Cameroun : un projet de 45 milliards de F pour autonomiser les femmes du septentrion

La première session ordinaire du Comité de Pilotage du Projet d’Autonomisation des Femmes du Sahel et Dividende Démographique (SWEDD), volet Cameroun a eu lieu le 19 août 2022.

Une session qui a permis d’examiner et d’adopter le plan de travail et de budget, ainsi que le plan de passation des marchés pour la période allant de juillet 2022 à décembre 2023.

Ce premier Comité de pilotage est consécutif à l’accord de crédit signé le 12 octobre 2021, entre l’Association International pour le Développement et le Gouvernement du Cameroun. Cet accord met à la disposition de notre pays, un prêt de 75 millions de dollars, soit environ 45 milliards de FCFA pour le financement dudit projet.

Selon les résultats de l’analyse des besoins en autonomisation des femmes menée par le Cabinet Camber Collective en 2018, 62% des filles de 10 à 19 ans au Cameroun, soit 1,6 millions des filles sont vulnérables aux mariages et grossesses précoces et à la déscolarisation. Dans les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême Nord, cette proposition atteint près de 87%, soit 703 174 filles vulnérables aux mariages d’enfants, aux grossesses précoces et la déscolarisation.

Les cibles directes et indirectes du projet sont constituées de 703 174 adolescentes âgées de 10 à 24 ans, vulnérables aux mariages et grossesses précoces, à la déscolarisation ainsi que leurs communautés dans les trois régions suscitées.

Le Projet SWEDD est développé dans 13 Pays du Sahel, dont le Cameroun, avec l’ambition principale d’accélérer la transition démographique et de réduire les inégalités de genre. Concrètement, l’objectif du SWEDD est d’accroître l’autonomisation des femmes et des adolescentes et leur accès à des services de santé reproductive, infantile et maternelle de qualité dans les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord.

Il s’agit aussi d’améliorer la production et le partage des connaissances avec les autres pays bénéficiaires. Il est financé par la Banque Mondiale et mis en œuvre avec l’appui technique du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA).

Insécurité alimentaire : le Cameroun parmi les 7 pays du Sahel et du Lac Tchad les plus touchés   

 

C’est ce qui ressort d’une réunion portant sur la crise alimentaire et nutritionnelle, organisée par trois institutions internationales mercredi 6 avril 2022.

Le 6 avril, une réunion a été organisée par le Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, l’Union européenne et le Réseau mondial contre les crises alimentaires, codirigé par la FAO.

« Crises alimentaires et nutritionnelles dans les régions du Sahel et du lac Tchad: il est temps d’agir maintenant et de mieux se mobiliser pour l’avenir dans le Sahel et en Afrique de l’Ouest», c’est le thème de ladite rencontre.

Cette réunion a rassemblé des décideurs politiques et des acteurs non étatiques du Sahel, d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale et leurs partenaires internationaux. Elle avait pour but de mobiliser un surcroît d’assistance humanitaire, alimentaire, nutritionnelle et de sauvegarde des moyens de subsistance pour les populations les plus touchées et de renouveler un engagement politique de long terme en faveur de politiques structurelles traitant les causes sous-jacentes des crises alimentaires et nutritionnelles.

Selon l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le total des contributions annoncées s’élève à 1,79 milliards d’euros, en regard d’appel humanitaire de 3,8 milliards d’euros pour l’ensemble régional comprenant le Sahel et l’Afrique de l’Ouest. À cette somme, s’ajoute une contribution de 67 millions d’euros d’assistance humanitaire annoncée par l’Union européenne. Cet apport porte à ce jour le total des contributions destinées aux pays touchés dans les régions du Sahel et du lac Tchad à 240 millions d’euros en 2022.

L’Union européenne a aussi mis de côté la somme de 654 millions d’euros pour la période 2021-2024, consacrée à l’apport d’une assistance de long terme au développement dans les sept pays les plus touchés par la crise alimentaire structurelle.

Pour la troisième année consécutive, les pays du Sahel et d’Afrique de l’Ouest sont confrontés à une crise alimentaire et nutritionnelle d’ampleur exceptionnelle. Le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire a presque quadruplé de 2019 à 2022, passant de 10,8 millions à 40,7 millions au cours de cette période, et des millions d’autres risquent de basculer dans une situation de crise, voire pire.

 La FAO indique que, sept pays en particulier, à savoir : le Burkina Faso, le Cameroun, le Tchad, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Nigéria sont les plus gravement touchés par cette crise. Pour la première fois, l’insécurité alimentaire aiguë dans cette région s’étend au-delà de la région du Liptako-Gourma et du lac Tchad pour atteindre des pays comme le Bénin et la Sierra Leone.

