Lettre ouverte: « Dr Mathias Eric Owona Nguini battez un tam-tam humaniste »

Vincent-Sosthène Fouda-Essomba, Socio-politologue

Dr Mathias Eric Owona Nguini, j’ai mal à mon sens de l’humanité lorsque je vois des images qui nous viennent du Gabon voisin, des femmes déshabillées, des jeunes à genoux sous la menace de la mitrailleuse, cette odeur de sang, de chair humaine qui brûle, ces cadavres ensanglantés !

Ce sont des crimes perpétrés contre des hommes, des femmes, des enfants les plus démunis d’entre nous par les plus forts, surarmés. Je voudrais d’abord exprimer ma compassion à toutes ces familles, à ce peuple en larme. Je suis là, n’en déplaise à ces intellectuels dans l’obscurité et le refus de la prise de position : l’inhumaine souffrance n’a pas de nationalité, de culture ou de religion ; elle n’a pas d’ethnie, de partie politique, de région ou de département : elle est universelle, et, parfois, je me sens, à entendre ces cris déchirants, couvert de honte.

Aussi, une interrogation, non moins lancinante, me vient-elle, en ces jours mortifères, à l’esprit : où êtes-vous donc aujourd’hui pour condamner ces meurtres, vous qui êtes toujours prompts à fustiger les crimes ceux, dites-vous perpétrés par la communauté internationale en Afrique, à juste titre certes, mais à la notoire et irrationnelle exception de ceux perpétrés par ceux que vous soutenez aveuglement sur le peuple qu’ils sont sensés servir ? Un injustifiable, par la plus incompréhensible des indignations sélectives, « deux poids, deux mesures » !

Ainsi aimerait-on vous entendre dénoncer publiquement, au nom même de ces principes universels que vous n’avez cesse de revendiquer, la suspension d’Internet, des réseaux sociaux par le gouvernement du président Ali Bongo Ondimba, l’incarcération des manifestants pour la démocratie, le gazage permanent des leaders de l’opposition réfugiés au quartier général de monsieur Jean Ping !

Répondre à la barbarie par la barbarie n’est guère une solution ; cet engrenage ne fait qu’attiser la haine et exacerber ce conflit ! Césaire disait que l’indépendance se paye en sang et en cadavre certes mais le peuple gabonais n’a-t-il pas déjà payé le prix de sa libération ?

Votre silence, en cette triste circonstance, est aussi assourdissant, paradoxalement, que celui, tout aussi coupable, des autres intellectuels dans la sous-région. Qu’attendez-vous donc ? Le réveil des bêtes sauvages comme Amadou Kourama attendant le vote des bêtes sauvages ? Ne soyons pas l’antimodèle dont parle Fabien Eboussi Boulaga dans Lignes de résistance, oui ne soyons pas celui qui usurpe son nom et son statut, ne soyons pas ceux qui « parlent comme des livres » et deviennent amnésiques et muets face à ce drame qui se joue à nos portes.

Fous-t-en Nguini de ton nom dépouillé de l’onction paternelle, laisses dire tes maîtres ; Quittes les bancs et retrousses tes manches.

La faiblesse de Nguini – dirais-je l’erreur ? – est d’avoir une vue a priori du problème.

Mais où est Nguini ? Quel est cet éblouissement, quelle est cette contemplation extatique devant ce que tu nommes « l’Oligarchie Néo-coloniale qui construit le Système institutionnel et Gouvernant PDG-Bongo au Gabon » !

Nguini c’est quoi ce discours quand des hommes, des femmes, des enfants tombent parce qu’ils revendiquent leurs droits les plus élémentaires ?

Un humaniste digne de ce nom se doit de dénoncer, tel un impératif catégorique, le crime d’où qu’il vienne, sans se laisser enfermer en un quelconque esprit partisan, ni manichéisme ou dogmatisme, ni école ni maitre.

Dr Mathias Eric Owona Nguini, mon invitation n’est point un nid de guêpes, ce n’est non plus un bouquet de roses d’où tu ne devrais que humer le doux parfum, non c’est une invite à faire preuve d’honnêteté intellectuelle, de courage moral, de noblesse d’âme et de lucidité : élevez-vous au-dessus des partis, des salles de cours, prenez de la hauteur et condamnez le crime, même lorsqu’il provient de votre famille ; surtout quand il est commis par vos amis, vous en sortirez grandis, et le monde vous en saura gré !

