«Payez la note, monsieur le président ! », par Pius Njawé

Editorial, publié au mois de mai 2010, deux mois avant la mort de l’auteur

Fin septembre 2000, les Lions Indomptables «espoir » décrochent à Sidney (Australie), la médaille d’or aux Jeux olympiques, contre toute attente (préparation bâclée). Alors que le match s’est joué vendredi 29 septembre, Paul Biya décrète le lundi 2 octobre férié, question de célébrer cette victoire que personne n’attendait. Voici l’éditorial que me suggéra à l’époque cette décision aux graves conséquences économiques :

 » Hérésies « 
Récidivistes, dirait-on dans le jargon judiciaire, pour qualifier les  » Lions » après le « coup fourré » qu’ils viennent d’administrer aux Camerounais, et particulièrement aux dirigeants sportifs, en se hissant aux faîtes de la gloire aux Jeux Olympiques de Sydney samedi dernier. Bien peu de Camerounais en effet, croyaient notre équipe  » Espoir » capable d’inscrire en lettre d’Or le nom de leur pays dans les annales olympiques. D’autant que malgré des exploits passés, nos dirigeants ne semblent pas avoir pris la juste mesure de nos potentialités, eux qui continuent à abandonner à leurs tristes sorts ces jeunes qui, dans toutes les disciplines sportives, n’attendent que le soutien légitime des pouvoirs publics pour exploser. Aucune volonté politique, sous-tendue par une politique sportive inscrite dans le temps et dans l’espace, ne laisse entrevoir hélas, vers quel port est placée la trajectoire de notre mouvement sportif. On peut alors comprendre l’hystérie subite qui s’empare des Camerounais, et surtout de leurs dirigeants, chaque fois que leur équipe nationale de football franchit le cap des quarts de finales dans une compétition. Ceux-ci sortent alors de leur sommeil et embouchent les trompettes d’un patriotisme auquel ils ne croient point. Multipliant des appels au soutien des autres et rarement des leurs. Et posant souvent des actes qui non seulement défient la logique sportive, mais encore sont lourds de conséquence pour le pays entier y compris son football.

La décision présidentielle de (faire de ce lundi 2 octobre un jour férié pour cause de victoire des  » Lions » aux Jeux Olympiques) participe justement de ses actes décousus que l’on prend à la hâte pour dissimuler les graves manquements gouvernementaux à l’endroit d’une équipe à laquelle on ne pense que lorsqu’elle nous interpelle par ses exploits. Le Cameroun a livré son match samedi à Sydney, c’est-à-dire dans la nuit de vendredi à samedi au Cameroun. Les Camerounais ont eu la moitié de cette nuit, la journée et la nuit de dimanche pour récupérer afin d’être d’attaque ce lundi matin dans leurs lieux de travail respectifs. Comment le petit imposteur d’Etoudi peut-il justifier alors ce férié qu’il nous fait tomber sur la tête en début de semaine ? Passerait encore si le match avait eu lieu hier dimanche. Et encore ! Au fait, imagine-t-on les Etats-Unis d’Amérique décrétant une journée fériée sur l’étendue du territoire américain parce que leur équipe de basket-ball, Sport-roi par excellence au pays de l’Oncle Sam, a battu la France en finale aux mêmes Jeux Olympiques de Sydney ? Ou même cette France faisant pareil au lendemain de sa victoire en Coupe du monde en 1998 ? Et pourtant ces pays, qui ne se permettent pas de telles hérésies, sont économiquement plus solides que nous.

Eh Oui ! Parce qu’il s’agit là de décision au coût économique extrêmement grave, les usines vont arrêter de tourner ce lundi pour cause de férié, à moins que les patrons paient les heures supplémentaires conséquentes; les services publics, douane et impôts compris, n’ouvriront pas aux usagers souvent interpellés par les exigences de temps, et l’argent n’entrera pas dans les caisses de l’Etat. Vendredi dernier déjà les gens ont quitté tôt leurs bureaux pour aller dormir afin d’être éveillés à l’heure où se jouait le match; mercredi prochain, les bureaux seront de nouveau désertés pour causes du match France-Cameroun qu’on promet de retransmettre en direct. Et si les « Lions » viennent à vaincre les « Bleus », jeudi risque d’être déclaré férié, et vendredi proclamé  » pont » pour le week-end qui commence samedi. Etant entendu qu’un autre « férié » nous attend le jour où les Lions retourneront au bercail. Monsieur Biya s’est-il déjà interrogé sur ce que coûtent à l’Etat, et à l’économie camerounaise ces décisions fantaisistes qu’il multiplie hélas ! Au gré de ses fantasmes, et au détriment de tout le pays? Qu’en disent les bailleurs de fonds auprès de qui il n’a cessé de faire la manche depuis bientôt 20 ans ? Le président ne croit-il pas avoir suffisamment ruiné le pays comme cela par sa gestion à l’emporte-caisse, au point de distraire si fréquemment les Camerounais de leur travail pour en faire des jouisseurs impénitents comme lui?

Que donc les organisations patronales sortent de leur léthargie pour rappeler à la raison le président. Par exemple en déduisant de leurs prochains impôts les manques à gagner consécutifs à cette semaine de « férié» qu’il nous impose. Peut-être comprendra-t-il enfin, lorsque Bretton Woods lui aura signifié qu’il n’a pas atteint les résultats escomptés, pour être admis à l’initiative Ppte, que les «férié payés» qu’il impose aux Camerounais au fil de nos victoires sportives ont un coût financier qui peut faire mal…. (Cf Le Messager N’ 1123 du lundi 2 octobre 2000). Dix ans après, le président remet ça ! Sans sourciller! Sacré, ce Biya qui a trouvé le moyen d’accorder à ses compatriotes un « férié chômé/payé» comme ils aiment tant, mais que bien peu de personnes attendaient pour hier lundi 24 mai. Mais au-delà de la joie compréhensible chez les employés et de la tristesse légitime que les employeurs éprouvent par rapport à cette décision présidentielle somme toute surprenante pour tous, il y a lieu de s’interroger sur la logique de la démarche de ce président qui n’a jamais raté la moindre occasion de pousser les Camerounais au chômage.

On nous dit que ce férié était initialement prévu pour vendredi dernier 21 mai, mais que c’est à cause du concours d’entrée en sixième, programmé de longue date pour ce même vendredi, qui a poussé le président à renvoyer son « férié » à hier lundi. Mais le ministre des Enseignements secondaires en retenant la date du 21 mai pour ce concours ne savait-il pas que c’était un lendemain de fête nationale, qui plus est, doublée cette année de la célébration des cinquantenaires, célébration dans laquelle écoliers et lycéens sont généralement impliqués jusqu’au cou ? Comment pense-t-il que des enfants, après pratiquement deux semaines d’absence aux cours, mais aussi de fortes agitations autours d’eux pour cause de préparation de défilés et autres retraites aux flambeaux, peuvent logiquement affronter dès le lendemain les épreuves d’un concours aussi délicat qui marque tout de même un tournant crucial dans leurs vies? Osera-t-on s’étonner à la fin que ces enfants n’aient pas donné le meilleur d’eux ? Plutôt que de sacrifier l’économie du pays, le président ne pouvait-il pas désavouer son ministre en décrétant le renvoi du concours pour lundi ? Et puis, même en maintenant ce concours pour le 21 mai, avait-il absolument besoin de décréter une journée fériée pour marquer la fin de la célébration de l’acte des cinquantenaires ? A-t-il pensé au coût économique de sa décision?