La Camerounaise Djaïli Amadou Amal dans le dernier carré du prix Goncourt 2020

“Les Impatientes” figure parmi les quatre œuvres finalistes du prestigieux prix littéraire français, dans la liste publiée ce 27 octobre. Annonce du lauréat 2020 le 10 novembre

 

Ce mardi 27 octobre, l’académie Goncourt a publié la liste des quatre auteurs finalistes de l’édition 2020 de son prix.

La Camerounaise Djaïli Amadou Amal (Les impatientes, éditions Emmanuelle Colas), retenue dans ce dernier carré d’écrivains, passe ainsi la troisième sélection du Prix, après une première sélection qui avait permis de retenir son oeuvre dans une liste de 15 titres en septembre; et une seconde sélection qui avait réduit la compétition à 08 titres en octobre.

Les impatientes (éditions Emmanuelle Colas, septembre 2020) est la version rééditée en France du livre Munyal, les larmes de la patience. Publiée la première fois en 2017 au Cameroun aux éditions Proximité, le roman a permis à Djaïli Amadou Amal de remporter le Prix Orange du livre en Afrique 2019 et le Prix panafricain de littérature 2019. Le livre dénonce les violences conjugales, physiques et morales liées à la condition de la femme dans le Sahel.

Djaïli Amadou Amal est en course pour le Prix Goncourt 2020 face à d’autres auteurs: Hervé Le Tellier (L’anomalie, Gallimard), Maël Renouard (L’historiographe du royaume, Grasset) et Camille de Toledo (Thésée, sa vie nouvelle, Verdier).

L’annonce du lauréat 2020 est prévue le 10 novembre par l’académie Goncourt.

La mention “Prix Goncourt” permet aux maisons d’édition et écrivains de s’assurer de bons revenus, estimées en moyenne à 400 000 ventes, selon l’académie.

Les Peuls, un peuple sans frontières qui accentue l’embrouillamini au Sahel

Nomades de tradition, ces peuples marginalisés par les pouvoirs publiques, constituent aujourd’hui un terreau fertile pour les groupes armés et extrémistes évoluant dans le Sahel

Pris entre deux feux, subissant et les représailles des Touaregs et les exactions des forces militaires qui les assimilent à des « djihadistes », les quelques 40 millions de Peuls en Afrique préfèrent riposter à leur manière même s’ils sont convoités par les groupes armés.

Pour certains, ils sont une épine dans le pieds des Etats d’une région vaste et instable, pour d’autres, ils pourraient, si l’on révise les politiques économiques et sociales, contribuer à l’économie et à la pacification d’une bande sahélo-saharienne de plus en plus embrasée.

Les Peuls, peuple sans frontières présent dans une quinzaine de pays africains, sont montés au créneau ces derniers temps, « portant un coup dur » au projet, si ce n’est, au rêve de pacification d’une région minée par des conflits de tout acabit.

Ce peuple pasteur compte près de 40 millions de personnes et est concentré principalement au Nigéria (16 millions), en Guinée (4,9 millions), au Sénégal (3,6 millions), au Cameroun (2,9 millions), au Mali (2,7 millions), au Niger (1,6 million), au Burkina Faso (1,2 million), au Tchad (580 mille), en Côte d’Ivoire (423 mille), en Mauritanie (400 mille), en Gambie (321 mille) et en Guinée Bissau (320 mille), selon l’anthropologue peul Abdoulaziz Diallo interviewé par Anadolu.

La présence des Peuls en Afrique ne se limite néanmoins pas aux pays susmentionnés, on les trouve également au Bénin, au Togo, en Sierra Leone et dans les deux Soudan. Sauf qu’il n’y a pas de chiffres illustrant l’importance de leur présence dans ces pays.

Nomades de tradition, ces hommes de tout temps marginalisés par les pouvoirs et constamment absents des politiques de développement initiées dans lesdits pays, constituent aujourd’hui un terreau fertile pour les groupes armés et extrémistes évoluant dans le Sahel, disent certains observateurs et analystes.

La situation qui prévaut actuellement dans le centre du Mali indique la complexité du processus de sortie de crise. A ce propos, l’anthropologue malien Boukary Sangare note dans un rapport intitulé «Le centre du Mali, épicentre du djihadisme ?», qu’en réaction aux exactions de l’armée à leur endroit, plusieurs Peuls ont rejoint les rangs des groupes extrémistes et armés, dont le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) ou encore Al-Qaida au Maghreb Islamique (Aqmi).