Oui en vous, je sens ces forces de surrections, d’insurrection et de créativité dont cette partie du continent aliéné a un besoin vital. Ne vous soumettez point, ne vous défilez point devant une pseudo-révolution pré-électorale ou encore moins devant un sombre héritage dont les deux protagonistes ne seraient que de dignes héritiers !

Parlez un langage que votre auditoire n’a point besoin de décoder, battez le tam-tam car jamais ce que vous dites comme l’affirme Paul Eluard, ne saurait être une erreur (de compréhension) les mots ne mentent pas. Commandez au peuple d’exister, faites-vous démiurge venez à ce pays vôtre à votre peuple, pour paraphraser Césaire, dites-lui : Embrassez-moi sans crainte. « Et si je ne sais que parler, c’est pour vous que le parlerai ».

Renversez la pyramide épousez le nouveau paradigme faites de votre bouche la bouche « des malheurs qui n’ont point de bouche » de votre voix « la liberté de celle qui s’affaissent au cachot du désespoir ». Venez Mathias Eric Owona Nguini, venez en homme du peuple et dites à vous-même comme dans un soliloque « surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l’attitude stérile du spectateur, car la vie n’est pas un spectacle, car une mer de douleurs n’est pas un proscenium, car un homme qui crie n’est pas un ours qui danse. »


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L’animisme pour rendre à l’homme son humanité selon Gaston Paul Effa

Dans son dernier livre «Le Dieu perdu dans l’herbe» paru aux éditions Presses du Châtelet, l’auteur camerounais évoque sa rencontre avec l’animisme, auquel l’a initié Tala, une guérisseuse pygmée

«Auprès de mon arbre, je vivais heureux», chantait le poète Brassens qui savait transmettre les émotions profondes suscitées par la nature en général et les arbres en particulier. S’il pleut trop à Paris, s’il ne neige plus demain sur le mont Kilimandjaro ou si le troupeau pastoral se meurt en Ogaden et au Sahel, ne blâmons pas les cieux comme le faisaient nos ancêtres. Ce n’est pas la nature qui déraille. C’est l’homme moderne qui a oublié les lois du vivant et, par démesure et inconscience, provoque pollutions, gaspillages et écocides en tous genres.

A l’heure où la recherche à tout prix des profits dévoie totalement la planète, il serait temps de prêter attention à ceux qui ont inventé des écosystèmes viables et des manières de vivre si différentes de celles du consommateur globalisé que nous sommes devenus. Des alternatives existent mais, pour les atteindre, il nous faut d’abord changer de paradigme et amorcer une transformation intérieure. Le romancier et philosophe camerounais Gaston-Paul Effa a emprunté pour nous ce chemin en allant quêter la sagesse millénaire des peuples antiques.

Indispensable initiation
Fils de féticheur, confié à des religieuses alsaciennes installées au Cameroun qui l’envoyèrent poursuivre ses études à Strasbourg pour en faire un prêtre, Gaston-Paul Effa finit par abandonner la voie religieuse et se fit professeur de philosophie. Dans son dernier livre au charme énigmatique Le Dieu perdu dans l’herbe (ou L’Animisme, une philosophie africaine, éd. Presses du Châtelet), l’auteur évoque sa rencontre avec l’animisme, auquel il a été initié par Tala, une guérisseuse pygmée : «Plusieurs saisons, je m’étais immiscé dans l’intimité du peuple pygmée, comme on s’enfonce dans le paysage familier de la terre natale, avec un sentiment aigu de participation à la nature profonde de l’être au monde.»

Au c ur de la plus épaisse des forêts, Effa va se laisser prendre par la main pour réapprendre tout. Et surtout réactiver ses sens, car tout passe par les sens et non par la raison. S’asseoir dans l’herbe sans appréhension ni précipitation. S’adonner au silence pour remonter à la source d’une parole vivante et d’une relation respectueuse et sensible au monde et à soi-même. « Chez nous, les Pygmées, il ne suffit pas d’être au monde, il faut apprendre à naître. Nous appelons cela l’initiation. »

Loin du traité aride et jargonnant, Le Dieu perdu dans l’herbe fourmille d’évocations sensorielles et poétiques, de conseils pratiques, de proverbes éloquents et d’anecdotes touchantes.