Ceux qui n’ont pas vécu le calvaire des « yaoundéens » durant les deux dernières semaines des préparatifs et de la célébration ne peuvent comprendre vraiment de quoi nous parlons ici. Mais on peut imaginer aisément ce que peut coûter à une économie sinistrée comme la nôtre deux semaines de paralysie consécutive au barrage des principaux axes routiers de la ville pour cause d’entraînement au défilé militaire et civil, puis d’accueil et de déplacements des hôtes de marque dans la capitale. Cela n’était-il pas largement suffisant pour qu’on se permette de décréter avec autant de légèreté un « férié chômé payé » quatre jours après que tous les lampions se soient éteints sur l’événement? C’est vrai que le président n’a jamais payé de sa poche un loyer, un domestique ou une facture d’eau et d’électricité, lui qui vit des deniers publics depuis qu’il a quitté les bancs, c’est vrai surtout qu’il n’a pas, qu’il n’a jamais eu les mêmes soucis de fins de mois comme nous autres qui, dès le 25 du mois, commençons déjà à nous demander comment boucler les salaires des employés. Mais tout de même ! N’a-t-il donc personne autour de lui pour attirer son attention sur le caractère antiéconomique d’une telle décision ? À moins qu’ils soient tous des jouisseurs impénitents qui aiment se délecter, se saouler des délices du pouvoir sans en assumer les servitudes.

À moins de ne pas éprouver les mêmes difficultés que nos petites structures, les organisations patronales que sont le Gicam, le Syndustricam, la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat, le Mecam, etc., devraient désormais prendre leur responsabilité non seulement en dénonçant, chiffres à l’appui, de telles mesures qui plombent l’économie nationale, mais aussi et surtout, en imputant les conséquences à leur initiateur qu’est l’Etat. En quoi faisant ? En défalquant sur les impôts du mois en cours les manques à gagner consécutifs au  » férié chômé payé » du 24 mai 2010. Et ce sera justice. Mais en auront-elles seulement le courage ? De grâce ! Payez la note, Monsieur le président !

Pius Njawé

« Le quotidien le Messager orphelin face au devoir d’inventaire »

Par Charles Ndongo, directeur de l’information à la télévision nationale (CRTV)

Ils ne peuvent pas attendre. Pas même que sèchent leurs larmes. En plus de s’accommoder de la brutale disparition de leur mentor, les héritiers de Pius Njawe doivent ouvrir, sans délai, le débat sur la survie du Free Media Group et son titre phare Le Messager. C’est leur premier vrai et grand test d’aptitude. Les lignes qui suivent participent d’une manifestation de soutien à ces orphelins. Le Messager, ce journal emblématique du paysage médiatique camerounais faisant désormais partie, d’une certaine manière, du patrimoine de la Nation, il ne faut pas s’étonner que, dans une démarche citoyenne, je me sente fondé à faire entendre ma voix.

D’abord, je pense à m’incliner devant la mémoire de ce héros hors pair de la Liberté que fut M. Pius Noumeni Njawe Mba Miaffeu Kwenkam III : que Dieu ait son âme ! Ensuite, j’imagine la violence du vertige pour son équipage, en plein vol, privé de son commandant de bord. Il n’y a rien d’autre à dire en de telles circonstances, sinon souhaiter pour la suite du voyage des temps moins lourds et des vents plus porteurs.
Au-delà, je ne prétendrais pas jouer à l’aiguilleur providentiel, parce que je connais peu l’entreprise que laisse M. Njawe et pas davantage la réalité de son environnement. Néanmoins, certains souvenirs et des archives peuvent bien inspirer une refondation éditoriale. La mort de son fondateur marque-t-elle la fin du «mythe Le Messager» ? Tous les amoureux de la liberté en sont à conjurer pareille perspective. Nombre d’entre eux, nous rassure-t-on, s’organisent pour prolonger et concrétiser l’exceptionnelle chaîne de solidarité constituée après le tragique accident du 12 juillet 2010. Un mouvement transnational, aussi spontané qu’inédit, qui a donné la mesure de la notoriété de Pius Njawe et de la portée historique de son uvre.

Le héros était fatigué
Pour autant, on doit à l’honnêteté de reconnaître qu’au moment où le destin interrompt la glorieuse épopée de Pius Njawe, Le Messager a atteint son apogée : la pluralité menace de banaliser le label ; la morosité plane au sein du groupe ; les projets (Freedom Fm, notamment) sont mort-nés ; le vague à l’âme gagne jusqu’au « patron » lui-même qui, à l’occasion, confesse sa lassitude. Bref, l’âge d’or n’est plus qu’un lointain souvenir, quand il «valait mieux avoir tort avec Le Messager que raison avec Cameroon Tribune» ! Qui ne se souvient de ces «années de braise» ? Le journal de Pius Njawe était attendu et accueilli à Yaoundé comme Le Monde à Paris. Véritable institution consacrée par l’opinion publique et la société civile internationale, Le Messager battait alors tous les records de tirage : 80 000, 100 000, voire 150 000 !!! Comment en est-on arrivé au déclin ? Si les salariés de M. Njawe montraient ce courage qui a caractérisé leur «boss», en le mâtinant de lucidité pour répondre à cette question, ils trouveraient, je le crois, les premières ressources pour remonter la pente. Même s’ils venaient à se réaliser, tous les soutiens annoncés n’auraient pas d’effet durable, sans ce recadrage qui passe par un inventaire exhaustif des options et politiques affichées jusqu’alors.
Il y a seize ans, en célébrant le quinzième anniversaire de ce qui était encore l’hebdomadaire Le Messager, Pius Njawe avait reçu et publié plusieurs opinions de lecteurs sur la perception de son journal. Cinq ans plus tard, j’attirais son attention, dans un article qu’il m’avait lui-même commandé en connaissance de cause, sur ces avis, en lui indiquant qu’il serait bien inspiré d’en tenir compte. Il n’en fit rien.

Relisons ces critiques, en osant à nouveau conseiller qu’elles ne soient pas balayées d’un revers de la main. D’abord quelques mots d’Emmanuel Noubissie Ngankam, un ancien collaborateur, qui regrette que Le Messager soit une «oeuvre gâchée, à cause du caractère patrimonial du journal qui l’a empêché de réussir sa mutation rédactionnelle après les années fastes 1990-1991 ». Puis, Dominik Fopossi, autre chroniqueur occasionnel, qui décrit Le Messager comme un « gros bébé bien fragile », tout en souhaitant que M. Njawe et son équipe se soumettent à un «questionnement sans complaisance du chemin parcouru». Dans la même veine, Célestin Monga, compagnon de front, estime qu’il est «utile de se remettre en question, même si on ne s’appelle pas Paul BIYA, car l’échec d’un pays n’est jamais l’affaire d’un seul individu et la délivrance nationale n’est pas non plus le fait d’un quelconque messie ». Quant à Henri Bandolo, maître en journalisme s’il en fut dans notre pays, il marque son «complet désaccord avec la ligne éditoriale de ce journal Le Messager qui s’affirme indépendant, alors qu’à travers ses colonnes s’exprime un militantisme ardent manifestement inspiré par des mobiles autres que le souci légitime de l’information et de la vérité ».

Les contraintes du modèle le monde
Cette plongée dégage encore ce coup de gueule d’un lecteur qui, s’excusant de son insolence à l’égard de Pius Njawe, explique la chute des ventes du journal par le fait que celui-ci a «abandonné son style formateur et informateur pour adopter la politique, le ton des rêveurs qui ont suivi leurs études à Paris, Londres, Los Angeles ou Moscou ; (.) ce journal a ligué les Bamiléké contre les Béti sous prétexte que Biya est le frère de ces derniers.» Opinion excessive, sans doute, mais révélatrice. La dernière trouvaille est le fait du fondateur du journal soi-même qui, dans son éditorial, réitère son objectif de «rester à l’écoute du peuple, tout le peuple, sans distinction aucune, pour un nouveau pacte scellé pour l’éternité.» Du Njawe pur jus : à cheval sur ses convictions et volontiers messianique ! Transposé au contexte du lendemain de sa mort, cet extrait du directeur de publication de regrettée mémoire n’a pas seulement valeur testamentaire ; c’est aussi la lanterne qui doit éclairer la route de ses héritiers. Ceux-ci paraissent-ils vouloir s’en servir ? J’en doute, au vu de la confusion qu’ils ont optionnellement créée et entretenue autour des circonstances de la tragédie du 12 juillet 2010 ; au vu aussi de ce cafouillage que les mêmes ont provoqué, concernant la place de l’oraison funèbre dans l’ordre des hommages à leur parrain.

