour la restructuration financière des entreprises en difficulté en période de crise

Les pertes cumulées enregistrées par les entreprises au cours des exercices financiers passés n’ont pas que des conséquences néfastes sur les capitaux propres qu’elles détériorent, mais elles ont aussi un impact négatif sur l’image de l’entreprise et sur sa crédibilité vis du marché et des parties prenantes (stakeholders).

 La crise du coronavirus avec son lot de confinements, de fermetures des frontières, et de mesures barrières, sans compter la mortalité, est venue aggraver les situations financières déjà mauvaises des entreprises. Cette crise a causé aux entreprises, une baisse du chiffre d’affaire, une augmentation des charges, une baisse de productivité, dont le corolaire est l’accumulation des pertes financières et les tensions de trésorerie.

Pour faire face à cette situation, les entreprises sollicitent l’aide et les appuis financiers de l’Etat, mais cela ne peut pas suffire pour leur éviter la faillite, car les Etats ont des ressources financières encore plus limitées en période de crise, et ils doivent faire face aux nombreuses sollicitations des populations elles aussi en détresse sur le plan sanitaire, social et économique. En conséquence, les actionnaires et les dirigeants des entreprises privées et publiques en Afrique doivent prendre leurs responsabilités en décidant et en mettant en œuvre des programmes de restructuration audacieux pour la survie et la pérennité de leurs entreprises.

 L’une des mesures de restructuration financière qui pourrait être mise en œuvre par les entreprises en situation de pertes cumulées dans le contexte actuel serait l’ « opération du coup d’accordéon ». Cette opération de restructuration financière serait réalisée en deux phases. Premièrement, effectuer une réévaluation libre des immobilisations de l’entreprise telle que le permet le droit OHADA.

Cette réévaluation donne la possibilité à l’entreprise de mettre ses immobilisations après inventaire, à la valeur actuelle et de dégager une plus-value (écart de réévaluation libre). Cette dernière est imposable lorsque l’entreprise n’a pas de pertes fiscales reportables, et n’est pas distribuable aux actionnaires, mais, a l’avantage d’être « capitalisable » pour les actionnaires. Deuxièmement, l’entreprise procédera à l’absorption de ses pertes cumulées par la diminution de son capital social, suivie immédiatement d’une augmentation du capital social par l’incorporation de l’écart de réévaluation libre et éventuellement du compte courant associé (s’il y en a).

 Au terme de l’opération de restructuration financière par le mécanisme du coup d’accordéon, l’entreprise présentera un bilan nettoyé des pertes cumulées, et des immobilisations inscrites à leur valeur actuelle et non plus à leur coût d’acquisition. Ainsi, l’entreprise sera plus attrayante pour les investisseurs et plus « bancable » pour les prêteurs.

Il serait intéressant pour les dirigeants des entreprises privées et publiques établies dans l’espace OHADA d’étudier avec l’aide de leurs conseils, l’opportunité de réaliser une restructuration financière pour amorcer le redressement de leur entreprise.

Par ailleurs, durant cette période de pandémie, les Etats ne devraient pas se contenter de donner des subventions à fonds perdus aux entreprises en difficultés, mais plutôt les soutenir par la mise en œuvre de mesures facilitant les restructurations financières, telles que la non-imposition de la plus-value (écart de réévaluation) dégagée lors de la réévaluation même libre des immobilisations.

Emile C. BEKOLO, Expert-Comptable

Le 31 mars 2021

Cameroun : vers une mutation du Bureau de mise à niveau des entreprises en établissement public administratif

Jusqu’ici financé  sur fonds C2D du gouvernement français, ce programme ne devrait pas bénéficier des mêmes attentions en matière de financement au cours du 2e triennat. L’une des options qui s’offrent à lui est de devenir un établissement public administratif subventionné par l’État du Cameroun.

L’examen du budget 2020 du Bureau de mise à niveau des entreprises a meublé une bonne partie des travaux des 28ème et 29ème sessions de son Comité de pilotage ce 22 décembre 2020 à Yaoundé.

Le Pr Isaac Tamba, Directeur général de l’Economie et de la Programmation des investissements publics au Ministère du plan et de l’aménagement du territoire  (Minepat), renseigne que le BMN jusqu’ici financé  sur fonds C2D du gouvernement français, ne devrait pas bénéficier des mêmes attentions en matière de financement au cours du 2e triennat. D’où la nécessité pour le BMN d’explorer de nouvelles sources de financement, dans l’optique de pérenniser ses activités de mise à niveau des entreprises dans le pays. L’une des options qui s’offrent à cette structure, a-t-on appris,  est de devenir un établissement public administratif subventionné par l’État du Cameroun.

Outre les questions budgétaires, les travaux des 28ème et 29ème sessions de du Comité de pilotage de la BME ont été également dédiés au mode opératoire du Programme national de mise à niveau,  à l’organisation de la première édition des journées de mise à niveau dont les préparatifs sont en cours.

Des journées porte-ouvertes qui vont regrouper des experts, de centaines de chefs d’entreprises pour échanger sur les enjeux, les pratiques et les expériences en matière de mobilisation des équipes et de construction des dynamiques collectives.  Mieux, ces journées portes ouvertes devront  permettre aux entreprises camerounaises de bien affronter la concurrence étrangère, surtout dans un contexte de marasme économique mondial amplifié par la pandémie de Covid-19.