Au fil de la lecture, une idée se fait jour : si l’humain est responsable de la situation dans laquelle nous sommes, ce même être humain est en capacité de donner en partage le meilleur de lui-même, surtout dans l’adversité. Ce qui nous fait le plus défaut, c’est une doctrine ou une philosophie politique à même de prendre le relais des grands discours de la modernité – libéralisme, socialisme, anarchisme, communisme, etc. – tout en plaçant au centre du débat la finitude de notre planète et la nécessité absolue de lutter contre la part sombre de l’homme, le désir de toute-puissance que les Grecs nommaient hubris.

Affranchir l’homme de ses démons
L’animisme pourrait-il remplir ce rôle ? Effa répond par l’affirmative. Ni religion ni philosophie, l’animisme est une compréhension neuve et fine de la nature. Un art de vivre, une invitation à penser sans raison, une pratique quotidienne qui nous apprend à mieux habiter le monde. L’animisme est surtout synonyme d’initiation, d’éveil de l’être tout entier qui ne passerait plus seulement par la raison. Face à notre monde agité et chaotique, l’animisme de Tala déploie sa tapisserie, nous invitant à retrouver l’aspect essentiel des choses, à réapprendre les gestes les plus simples comme respirer, contempler, imaginer, donner du temps au temps.

Instaurant un dialogue entre la philosophie occidentale et cette philosophie pratique d’inspiration pygmée, Gaston-Paul Effa décentre la perspective : et si une nouvelle révolution était en marche ? Et si, contrairement à l’idée reçue, c’était la Nature qui achevait d’humaniser l’homme. Longtemps ignorée, méprisée, cette pensée animiste – considérée par certains ethnologues comme le stade inférieur de l’évolution religieuse – pourrait nous servir de boussole. Mieux, en remettant l’homme à sa juste place, elle pourrait affranchir l’homme de ses démons et sauvegarder la planète.


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«Yes we Khan»

Par Michel Lobé Etamé, journaliste

Sacrés Anglo-Saxons! Ils nous étonneront toujours par leur flegme légendaire, leur capacité à déjouer les pronostics et les sondages. Qu’ils soient du Royaume-Uni ou des nouveaux mondes, ils écrivent l’histoire de l’humanité et font fi aux esprits rétrogrades de la vieille Europe accrochée à ses privilèges de l’esclavage et de la colonisation. Ils brisent les codes de domination des races et des religions. Pour preuve : les anglais viennent d’élire un maire d’origine pakistanaise pour diriger Londres, la plus grande ville occidentale, malgré une campagne haineuse, nauséabonde et discriminatoire.

Cette élection nous ramène des années en arrière avec Barack Obama que l’Europe ne voulait pas voir à Washington.

Le nouveau maire de Londres prendra bientôt ses fonctions. La terre n’arrêtera pas de tourner. Ce britannique issu des milieux populaires a su convaincre l’électorat par un discours de rassemblement, d’espoir, et d’unité. La peur brandie par le camp adverse n’a pas eu l’effet escompté. Cette campagne haineuse s’est révélée contreproductive. Les londoniens, progressistes et vaillants, ont su résister à la diatribe stérile et malfaisante de ceux qui continuent de se tromper de siècle. On est anglais et peu importe les confessions religieuses ou la race.

« Yes we Khan »
L’élection de Sadiq Khan, comme l’a souligné l’expert Tony Travers, de la London School of Economics (LSE), est un «remarquable signe du cosmopolitisme » de Londres, « ville monde » dont 30% de la population est non blanche. Sadiq Khan s’est inspiré du slogan désormais célèbre de Barack Obama. Son slogan « Yes we Khan » est révélateur de ses ambitions pour sauver un Parti travailliste en perte de vitesse.

Sadiq Khan est avant tout un anglais. Musulman pratiquant, il a su résister aux attaques de ses adversaires qui le discréditaient en le qualifiant de « radical ». Mais, l’élection de Sadiq Khan est surtout un symbole pour les minorités qui doutent.

La République de l’égalité des chances
Le monde libre a digéré les victoires électorales de Barack Obama. Un climat de tolérance s’est installé, malgré tout, aux Etats-Unis. Rien ne saurait freiner cette marche vers le vivre ensemble.