Après tout, c’est du «Messager» qu’on aurait dû avoir la bonne information sur la mort de son fondateur. Au lieu de quoi, ce sont des thèses délibérément tendancieuses que le journal a servies à ses lecteurs, jusqu’à ce que M. Célestin Monga vienne simplement établir qu’il s’est agi d’un «terrible, malheureux et banal accident». Une telle attitude, de la part d’un quotidien qui s’est longtemps donné pour modèle son prestigieux confrère français Le Monde, n’est pas de nature à consolider sa crédibilité. Le code d’accès à cette crédibilité que rappelait sans cesse le maître Bandolo, c’est « la bonne information, celle dont l’authenticité et la véracité ont fait l’objet d’une vérification sérieuse. C’est aussi celle dont les faits sont présentés avec une rigoureuse exactitude, sans dénaturation, déformation ou falsification. C’est enfin celle dont le commentaire est honnête, dénué de toute volonté de provocation et d’intoxication, exempte de toute intention malveillante ». Il est bien dommage que dans la presse aujourd’hui ce code ne figure pas en tête de nos soucis!

Pareillement, la querelle sur l’ordonnancement des prises de paroles lors des obsèques de Babouantou a quelque chose d’irréaliste. Toutes les explications développées sur la relation conflictuelle entre M. Njawe et le gouvernement d’une part, et le caractère privé du deuil d’autre part, ne résistent pas à une observation froide de la situation. Le protocole est la clé de voute de toute cérémonie, quelles qu’en soient la taille et la nature. Plus une cérémonie draine du monde (en quantité et, à plus forte raison, en qualité), plus le protocole prend de l’importance. J’ajoute, plus l’autorité publique a le devoir de s’assurer que l’ordre et la sécurité prévalent de bout en bout. En démocratie, s’il est naturel de critiquer l’action de l’Etat, il est aussi de bonne pédagogie de reconnaître le rôle régulateur de l’Etat dont, en l’occurrence, le premier représentant régional est le gouverneur. Un journal qui a le rayonnement du «Messager», qui perd un directeur de la stature de Pius Njawe et qui organise des obsèques à la hauteur de ces deux paramètres, ne perd rien à coopérer pour une fois avec l’Etat, en concédant notamment à celui-ci la gestion des aspects protocolaire et sécuritaire qui sont les plus sensibles de l’organisation. Sinon pourquoi avoir accepté que ce Gouverneur, les ministres actuels et anciens, le représentant personnel du ministre de la Communication, les leaders des partis politiques, les opérateurs économiques et les autorités traditionnelles occupent les premières rangées des tribunes ?

Du Njawe sans Njawe ?
Or donc, par leur parti pris frondeur dans le traitement de l’accident du 12 juillet et les obsèques du 7 août, les orphelins les plus célèbres de la rue des Ecoles à Douala donnent déjà le ton de l’après Njawe. Sauf erreur d’interprétation des premiers signaux, ils entendent perpétuer l’esprit, la ligne et le style du Père-Fondateur. Inclination naturelle et normale que l’on comprend d’autant plus qu’elle cadre parfaitement avec notre bonne vieille tradition africaine. Le problème, c’est que par le passé, cette pratique éditoriale a révélé plus de menaces que d’avantages pour l’équilibre de l’entreprise. A la lumière de cette expérience, il peut y avoir comme une inconséquence à persévérer aveuglément dans cette voie. Et ce n’est nullement faire insulte à ces héritiers que de présumer qu’ils n’ont pas encore les épaules assez larges pour prétendre faire du Njawe sans Njawe !

Que je me résume : ces lignes sont une modeste contribution à la survie d’une oeuvre qui est fondamentale à la démocratie camerounaise, et donc chère à beaucoup plus de Camerounais qu’on n’en a vus autour de la dépouille de M. Njawe. Il s’agit de faire partager une réflexion à des professionnels dont certains ont bien plus d’expérience que moi, mais qui, le nez dans un guidon dont ils héritent sans y être spécialement préparés, peuvent n’avoir qu’un recul et une perspective limités. Le Messager se veut un titre sérieux. Par la force des choses, l’opiniâtreté et la foi de l’homme Njawe, il est devenu une référence. Il s’est donné une ligne éditoriale spécifique que son défunt Directeur lui-même avouait emprunter à Jean-Marie Colombani, ancien homologue du «Monde», et définie comme une «une information qui dérange les consciences assoupies et les consensus commodes, celle qui s’oppose à la communication complice des pouvoirs et ennemie des intelligences ».

Cette option a le mérite d’être claire et assumée depuis les origines par une figure exceptionnelle qui vient de tirer sa révérence. Alors que le journal rentre dans une zone de turbulences où l’incertitude d’un pilotage orphelin va accentuer la combinaison des contrariétés habituelles avec les difficultés qu’affronte la presse sous tous les cieux, il ne serait pas insensé de se débarrasser des nuisances qui parasitent son message. Que les héritiers les identifient donc et ne tardent point à opérer le nécessaire dépoussiérage. Et si telle est la condition de sa survie, pourquoi ne pas «dépiussiser» Le Messager ?

Cameroun: Pius Njawe repose désormais sous la terre de ses ancêtres

Le journaliste a été inhumé ce samedi dans son village natal dans l’ouest du pays

Village Babouantou ce samedi 07 août 2010. Nous sommes à Bafang dans l’ouest Cameroun. L’évènement du jour, c’est l’inhumation de ce fils et notable du village, Pius Noumeni Njawe, décédé le 12 juillet dernier aux Etats-Unis des suites d’un accident de la circulation. Arrivée et mise en place des invités dès 06 heures du matin et très vite, la place des cérémonies est bondée de monde. Amis, collègues, confrères, et autres membres de la famille et du village sont venus de partout à travers le monde pour accompagner le journaliste à sa dernière demeure. Dans l’assistance, ont peut aussi apercevoir plusieurs figures politiques, du parti au pouvoir comme de l’opposition. La première phase de la cérémonie sera le service cuménique, conduit par un collège de pasteurs.

S’en suit la très longue phase des témoignages qui verra se succéder au créneau les représentants de la famille, des enfants du défunt, des employés de Free Media Group, société éditrice du journal Le Messager, des hommes politiques dont Jean Michel Nintcheu du Social Democratic Front (SDF), ainsi que le chef supérieur Babouantou, Pierre Kalleu Mongue qui viendra trancher le débat quand au contexte de sa mort. Pour nous, notre fils est mort de suite d’un accident de circulation. On s’en tient à cette thèse a-t-il déclaré, avant la prise de parole de Albert Mbida, inspecteur général du ministère de la communication et représentant du ministre qui à l’occasion délivrera le message des condoléances du chef de l’Etat.

Célestin Monga interdit de discours
C’est la touche un peu sombre qui aura marqué cette cérémonie. Alors que le message du chef de l’Etat qui était censé mettre un terme à la phase des témoignages venait d’être lu, c’est alors que Célestin Monga, ami de longue date du défunt et reconnu pour ses prises de positions contraires au régime en place, se saisit du micro pour son hommage. Il n’aura pas le temps de dire un mot, que le gouverneur de la région de l’Ouest Ivaha Diboua lui avait arraché le micro. Une situation qui va immédiatement laisser la place à de vives tensions, échanges de propos virulents, allant jusqu’à la dénonciation de censure. C’est dans cette tumultueuse ambiance que la famille va donc se saisir de la dépouille pour procéder à l’inhumation, dans la stricte intimité. Erreur du service protocolaire ou crime de lèse majesté, le bien triste feuilleton suscite déjà de nombreuses interrogations, et peut être qu’il ne décrit finalement que l’ambiance dans laquelle le combattant Pius Njawe a toujours vécu.

Pius Njawe, éternel agitateur
De son vivant, seule l’évocation de son nom suscitait de l’agitation, tant il a toujours eu le courage d’exprimer ses opinions. Voila que même après sa mort Pius Njawe ne cesse de faire trembler les foules, et l’histoire retiendra que le dernier voyage du journaliste a été marqué par un autre épisode auquel il nous avait habitué. Sans doute que le combat est définitivement terminé et qu’il pourra désormais reposer en paix sous la terre de ses ancêtres.

Pius Njawé repose désormais à Babouantou
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Inhumation de Pius Njawe: Accusations de récupération politique

Célestin Monga un ami du disparu, a été interdit de prise de parole lors du prononcé des témoignage avant l’inhumation

Célestin Monga interdit de discours, officiellement pour des raisons protocolaires
La polémique est venue du fait que le gouverneur de la région de l’ouest, a interdit de discours, Célestin Monga, qui devait clôturer la séquence de témoignages, lors de la cérémonie d’inhumation du célèbre journaliste camerounais Pius Noumeni Njawe, dans son village à Babouantou, une localité située dans la région de l’ouest du Cameroun. Jusqu’à ce matin, on ignorait les raisons de ce refus. Aujourd’hui de sources officielle, on sait que Célestin Monga a été refusé de parole, pour des considérations protocolaires. Les hautes autorités de la région de l’ouest ont considéré que la prise de parole par Albert Mbida, représentant officiel du ministre de la communication devait constituer la fin des témoignages en raison de la suprématie de l’Etat.

Le gouvernement salue l’attitude des autorités administratives qui ont rappelé l’orthodoxie gouvernementale en matière de communication. Chaque fois que le chef de l’Etat envoie un message quelque part, pour quelque raison que ce soit, il faudrait que les uns et les autres sachent que le message du chef de l’Etat est celui qui clôt tous les autres messages.
Issa Tchiroma, ministre de la communication

Le refus de prononcer son discours à Célestin Monga, a provoqué la colère chez de nombreux journalistes et autres invités qui accusent et estiment que l’inhumation du journaliste Pius Njawe était une affaire privée.

Accusations réciproques de récupération politique
La colère de certains journalistes est venue de ce que le ministre de la communication a fait savoir que par leurs interventions, certaines personnes voulaient faire une récupération politique du décès de Pius Njawe. Dans l’entourage du journaliste disparu, on explique que les raisons pour lesquelles Célestin Monga s’était vu accorder le droit de prendre la parole en dernier, c’est parce qu’il n’avait fait aucune déclaration publique depuis la mort aux Etats unis, de celui qui était son ami. C’est lui qui a emmené le corps de Pius depuis les Etats-Unis, et on était tombé d’accord avec la famille qu’il prenait la parole en dernier, sans savoir que le gouvernement devait intervenir apprend-on de certains proches du disparu. Autre polémique qui resurgit, le gouvernement a remis une somme de 10 millions de FCFA, pour l’organisation des obsèques. Selon monsieur Tchiroma, le soutien de l’Etat fait suite à une demande du fils et de la s ur du journaliste disparu. Le fils de Njawe a saisi le président de la république pour lui faire part du décès de son père et solliciter quelque chose, ça honore cette famille qui est une famille républicaine a indiqué le ministre rappelant que si le gouvernement n’avait rien fait on lui aurait attribué d’être joyeux de la mort de Pius Njawe. Dans l’entourage de la famille de l’ancien directeur du messager, on soutient que le fils du journaliste disparu a été manipulé par l’Etat. Il avait eu des réunions avec le gouverneur de la région du Littoral, et je suis persuadé que ce sont ces autorités qui l’ont convaincu à écrire cette lettre et à accepter cette aide, a déclaré François Chanon.

Le ministre de la communication ne réalise pas vraiment ce qu’il dit, si le gouvernement voulait vraiment honorer la mémoire de Pius Njawe, il aurait du décréter un deuil national; on ne peut pas venir parler de protocole républicain dans une affaire qui concerne la famille.
Le Messager

C’est finalement dans l’intimité et dans la pure tradition bamiléké que Pius Noumeni Njawe opposé aux dérives du régime en place, a été enterré. Il avait été emprisonné à plusieurs reprises, notamment en 1997 pour « propagation de fausses nouvelles » après la publication d’un article à propos d’un « malaise » du président Biya. Sa disparition a suscité l’émoi au Cameroun et à l’étranger. Le gouvernement camerounais continue de saluer « un des bâtisseurs de la liberté de la presse » alors que Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans Frontières a qualifié Pius Njawe « d’icône de la liberté de la presse ». Certains discours ont donné le ton à ce qu’avait implicitement laissé entendre certaines voix, notamment dans la presse: que le régime actuellement au pouvoir, serait impliqué dans la disparition tragique du journaliste. Une polémique close par la famille du disparu, qui reconnait que leur parent est décédé de suite d’un tragique accident de circulation. Njawe n’a jamais présenté une menace quelconque; quelle menace a-t-il donc représenté, au point de penser que le gouvernement peut de près ou de loin être impliqué dans cette disparition, s’est insurgé le ministre Tchiroma. Pius Njawe a fondé Free Media Group, qui emploie 46 personnes dont une vingtaine de journalistes. Ce groupe est propriétaire notamment du quotidien Le Messager qu’il a créé en 1979 alors qu’il était âgé de 22 ans. Il avait aussi créé une radio fermée juste la veille de son ouverture en 2003 par les autorités. Avant son départ au Etats unis, le groupe avait de nombreux problèmes avec l’administration fiscale notamment.

Celestin Monga, ami du journaliste disparu
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Cameroun: Adieu, cher Pius Njawe

C’est à Babouantou dans la région de l’Ouest que repose désormais le journaliste!

Pius Njawé a été inhumé ce samedi dans son village natal de Babouantou par Bafang dans la région de l’ouest Cameroun. Selon les déclarations de Jean-Baptiste Sipa, journaliste du quotidien Le Messager cité par l’AFP, Pius Njawé a été inhumé dans l’intimité familiale. Auparavant, « Il y eu plusieurs discours d’hommages lors de la cérémonie officielle d’inhumation. Une autorité locale a lu un message de condoléances du chef de l’Etat Paul Biya). La cérémonie s’est déroulée en présence notamment d’officiels, de responsables politiques, de journalistes et de « grands amis » de Njawé. Le gouvernement camerounais a remis à la famille du défunt 10 millions de FCFA (15.244 euros) pour l’organisation de ses obsèques, de sources concordantes.

De son véritable patronyme Pius Njawé Noumeni, le Directeur de publication du quotidien privé Le Messager basé à Douala, fait partie des professionnels du secteur de la communication qui auront marqué des générations de journalistes. Alors que personne ne pouvait lui prédire un tel avenir dans le monde ô combien sélectif du journalisme, Pius Njawé qui arrive un peu par hasard dans la profession, a su prouver que la réussite réside au bout de l’effort et du travail. Né le 04 mars 1957 à Babouantou dans la région de l’ouest, Pius Njawé entre dans la communication comme garçon de course au journal Semences africaines, emploi qu’il exercera de 1972 à 1974. Après ce passage dans l’organe de presse de René Philombe, il est recruté à l’hebdomadaire La Gazette où il occupera les fonctions de chef des informations intérieures à l’agence de Yaoundé. C’est son reportage Les Lucioles de la nuit qui parle des prostituées et dont quelques extraits sont repris par le journal français Le Monde, qui va lui frayer le chemin vers les sommets. En 1976, il est le correspond du groupe de presse qui édite les magazines Amina et Bingo.