La mondialisation suit son chemin. Certes, le combat est long et semé d’embûches. Un combat où les pièges et les barrières s’érigent tous les jours. L’élection de Sadiq Khan est une preuve que l’intégration des minorités est possible. Grâce à des politiques sociales et des campagnes d’éducation et de sensibilisation en cours, les britanniques ont pris conscience de l’apport des minorités dans la vie économique et sociale du royaume. L’égalité des chances prônées trouve ici son aboutissement.

L’élection de Sadiq Khan est aussi un pied du nez aux médias français. Ils n’ont pas arrêté de relayer la campagne calomnieuse menée contre le nouveau maire de Londres sur ses origines modestes, sa religion et son prétendu radicalisme.

Un maire issu des minorités à Paris ? A l’heure actuelle, ce scénario n’est pas envisageable.

La question divise et dérange la classe politique dans l’hexagone. C’est même un véritable outrage. La couleur de la peau, la religion et la position sociale d’une personne issue des « minorités visibles » constituent encore un lourd handicap dans notre société.

La période coloniale française a pourtant vu un maire noir à Paris et ministre de la République (Severiano de Heredia) en 1879 et un président du sénat (Gaston Monnerville). La France d’alors faisait preuve de tolérance. L’intégration totale et réelle était au centre des préoccupations des politiques. C’était la République de l’égalité des chances, une période où l’on parlait de la France avec fierté et où les calculs électoralistes ne venaient pas assombrir le pays des droits de l’homme.

Le climat social s’est dégradé en France avec la montée des populismes. Une France décomplexée se permet de tout dire à travers les réseaux sociaux et les médias. Une minorité d’esprits chagrins, mais très influents, puisent toujours dans la théorie des races supérieures chère au siècle des lumières. Les politiques, au nom de la libéralisation de la parole, en profitent pour jeter l’opprobre sur les minorités. Au nom de la lutte contre les communautarismes, certains politiciens ont oublié l’essentiel : la lutte contre le chômage, la précarité, le vivre ensemble et la santé du citoyen. Ils font de ce thème leur credo de campagne.

La société a inconsciemment créé des citoyens de seconde zone. L’ascenseur social s’est crispé. Dans une période d’incertitude, la situation des jeunes issus de l’immigration s’est nettement dégradée. Les campagnes de CV anonymes n’ont fait qu’amplifier la « descente aux enfers » des jeunes diplômés qui gonflent malgré eux les rangs des emplois à la sécurité. Cette discrimination est un élément de déséquilibre social et facteur de désespérance. La France décomplexée devrait être celle qui pense, construit, propose, invente, innove et offre les mêmes chances à tous ses enfants.

Nous sommes passés de la préférence nationale à la préférence raciale ou religieuse. C’est ce qui explique le climat social actuel où beaucoup se sentent exclus. Nous devons briser ce plafond de verre qui plane sur les têtes pour libérer toutes les énergies dont la France a besoin.

Michel Lobé Etamé.
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Cameroun, commémorer l’abolition de l’esclavage c’est espérer à l’humanité.

Par Vincent-Sosthène Fouda, Président du Mouvement camerounais pour la social-démocratie (M.C.P.S.D)

De la traite négrière sont nés des peuples nouveaux, des religions syncrétiques, des cultures nouvelles, commémorés la fin de l’esclavage, le reconnaître comme crime contre l’humanité, c’est posé tous les jours les jalons d’un monde libre. L’Afrique en général et le Cameroun qui a connu des comptoirs de marchés d’esclave devrait être pionnier dans cette commémoration.

Commémorer l’abolition de l’esclavage c’est espérer à l’humanité, c’est porter au firmament de nos vies toutes celles et tous ceux qui ont souffert de la traite transatlantique, 70 millions d’hommes et de femmes à la verdeur de l’âge, qui furent arrachés de leurs terres, de leurs racines, déportés au loin parce qu’ils étaient différents, voilà pourquoi cette traite est un crime contre l’humanité parce qu’elle a avili la part d’être éternel que nous avons en chaque être humain.

Commémorer c’est dire avec Frantz Fanon que « je ne suis pas esclave de l’esclavage, qui déshumanisa nos pères » oui je parle avec Aimé Césaire des « millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme. » Si l’esclavage fut une véritable plaie qui souilla notre humanité, aujourd’hui le passer sous silence c’est encore pire que ce que subirent ces millions d’hommes et de femmes.