En novembre 1979, Pius Njawé décide de prendre son destin en main en créant le Journal Le Messager. Il a fondé Free Media Group, qui employait « 46 personnes dont une vingtaine de journalistes », selon ses déclarations à l’AFP en 2009. Ce groupe est propriétaire notamment du quotidien Le Messager qu’il a créé en 1979 alors qu’il était âgé de 22 ans. Il avait aussi créé une radio fermée juste la veille de son ouverture en 2003 par les autorités la veille.

Sa disparition a suscité l’émoi au Cameroun et à l’étranger. Le gouvernement avait salué « un des bâtisseurs de la liberté de la presse » dans son pays alors que Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans Frontières a qualifié Pius Njawé « d’icône de la liberté de la presse ».

Pius Njawé repose désormais à Babouantou
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Cameroun: La dépouille de Pius Njawe est arrivée à Douala

Une foule immense était présente à l’aéroport de Douala pour accueillir le corps du journaliste

Ils étaient nombreux qui attendaient de voir la dépouille avant de croire qu’effectivement Pius Njawe n’est plus. Sa famille, ses proches et amis, ses confrères, tous avaient massivement répondu présents à l’aéroport international de Douala cet après midi du mardi 03 août 2010. Un important cordon de sécurité avait été déployé depuis la matinée pour contenir la foule qui avait commencé à se dessiner dès le début de l’après midi. C’est finalement trente minutes après l’heure prévue que l’avion de la compagnie SwissAir a foulé le tarmac de l’aéroport de Douala, avec à son bord le cercueil contenant le corps du journaliste. De l’aéroport, des pleurs, cris et autres chants de chorale ont accompagné le cortège jusqu’à l’hôpital général de Douala où sont gardés les restes de Pius Njawe.

Programme des obsèques
La levée de corps est prévue ce jeudi, 5 août 2010 à 10 heures. La dépouille traversera plusieurs quartiers de la ville, avec un arrêt au siège du journal Le Messager, sis à la Rue des écoles à Akwa, avant le départ aux alentours de 12 heures pour le domicile du défunt à Bonamatoumbé par Bonabéri, où une veillée mortuaire est prévue à partir de 20 heures. La journée de vendredi 6 août 2010 prévoit dès 6h, le départ du cortège funèbre pour le village Babouantou par Bafang où aura lieu une dernière veillée à partir de 20 heures. L’inhumation suivra le samedi 7 août.

Avant son dernier voyage dans son pays natal, Pius Njawe, fervent militant de la liberté et des droits de l’homme, a eu droit ce week-end à un hommage à lui rendu par des Camerounais résidant aux Etats-Unis, aux rangs desquels les membres de la CAMDIAC (Cameroon diaspora for change). Une messe a eu lieu le samedi 31 juillet au National presbyterian church and center de Washington DC. Etaient présents des figures de la diaspora camerounaise telles Celestin Monga, Eric Chinje ou Christopher Fomunyoh. Deux représentants de l’ambassade du Cameroun aux Etats-Unis étaient également présents. Plusieurs cérémonies ont également été organisées dans divers pays européens, pour rendre hommage à ce pionnier de la presse indépendante en Afrique. Pour rappel, c’est le 12 juillet dernier que Pius Njawe a trouvé la mort dans un accident de la circulation aux Etats-Unis, alors qu’il s’y trouvait dans le cadre d’une conférence sur l’alternance à la tête du pays.

Proches du défunt présents à l’aéroport de Douala mardi.
Journalducameroun.com)/n

Mort de Pius Njawé: Mediasfrères lance un appel pour le quotidien camerounais le Messager

« La contribution des uns et des autres est capitale en ce moment où, après la mort de son fondateur, le principal défi consiste à assurer la survie du Messager »

L’Association bordelaise MEDIASFRERES a appris la mort brutale lundi 12 juillet 2010, des suites d’un accident de la circulation, en Virginie aux USA, de Pius N. Njawé, 53 ans, directeur de publication du célèbre quotidien privé Le Messager paraissant à Douala, la capitale économique du Cameroun.

Malgré un contexte politique et économique difficile, il avait réussi à faire de ce journal fondé en 1979, une référence en Afrique francophone. Au-delà de son investissement pour la diffusion d’une information de qualité, il était un combattant infatigable de la liberté de la presse et de la démocratie dans un pays où les autorités ne supportent pas la moindre critique1.

Plusieurs fois emprisonné dans le cadre de son métier, Pius N. Njawé était connu comme une des victimes des violations de la liberté d’expression au Cameroun. Il a notamment subi plus de 530 censures de ses écrits. Plus grave, il a été arrêté 126 fois et a dû aller en exil au Bénin dans les années 1990 pour échapper à la mort, tandis que les locaux de son journal ont été saccagés une dizaine de fois, sans compter les cambriolages suspects et jamais élucidés. Il faut ajouter que le 23 mai 2003, le gouvernement camerounais avait mobilisé des forces de sécurité pour fermer et interdire le lancement de « Freedom FM », une chaîne de radio dont il était le promoteur. Une mesure diabolique, qui a occasionné la perte d’au moins 60 millions FCFA (plus de 91 000 euros), montant du financement de ce projet auquel Pius N. Njawé tenait beaucoup.

Pius N. Njawé était en fait un empêcheur de tricher, de détourner les fonds publics et de corrompre en paix. Une action qui a été reconnue par le monde entier. Il a en effet reçu de nombreuses distinctions, dont le tout premier Prix de la libre expression de l’Union internationale des journalistes et de la presse de langue française (UIJPLF) – devenue Union internationale de la presse francophone (UPF) – en 1991. L’Association mondiale des journaux (AMJ) lui a aussi décerné la Plume d’or de la liberté en 1993, etc.

L’association MEDIASFRERES est très peinée par cette disparition tragique. Elle adresse ses sincères condoléances à ses proches si durement frappés ainsi qu’à la grande famille de la presse africaine et mondiale qui perd ainsi un vétéran du journalisme.

En dehors de tous ceux qui l’ont connu, MEDIASFRERES accueille les témoignages des hommes et des femmes d’ici et d’ailleurs qui sont sensibles à son combat citoyen. Ces témoignages seront publiés sur son site internet (www.mediasfreres.org) et éventuellement diffusés dans la presse camerounaise. D’autre part, MEDIASFRERES lance un appel à soutien à toutes les personnes de bonne volonté. La contribution des uns et des autres est capitale en ce moment où, après la mort de son fondateur, le principal défi consiste à assurer la survie du Messager, compte tenu des problèmes qu’il traverse depuis quelques temps.


www.mediasfreres.org)/n

Celestin Njamen réagit à la mort de Pius Njawé

« Ils l’ont assassiné…  »

Grand défenseur des Droits de l’Homme, infatiguable combattant de la liberté,Journaliste africain émérite, Pius est mort sur le champs de guerre, les armes à la main. L’Afrique perd une icône de la lutte pour la dignité humaine. Il n’avait jamais, à grand jamais cédé ni aux sirènes de la corruption morale de l’Etat-RDPC, ni aux complaisances éhontées d’une certaine Opposition.Grand athlète de la foi militante, l’ami et le martyr que je pleure aujourd’hui était l’Ame « éternelle » de l’opposition non conventionnelle, c’est la principale raison de son élimination.Parti au-delà des mers pour discuter de l’avenir de son cher pays,il est tombé en martyr sur le champs de tir. Notre héros nous aura laissé en héritage une grande leçon de résistance, la Postérité appréciera.

Sa vaillance physique et son intransigeance morale pendant toutes ces décénnies de luttes acharnées ont non seulement forcé le respect et l’admiration de tous ou presque mais également fait de lui un Grand Homme, un homme que la postérité retiendra …forcément.

Pius à apporté la liberté de la presse et semé les fèves de la démocratie au Cameroun en attendant qu’elles germent. Pius, comme Mongo Beti par son inlassable et intrépide combat pour les Libertés fondamentales a, sans être un homme politique, obligé l’ogre d’Etoudi à proclamer le multipartisme même s’il reste de façade.