Je voudrais dire avec Gaston Monnerville que « l’esclavage des Noirs n’était qu’une des formes de la servitude humaine. Des formes de servitudes ont disparu ; d’autres sont nées qui pèsent lourdement sur l’humanité. Tant il est vrai que le progrès lui-même crée ses servitudes. » Alors ensemble gardons la lampe allumée celle qui a jailli de ce cratère et qui illumine le monde de sa lueur, oui faisons que cette flamme ne s’éteigne plus jamais.

Regardons ensemble le monde qui nous entoure, souvenons-nous de l’American anti-slavery society, avec son président William Lloyd Garrison, souvenons-nous du travail fait par la presse et l’organisation de conférences publiques véritable chemin de la propagande abolitionniste qui utilisait le témoignage d’anciens esclaves mais aussi la fiction (La Case de l’oncle Tom) pour toucher un large public.

Souvenons-nous du travail de Frederick Douglass, de Angela Davis, de Harriet Tubman, plus proche de nous de Christiane Taubira qui pendant des décennies a porté ce combat dans le monde francophone auquel beaucoup de pays africains sont liés. Je voudrais terminer avec Fanon en disant que je ne veux qu’une seule chose, dans ce souvenir, « que jamais l’homme ne domine l’homme ».


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Le Cameroun présélectionné pour abriter le monument le plus haut d’Afrique

En lice également, le Ghana, le Nigéria, la Tanzanie veulent conquérir la « Mother of humanity monument »

Le sujet a été mis en évaluation entre le Premier ministre camerounais Philémon Yang et les représentants des trois structures américaines porteuses du projet, en février dernier, à Yaoundé. Etaient présents à cette rencontre, le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, le ministre des Domaines et des Affaires foncières, le secrétaire général du ministère du Tourisme, et les ONGs américaines porteuses du projet dont Ark Jammers connexion, Nijat international et LLC.

Le Cameroun est en lice avec trois autres pays: le Ghana, le Nigéria, la Tanzanie. La « Mother of humanity monument  » sera construit en bronze, sur 29 étages, s’élevant sur 95 mètres et sur un site d’environ 80 hectares.

Le projet a été initié par Nijart International, LLC et Ark Jammers. Ces entreprises américaines sont en mission d’évaluation des potentiels sites pouvant abriter le monument au Cameroun.

Le monument-immeuble représenterait un signe de reconnaissance de l’Afrique comme berceau de l’Humanité. Le Cameroun présenterait donc plusieurs atouts par rapport à ses concurrents. Diversité climatique, géographique et culturelle qui fait du pays le Cameroun, l’Afrique en miniature.

Le projet « Mother of humanity monument  » sera donc réalisé en cinq ans après le choix final du pays devant l’abriter.


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Vers la création d’un monument de l’humanité au Cameroun

La Mother of humanity Foundation effectue une visite d’évaluation sur le territoire national. Objectif, juger de la possibilité de choisir le Cameroun pour abriter ledit monument

Une un monument construit au Cameroun pour commémorer l’origine de la civilisation. Telle est la raison du déplacement des délégations des organisations « Mother humanity foundation », « Nijert international » et « House of Nijert ».

Les trois organisations sont récemment arrivées à Yaoundé pour évaluer la candidature du Cameroun pour abriter le monument « Mother of humanity monument ».

Ledit ouvrage devrait représenter une femme africaine se tenant debout sur un globe avec à sa main gauche une plume, symbole de paix. Quant à sa main droite tendue, elle est signe de bienvenue. Hauteur totale du monument, 95 mètres pour 29 étages.

A travers cette infrastructure, Mother humanity foundation, Nijert international et House of Nijert entendent célébrer et reconnaitre l’Afrique comme le point de départ de l’humanité et par ricochet de toute civilisation. Une uvre qui qui consacrer la contribution de l’Afrique dans la construction du monde.


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Afrique: le murmure de la méditerranée: ode à ceux qui ont tout risqué et qui pour la plupart y sont restés.

Par Guy Moukouri

Nous venons de tous les coins vers ces terres d’exil, avec pour seul bagage le rien de nos cerveaux, la force de nos aspirations et le courage de nos rêves. Nous sommes le rien d’un absolu rêvant, promis à l’arbitraire et au hasard.