Pius a, en prenant la tête de l’heureuse subversion des années dites de braise matérialisée par les villes mortes, obligé le voyou d’Etoudi qui a finit par l’assassiner,à entériner la fin de la censure administrative au début des années 2000.

Oui, figure de proue de l’opposition non politique et à quelques mois de la mère des batailles en Octobre 2011, il s’agit bel et bien d’un assassinat politique maquillée, comme tous les grands assassinats politiques d’ailleurs. Nul n’a oublié l’assassinat de Martin Luther King assassiné par un « déséquilibré mental » celui de JF Kennedy assassiné par un autre « déséquilibré mental » de Lady Di, la princesse du coeur, officiellement victime d’un « accident » de la circulation en Aout 1997 à Paris sous le pont de l’Alma. Et voici l’assassinat de Pius Njawé officiellement victime comme Lady d’un « accident » de la circulation.

Oui à part les indécrottables naifs, nous connaissons toutes et tous ces méthodes d’assassinats politiques utilisées par les services secrets y compris ceux du Cameroun. Elles consistent à éliminer tous ceux qui « empêchent » les fossoyeurs de la République de tourner en rond en évitant d’être trop facilement démasqués. çà suppose qu’on opère de l’Etranger avec des tueurs à gages étrangers de préférence, çà préserve des soupçons paraît-il ( faux alcooliques comme le chauffeur de Lady Di ou « déséquilibrés mentaux » comme Luther King et JF Kennedy assassiné par la CIA).

Oui Monsieur le Bourreau, vous n’avez jamais supporté la vérité de Pius sur le malaise cardiaque lors d’une finale de coupe de football un certain 21 decembre 1997. Oui Monsieur le Bourreau, vous n’avez jamais supporté la vérité de Pius révélée sur Thierry Michel Atangana, homme de main de Titus Edzoa qui en 1997 a commis un crime de lèse-majesté en se portant candidat à la présidentielle contre vous.

Oui Monsieur le Bourreau vous n’avez jamais supporté la vérité de Pius sur Paul-Eric Kingué sur les non-paiements chroniques d’impôts à Njombe-Penja par votre ami Bolloré. Je m’arrête sur cette liste interminable de règlements de comptes politiques masqués car il en faudrait des pages pour cela.

Non Monsieur le Bourreau, nous ne croyons pas à la thèse d’un camion roulant à tombeau ouvert venant culbuter un automobile arrêté réparant tranquilement une roue crevée sur une aire pourtant aménagé à ce effet.

Non Monsieur le Bourreau, nous ne croyons pas qu’on répare une crevaison sur la chaussée et qu’un camion a le droit de rouler sur des aires amenagées. çà ne passe pas , je regrette! D’où vient-il donc que des quatre passagers, ce camion ait raté tout le monde sauf Pius? Aujourd’hui et puisque jamais nous sommes tous des Pius et revendiquons notre part d’assassinat car JAMAIS nous ne tairons, JAMAIS nous n’arrêterons notre combat quelqu’en fût le prix à payer et le Cameroun ne sera plus votre patrimoine privé.Quoiqu’il en soit nous exigeons des OBSEQUES NATIONALES pour ce digne et vaillant fils de la Nation. Vous avez eu la peau de Pius mais vous ne détruirez pas l’esprit et l’héritage de Njawé. Nous sommes ses héritiers.

« Sommes nous de ces grands peuples qui célèbrent et honorent leurs grands Hommes? »

Serges Tchaha réagit à la mort de Pius Njawé

De Douala Manga Bell à Pius Njawé en passant par Um Nyobè, Ahmadou Ahidjo, Marc-vivien Foé et Ferdinand Oyono : Sommes-nous de ces GRANDS PEUPLES qui célèbrent et honorent leurs GRANDS HOMMES?

L’Univers, la Providence ou encore le Destin nous a encore frappé durement, sournoisement, brutalement. En effet, après le départ de Ferdinand OYONO, un de nos plus grands écrivains, le Cameroun s’est fait arracher, voler, Pius Njawé, qui pour Célestin BEDZIGUI, était « le plus grand des journalistes que le Cameroun ait jamais eu ».

C’est une nouvelle qui a bouleversé tous ceux que le Cameroun compte de patriotes. Car force est de reconnaitre que la stature internationale, le singulier destin de l’homme, l’engagement féroce de ce combattant de la liberté, en ont fait un Grand camerounais. D’ailleurs, dans une enquête menée par Jeune Afrique (numéro 2520-2521), il apparaissait parmi LES 50 QUI FONT BOUGER LE CAMEROUN.

Vous savez, il me semble que l’Histoire de l’humanité prononce un verdict clair : il n’y a pas de GRAND PEUPLE qui n’ait eu de GRANDS HOMMES. Ces GRANDS HOMMES ne sont pas seulement des hommes politiques, ce sont aussi, des artistes, des sportifs, des hommes d’affaires, des intellectuels ou des journalistes. Je veux parler de ces hommes qui, de par leurs actions, leurs pensées ou leurs écrits laissent une trace indélébile dans l’imaginaire collectif et permettent à tout un peuple de réaliser un saut de conscience.

Qui peut aujourd’hui contester que les coups d’éclats et les coups de génie de Pius Njawé ont pas permis de décrisper la presse, de faire bouger les lignes de la liberté de presse et d’améliorer notre démocratisation?

Alors donc qu’il s’en va, le chanceux, retrouver les Manga Bell, Um Nyobè, Ouandie, Moumié et autre Ossende Afana, il nous oblige à nous poser plusieurs questions existentielles, patriotiques et fondamentales :

– Son combat est-il achevé? Son uvre est-elle complétée?
– La génération actuelle est-elle prête à prendre la relève? Aura-t-elle son talent?
– Le Messager connaitrait des difficultés financières, saura-t-il survivre?
– Son (ou ses) successeur « journalistique » s’affirmeront-ils sous peu?

L’Histoire répondra surement à toutes ces questions.
Mais, pour ma part, la principale interrogation qu’a soulevée son décès, est celle de savoir : sommes-nous de ces GRANDS PEUPLES qui célèbrent et honorent leurs GRANDS HOMMES? Le peuple camerounais est-il de cette trempe, de cette envergure là?

Est-ce parce que nous n’avons « que » 50 ans d’autodétermination que nous n’avons pas encore mesuré l’impérieuse nécessité pour un peuple de connaître son histoire, de conserver sa mémoire?

Le Président BIYA dans une de ses allocutions lors de la Conférence Internationale de Yaoundé, AFRICA 21, avait déclaré qu’à 50 ans, nous étions majeurs. Il a absolument raison. Eh bien soyons-le!

J’en appelle donc à nos différents chefs, à nos leaders d’opinion pour que des mesures soient prises concernant notre patrimoine immatériel. Je profite d’ailleurs de cette tribune pour inviter Alex Gustave AZEBAZE, Premier secrétaire a.i. du SNJC, à envisager la remise annuelle, fut-elle symbolique, d’un prix de journalisme qui s’appellerait le PRIX PIUS NJAWE. Il serait, par exemple, remis à un journaliste qui aura contribué de manière significative à l’avancement des libertés.

Vous savez beaucoup pensent qu’un homme, un vrai, est comparable à un arbre et les racines sont pour ce dernier ce que sont les ancêtres pour l’homme. Un arbre n’est-il pas plus solide quand ses racines sont robustement implantées? Par conséquent, un homme n’est-il pas plus homme, plus sûr, plus confiant quand il connait son histoire? N’est-il pas plus prompt à affronter l’avenir surtout si ces prédécesseurs furent des grands hommes? Je vous laisse y répondre.

Sommes-nous de ces GRANDS PEUPLES qui célèbrent et honorent leurs GRANDS HOMMES? Le peuple camerounais est-il de cette trempe, de cette envergure là? Malgré tout l’amour et l’allégeance à jamais immortels que j’ai pour le pays des Lions Indomptables, je réponds NON ou plutôt PAS ENCORE. Parce que simplement, il manque trop de tombes au Cameroun où je souhaiterais aller me recueillir. Le Cameroun, moi y compris, n’avons pas encore suffisamment fait pour Marc-Vivien FOÉ, décédé sur le champ de combat. Le peuple des Lions Indomptables, ceux qui se voient comme l’Afrique en miniature n’en sait pas encore suffisamment sur UM NYOBÈ. Les gens dont la devise nationale se termine par PATRIE n’ont pas encore suffisamment honoré ses GRANDS HOMMES!

Je voudrais vous laisser sur ces quelques vers de l’élégie composée par le Professeur Franklin Nyamsi à l’attention, de ce fils de Babouantou, Pius NJAWE qui reposera désormais, comme il est écrit dans le deuxième couplet de notre hymne, dans « la tombe où dorment nos pères ».

« Lève-toi, Pius Njawé, lève-toi et marche !
Que ton courage arme nos c urs contre l’injustice
Lève-toi, Pius Njawé, lève-toi et marche !
Que ton abnégation nous soit étoile de justice
Lève-toi, Pius Njawé, lève-toi et marche ! » (extrait de l’élégie du Pr. F. Nyamsi)

Pius Njawé est décédé ce lundi 12 juillet 2010
Yves Monteil. Boh’m photo)/n

Raoul Nkuitchou Nkouatchet rend hommage au journaliste camerounais Pius Njawé

« On devinait mal ce gaillard vieillir tranquillement dans sa maison de Bafang, tant il semblait déterminé à mener son destin jusqu’à son terme. »

On devinait mal ce gaillard vieillir tranquillement dans sa maison de Bafang, tant il semblait déterminé à mener son destin jusqu’à son terme. Pius Noumeni Njawé s’en est allé sur une autoroute de Virginie, là où le miracle américain avait pris naissance au début du 17e siècle. Cet homme qui était descendu de Bafoussam avec son petit journal sous la main, au début des années 1980, allait tenir quelques années plus tard, l’équivalent au Cameroun des Révolutions de Paris ou du Courrier de Provence de l’époque révolutionnaire en France ! Pius Njawé a tout connu : le succès, la consécration et la gloire, les difficultés, l’échec, la persécution, la prison, le deuil de son épouse, et finalement une mort violente à seulement 53 ans. Même par sa mort, il a défié la banalité. A-t-il échappé aux balles ? Il partira dans un accident de la route, très loin de Douala, sur le sol de ce pays qu’il admirait, les Etats-Unis d’Amérique. Il retournera chez lui en héros, comme Mgr Ndongmo, Jean-Marc Ela, et un jour les Abel Kingué, Félix Moumié. Amadou Ahidjo.

Les choses n’auront pas vraiment été données au fondateur du journal Le Messager. Repéré depuis longtemps comme « ennemi public numéro un », on ne lui a guère facilité la tâche ! Mais le bonhomme consommait à merveille l’art de se faire respecter. « Le principe de l’honneur et du courage, c’est, au fond, de tenir pour petits les maux les plus grands quand ils viennent du destin et, à l’inverse, pour grands même les plus petits quand ils émanent des hommes. » Tel est le vade-mecum que Schopenhauer aurait pu souffler à Pius Njawé. D’un naturel aimable, il savait mépriser les nains qui commettaient l’imprudence de se prendre au sérieux. C’est la marque des hommes de caractère. Etait-il conscient d’appartenir depuis longtemps à l’histoire du Cameroun, lui le provincial autodidacte ? Sans aucun doute. Mais il la jouait modeste. L’homme savait ne pas éclabousser ses contemporains ; il était d’ailleurs d’une modestie non feinte. Cependant, les murs de son bureau étaient tapissés de ses photos avec les grands de ce monde, Nelson Mandela, Helmut Kohl, Bill Clinton et consorts. Ca parle de faire valoir la hauteur où l’on est arrivé, surtout lorsqu’on ne l’a pas volé. Il lui arrivait de rendre visite à son illustre voisin là-bas à Akwa, le cardinal Christian Tumi à qui il vouait un véritable culte. Ils avaient toujours des choses à se dire.

A la base, Pius N. Njawé n’est pas homme de culture. Il y accèdera grâce à un effort de longue haleine. C’est instinctivement, comme souvent chez les hommes décisifs, que ce journaliste formé sur le tas prend conscience, vers la fin des années 1970, alors qu’il est encore très jeune, sous Ahidjo ! qu’il n’est pas de grand moment politique sans l’éruption des journaux qui préparent et accompagnent l’évènement. Ce grand moment auquel Njawé donnera son nom, c’est l’avènement – ou le retour – du multipartisme. Pendant plusieurs années, tous les praticiens, tous les spéculatifs ont été amenés à prendre position par rapport au Pouvoir ; ils ont donc rêvé de publier au journal de Pius Njawé. Au cours de ces années-là, la vie politique fut tout. Le peuple camerounais se réveilla subitement et se mit à revendiquer ses droits. Ce moment de l’histoire du Cameroun doit beaucoup à Monsieur Njawé.

D’instinct encore, Njawé avait pris le parti de ne pas céder à la peur, ce principe du gouvernement despotique que met en lumière toute la philosophie politique classique. Être vif et de tout feu, Njawé était également doté d’un courage physique exceptionnel. Il avait ce je-ne-sais-quoi qui en faisait un héros à la Baltazar Graciàn. L’homme ne se laissait intimider ni par les gendarmes du régime ni par ces ministres-professeurs qui dégainent leurs titres à tout-va au Cameroun. On l’a vu à plusieurs reprises mettre une fessée à quelques uns parmi ces derniers ! Le fondateur du Messager aura été, dans ce pays miné par le culte imbécile du diplôme, un rappel à lui tout seul : l’histoire se fait par des hommes qui ont du caractère. Les parchemins universitaires ne représentent qu’une option pour des types qui ont quelque chose de consistant à donner au monde.

Chez Njawé, le combat pour le Cameroun ne tenait pas d’un principe abstrait ; il savait que la vitalité de ce pays était nécessaire à son propre accomplissement. Voilà, peut-être, le secret de son acharnement à rester dans l’ il du cyclone, alors que nombreux sont les combattants d’hier qui ont depuis déposé les armes. Il faudrait laisser Raymond Aron dire « au revoir » à Pius, tous les deux étaient des passionnés de la liberté. « L’existence humaine est dialectique, c’est-à-dire dramatique. » On pourrait ajouter absurde.

Pius Njawé
lexpressplus.com)/n

Cameroun: Vives émotions après l’annonce du décès de Pius Njawe

Le gouvernement s’est dit attristé par le décès du journaliste, victime d’un accident de la circulation aux Etats-Unis.