Entassés dans des bateaux de fortune, dans les soutes de trains, les soutes et trains d’atterrissage d’avions, nous traversons les mondes de nos mouvements perpétuels, comme vous le faisiez jadis, avec nos moyens d’aujourd’hui. Tournant autour du même axe, pour trouver un point de chute.

Certaines bouches expriment le rejet, la crainte de submersion et nourrissent le mouvement répulsif autour duquel se scelle nos destins noueux. Mais parfois, la tendresse d’un regard, la justesse d’un geste expriment notre humanité. chacun de nous porte l’autre en lui.

Acteurs isolés de théâtres encombrés de la multitude de déséquilibres planétaires, qui nous ont éloignés nos sources premières, nos sources primaires, nos terres nourricières, asséchées, qui de loin observent les hésitations de nos moindres gestes.

Hors de chez nous, horde chez vous. Chez vous, chez nous, personne n’emportera quelque portion de terre quand tout sera fini!

Les migrants par centaines en mer
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L’excision est un crime contre l’humanité

Message à tous les jeunes d’Afrique et d’ailleurs

À l’occasion de la Journée internationale de tolérance zéro face aux mutilations génitales féminines, le 06 février 2013, l’Organisation Jeunesse Africaine interpelle les jeunes de tous les pays afin qu’ils usent de leur tact et de leur détermination pour protéger les filles et les jeunes femmes et mettre un terme au cycle infernal de leur excision. En effet, l’excision et sa variance plus large connue sous le nom de mutilations génitales féminines (MGF), c’est l’ablation partielle ou complète des organes génitaux féminins. Les filles et les jeunes femmes soumises à cette pratique encourent, pour leur santé et leur vie, des risques énormes dont la transmission des maladies, les incommodités lors des relations conjugales, les complications lors des grossesses et des accouchements et même les décès sont les cas les plus répertoriés. Elles vivent donc un traumatisme physique et psychique indescriptible.

Historiquement, l’excision est une pratique instituée dans le but de soumettre la femme à la volonté de l’homme, guerrier et nomade par essence et régulièrement absent du domicile conjugal. La pratique a donc visé, dans un premier temps, à rechercher la fidélité de la femme par la suppression de son désir libidineux, avant de trouver plus tard une justification esthétique à l’effet de couvrir le mal. Devenu rite traditionnel, elle s’est répandue à travers les continents, et les jeunes femmes y ont été contraintes pour accéder au mariage et recevoir la bénédiction parentale, pendant que les garçons et les jeunes adultes, même ceux conditionnés par des traditions sédentaires et non guerrières, ont fini par y voir eux aussi la condition de la fidélité de leurs futures épouses.

Pourtant, les mutilations génitales féminines ne peuvent empêcher l’infidélité ou la disposition à un amour renouvelé. L’amour est un élan de coeur qui n’a rien à voir avec la sexualité. Ce qui empêche l’infidélité et agrandit l’amour au foyer, c’est la capacité de l’homme à rendre son épouse heureuse par la création d’un cadre et des conditions propices à son épanouissement intégral. D’ailleurs, dans certains pays de l’Afrique de l’est où ces pratiques ont pris les formes des rituels organisés par les politiques et reclamés par les femmes afin d’être comblées de cadeaux, on assiste à la montée progressive de l’infidélité, preuve que l’effet contraire s’est produit, dans la mesure où celles qui n’accèdent pas à l’équilibre conjugal se retrouvent en situation de le rechercher ailleurs. Vu sous cet angle, les mutilations génitales féminines sont, pour les hommes qui les défendent, des pratiques inappropriées au travers desquelles ils affichent leur incapacité à jouer pleinement leur rôle d’époux et à s’élever au-delà leur propre dépréciation de la nature et de la beauté de la femme. Pour les exciseuses, elles sont l’expression d’un aveuglement voulu, parce que fondamentalement masochiste et basé sur un désir latent voire patent de torturer cyniquement la jeune fille.