La nouvelle de la mort de Pius Njawe le directeur de publication du journal camerounais privé le Messager continue de susciter une vive émotion dans l’univers de la communication au Cameroun. Jacques Doo Bell, un de ses collaborateurs reste sur leur dernière conversation, avant son départ pour les Etats unis. Je me souviens avant de voyager, on a eu une petite séance de travail et on parlait des difficultés auxquels le groupe était confronté, et il m’a dit tu sais Jacques tout ça va s’arranger, a déclaré ce dernier face aux médias à Douala. Pour Jean Vinvent Tchienehom, c’est une perte incommensurable. Le Cameroun a perdu un combattant de la liberté sous toutes ses formes. Qui a accepté pour cela d’en souffrir dans sa chair. Il avait consacré ces dernières années beaucoup de temps à la promotion de la sécurité routière, suite au décès de son épouse Jane par accident. Et ironie de l’histoire, il meurt d’un drame sur la route, loin de ses bases.Il nous manque déjà. Réagissant depuis Paris en France où il fait partie de la délégation du président Biya invité pour le 14 juillet le ministre camerounais Issa Tchiroma de la communication s’est dit profondément attristé. J’ai appris avec beaucoup de chagrin d’autant que je l’ai su très tôt ce matin ici même à Paris, que Pius était décédé, bien évidement tout le monde dans la délégation a été attristé, Pius était vraiment un des pionniers du journalisme et même de la communication au Cameroun a déclaré le ministre. Issa Tchiroma a aussi adressé ses condoléances et celle du gouvernement à la famille du journaliste disparu et à toute la grande famille de la communication. Avec lui on a très souvent discuté de la gestion de la communication au Cameroun et je lui ai souvent proposé d’accompagner les efforts du gouvernement car c’est un peu aussi ça le rôle de la presse, mais il avait son opinion et je la respecte évidement, et bien sûr cela ne change rien au fait que sa mort reste un coup dur pour l’univers de la communication au Cameroun, a précisé le ministre. Joseph Bomda, un lecteur et admirateur parle d’exemple à suivre quand j’imagine qu’il est allé aux Etats-Unis pour continuer à défendre la cause du Cameroun, je me dis, voilà quelqu’un qui a bien vécu. Sa mort n’effacera pas sa témérité pour le droit des camerounais à la vérité informationnelle.

Décès dans des circonstances tragiques
Les circonstances exactes de la mort de Pius Njawe ne sont pas encore clairement connues. Après la convention des camerounais de la diaspora à laquelle il participait, il devait aller rendre visite à une de ses filles en virginie et c’est sur le chemin qu’un camion a percuté la voiture dans laquelle il se trouvait, a affirmé jacques Dobell. Selon le rapport de constat préliminaire établi par la police routière de l’Etat de virginie, L’accident est survenu exactement à 14heures 55, heure locale. La Lexus a eu une panne et s’est mise sur le bas-côté, a affirmé R. Walker le responsable de l’équipe de secouristes qui est intervenue sur le lieu de l’accident. Il ajoute que selon des témoignages, le gros porteur de la compagnie Providence Forge a frappé la voiture par l’arrière et l’a repoussé à plusieurs centaines de mètres. Pius Njawe qui était assis à l’avant est mort sur le coup. La police de l’Etat l’a tout de suite identifié, toujours selon la déclaration de l’agent Walker. Le conducteur de la Lexus a été conduit à l’hôpital dans un état critique. Le Chauffeur du camions remorque lui n’a eu que quelques égratignures. La police a ouvert une enquête. Pius Njawe s’était rendu aux Etats-Unis le 10 juillet pour participer à un forum de la diaspora camerounaise visant notamment à obtenir l’alternance politique au Cameroun lors de l’élection présidentielle de 2011. Ironie du sort, en 2002, son épouse Jane Njawe était elle aussi morte au Cameroun dans un autre accident de la circulation. Après ce décès, il avait créé une association pour lutter contre les accidents de la route.

Pius Njawé est décédé ce lundi 12 juillet 2010
lexpressplus.com)/n

Alpha Blondy est au Cameroun: « La liberté de la presse commencera par celle de celui qui tient à plume »

Déclaration du célèbre artiste ivoirien actuellement à Douala, dans le cadre de la célébration des 30 ans du quotidien privé Le Messager

Vous êtes à Douala depuis mercredi, 18 novembre 2009 pour le trentenaire du journal Le Messager, mais, vous n’allez pas faire le show pour le public. Pourquoi?
Je suis invité par mon frère Pius Njawé du journal Le Messager. Certes le concert n’est pas prévu, mais on est amené à venir parfois faire acte de présence, juste l’acte de présence. Il y a déjà un programme établi par l’équipe de Pius Njawé, dont je me suis joins à ce programme. Je ne suis pas là pour faire un show, car, je crois que nous sommes là pour fêter un évènement qui en vaut la peine : le trentième anniversaire du journal Le Messager. Comme les journalistes sont les piliers principaux de notre démocratie naissante, je tenais à être absolument là.

Quelle analyse faites-vous justement sur la liberté de la presse en Afrique?
Une plume peut calmer un Etat, ou une plume peut déstabiliser un Etat. A propos de la presse, ça veut dire que la liberté et la démocratie, doivent aller ensemble. Seulement, il faut une presse qui puisse contribuer à rappeler aux politiques, ce qui est à faire, ou ce qui devrait être fait, car tout le monde est sensible à la critique constructive. Mais, il y a certains « journaleux » qui sous-estiment leur plume. Je prends le cas de la Côte d’Ivoire, la guerre a commencé dans les journaux. C’est d’abord les journalistes par médias interposés, qui ont commencé la guerre. En Côte d’Ivoire, il n’y a pas de journalisme d’information, il y a les journalistes d’opinion, des médias, des journaux d’opinion. Et là, ça devient grave, parce qu’on exploite la plume de l’écrivain qui a besoin de boulot. Je ne voudrais pas me tromper de combat, je ne voudrais pas non plus me tromper de coupables. Les politiques se sont servis des fois des journalistes pour mettre le feu et pour foutre de la merde, et il va falloir qu’on sorte de ça. La liberté de la presse commencera par celle de celui qui tient à plume.

C’est-à-dire?
On ne peut pas nous dire qu’on veut une liberté, une démocratie, et une dictature est infligée à ceux qui sont mêmes les moteurs de la liberté de la presse et de cette démocratie naissante, c’est un accouchement douloureux. La démocratie africaine, est entrain de naître dans cette douleur. Il y a certains journalistes qui au moment où il y’avait les partis uniques, ont osé dénoncer les travers de nos régimes à leur risque et péril. C’est à ce titre que je respecte le journal Le Messager. Il y a d’autres journaux qui mené aussi le même combat.

Alpha Blondy
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Quel rôle selon vous, a joué la presse pour faciliter cette démocratie naissante dont vous parliez tantôt?
Aujourd’hui, si on parle démocratie sans qu’on ne sorte de gourdins et des machettes, c’est parce que quelque part, certaines personnes de part leurs écrits, ont désamorcé dans nos esprits, la bombe tribale. Donc, je ne peux qu’encourager cela, car le travail que nous faisons, permet de désamorcer nos esprits. En Afrique, beaucoup de personnes n’ont fait de grandes études, la majorité est analphabète, mais si nous ne donnons pas l’information dont ils ont besoin et que nous voulons manipuler leur ignorance politique à nos profits, là, ça devient criminel, et c’est ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire. Quand la guerre a éclaté, il y a un journal qui a carrément titré en gros : « Enfin, la guerre », comme s’il s’attendait à ça.

On constate que votre nouveau combat semble s’articuler autour de ce que vous appelez : « l’Homme nouveau ». Que doit-on exactement comprendre?
Si les hommes sont allés sur la lune, si les hommes parlent aujourd’hui de l’ordre économique mondial nouveau, moi je parle plutôt, de l’Homme nouveau. L’Homme prévu par les écrits Bibliques, l’Homme fait à l’image de Dieu. Nous assistons à l’avènement du grand singe nucléaire, mais, tant qu’on n’aura pas muselé la bête en lui, qui est la guerre, de quelle Homme parlons-nous ? Mon nouveau combat, c’est donc ça, c’est-à-dire apprêter le terrain pour l’éclosion pour cette Homme nouveau. L’Homme à l’image de Dieu, L’Homme qui aura vaincu la guerre, l’Homme qui aura réussi à museler la bête qui est en lui. Je vais essayer d’y contribuer, mais ceux qui doivent le faire, ce sont les autorités onusiennes, et je m’adresse ici aux cinq membres permanents du conseil de sécurité des nations unies , à savoir la France, les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la Russie, et la Chine. Malheureusement, ce sont eux les cinq plus grands marchands d’armes sur la terre. Il faut que cette hypocrisie s’arrête, il faut que ces deux poids et deux mesures s’arrêtent.

Alpha Blondy sur scène (il ne donnera pas de concert)
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