On ne peut surtout pas oublier que dans certaines communautés en Afrique, la pratique de l’excision et des MGF a fini par devenir une profession, de sorte que les femmes exciseuses n’attendent que la naissance des filles pour prospérer dans le métier. En se transformant en ordre professionnel, l’excision a volé à des générations d’épouses leur dignité et leur féminité. Elle a volé aux filles leur jeunesse et leur bonheur. Elle a complexifié les relations amoureuses et empêché pour toujours le partage de la joie de vivre dans les couples. Si rien n’est fait, cette pratique deviendra l’une des grandes sources de dislocation du tissu social en Afrique et ailleurs. Pour ce qui est du cas spécifique de l’Afrique, ce ne sont pas seulement ses civilisations nomades, guerrières et patriarcales qui sont à plaindre pour avoir imposé à la femme soumission et résignation. Les systèmes de gouvernement des États actuels, copiés qu’ils sont sous le modèle de ces civilisations, ont pêché par un grand manque de détermination dans la lutte contre les mutilations génitales féminines. Bon nombre de gouvernants africains voient encore dans la disparition de cette pratique le début de l’émancipation de la femme et redoutent sa conséquence immédiate qui est l’acquisition des libertés. Les femmes constituant la plus grande partie de la population africaine, le manque de détermination de ces États révèle la difficulté qu’ont les régimes peu démocratiques à s’accommoder d’une grande propension à la liberté. Dans cette perspective, les actions coordonnées des jeunes ciblant la fin de ce fléau en Afrique ne constitueront pas moins une contribution décisive à la réalisation de ce noble objectif qui est celui de la démocratisation du continent.

Maurice Nguepe
Journalducameroun.com)/n

Pour y parvenir, il urge de trouver le moyen de le stopper définitivement en faisant savoir aux exciseuses que si la fidélité est le but visé, les traditions africaines regorgent de nombreux enseignements permettant de garantir le bonheur et la pérennité des couples. En effet, il y a, dans toutes les campagnes et villes d’Afrique, des femmes âgées ayant pour mission d’éduquer la jeune fille qui va en mariage et de lui enseigner tous les aspects de la vie maritale à travers la révélation des secrets jusque-là tenus tabous. Dans le prolongement de cette tradition maritale, il faut travailler, dans les cercles familiaux, villageois, communautaires et sociaux, à remplacer le métier d’exciseuses par celui d’éducatrices des filles, et s’assurer que le salaire ou le perdieme de l’excision soit transféré à l’éducation. Il importe d’être, aussi bien pour les exciseuses que pour les époux, de bons pédagogues. C’est le moment de les aider, par les arguments ici présentés, à abandonner cette forme de violence aveugle, ce masochisme social déshumanisant.

On ne peut cependant pas manquer de reconnaître que tout comme l’Unicef qui adopta la convention relative aux droits de l’enfant, l’Union africaine a adopté en 2006 la charte de la jeunesse africaine dont l’article 20, alinéa 1 (a) précise l’intention des États membres d’ «éliminer toutes les pratiques traditionnelles qui portent atteinte à l’intégrité physique et à la dignité de la femme». Force est cependant de constater que dans les pays signataires de cette charte où des lois anti-excision ont par ailleurs été promulguées, la pratique s’est intensifiée dans la clandestinité, se frayant le chemin jusqu’aux portes de l’Occident, en Europe et en Amérique du Nord. La loi à elle seule ne suffisant plus, il revient à la jeunesse de prendre son destin en main en dénichant cette pratique dans tous les coins et recoins des villes et des pays, dans les cercles fermés des familles et des communautés ethniques où elle a encore droit de cité. Ce faisant, les jeunes femmes devront s’engager à devenir elles-mêmes des éducatrices pour leurs mères et leurs tantes exciseuses. Quant aux jeunes Africains et d’ailleurs, ils devront aller à la rencontre des sultans, lamidos, chefs traditionnels et autorités religieuses (imams, prêtres et pasteurs) porter leur message de non violence à l’égard des jeunes filles. La répétition, dans la génération présente, de la forfaiture des anciens et le transfert de celle-ci aux générations à venir sera la traduction de la trahison sans contredit de la mission de la jeunesse. Il faut y mettre fin. Car au demeurant, l’excision n’est-elle pas pour la femme ce qu’est la castration pour l’homme? C’est donc un crime contre l’être humain, un crime contre l’humanité.
Pour l’Organisation Jeunesse Africaine
Maurice NGUEPE, Secrétaire Général
Le 05 février 2013