Le traitement qu’ils ont subi de la part des militaires maliens lors des ratissages menés après les bombardements des positions des djihadistes par les troupes de l’opération française Serval, n’a fait que jeter de l’huile sur le feu, fait-il observer.

Après la reconquête du Nord-Mali, à l’aide de l’intervention française, les soldats maliens « avides de revanche » y ont exprimé, selon Sangare, «toutes leurs frustrations» cédant à plusieurs amalgames, dans la première région réoccupée : le Macina (Centre). Ce qui a alimenté le ressentiment des Peuls à l’égard de tout ce qui représente l’Etat. Ils ont ainsi cherché à s’armer et à établir des alliances avec les groupes armés extrémistes évoluant dans la région. Le combat des Peuls au Mali se veut ainsi un «hybride entre Djihad et révolte sociale», soutient l’anthropologue.

Abondant dans le même sens, l’historien et président de l’association Tabital Pulaaku, Abdoul Aziz Diallo avise que le sort des communautés peules est presque le même dans tout le Sahel africain ainsi que dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest et de l’Est. Pourtant, une meilleure intégration de ce peuple dans les cycles économiques des pays concernés contribuera efficacement à leur croissance, surtout que l’élevage représente environ deux tiers des PIB de ces Etats, relève la même source.

«Au Mali comme au Tchad, au Niger comme en Centrafrique, au Cameroun et dans le nord du Nigéria entre autres, les Peuls sont relégués au dernier rang. Les hommes sont livrés à leur propre destin face à un désert peu clément. Puis, les régions où certains ont fini par s’installer sont toujours exclues des plans de développement. Voilà pourquoi les Peuls font leur révolution», résume l’historien.

Précarité et exclusion
Originaires de l’Egypte antique et ayant participé activement au rayonnement de l’islam sur le sol africain aux 17ème et 18ème siècles, selon l’historien et enseignant universitaire Cheikh Anta Diop de Dakar, Moussa Lam, les Peuls d’Afrique vivent dans des conditions précaires, à quelques exceptions près.

Au Mali et au Niger voisin, « les tensions à la fin des années 1970 et l’extension vers le nord des terres agricoles exploitées par les populations sédentaires contractent l’espace disponible pour le pâturage du bétail. Contraints de se déplacer plus au nord, et donc de traverser la frontière qui sépare le Niger du Mali, les éleveurs peuls se sont trouvés alors au contact d’éleveurs touaregs et d’autres autorités. La position des pasteurs peuls est structurellement vulnérable puisqu’ils ne sont pas ressortissants maliens », explique le chercheur Yvan Guichaoua, dans un article récemment paru dans lejournal français Le Monde.

En Centrafrique, leur situation est dramatique, ils ont été victimes de série de massacres. Des milices chrétiennes anti-Balaka formées au lendemain du renversement du régime de François Bozizé par des Séléka (groupes politico-militaires musulmans) en 2013, attaquaient impitoyablement les Peuls, dans l’objectif d’une «épuration ethnique», au nom d’un faux conflit confessionnel.

Au Tchad, ils sont confrontés à des problèmes dus à leur activité. Ils sont souvent accusés de ne pas respecter les lois régulant les activités pastorales. D’ailleurs, les organisations internationales ont dénoncé des exactions commises sur des populations peules, mais aussi des violences de milices peules sur des populations civiles.

En Guinée, les Peuls subissent un sentiment de haine qui remonte à l’époque de l’ex-président Sékou Touré (1958-1984). Inquiet de la monté de la popularité de Diallo Telli, diplomate guinéen et premier Secrétaire Général de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) entre 1967 et 1972, Touré invente un complot peul. D’abord, il interdit la bourse d’études aux enfants peuls, ensuite des gens ont été massacrés parce qu’ils portaient des patronymes Diallo, Soh, Barry, Bah. Des intellectuels peuls sont victimes des exécutions en série, mais ce qui a fait le plus mal durant cette période c’est le fameux discours haineux, où Sékou Touré appelle ouvertement au «génocide» peul, témoigne l’historien-anthropologue Diallo.

En Mauritanie, les Haali Pulaar, première ethnie africaine, ont été particulièrement visés dans les années 80, faisant l’objet de racisme et de discriminations, après avoir été soupçonnés par le régime d’avoir été derrière un coup d’Etat déjoué.

Au Bénin et au Togo, ils sont minoritaires et occupent le Nord. Ils ne sont pas impliqués dans la politique de leurs pays et ils font face à des conflits frontaliers et des tensions avec les agriculteurs. La communauté peule au Bénin est déjà victime de nombreuses humiliations et brimades par les populations et les forces de l’ordre à cause de la mauvaise publicité qui leur est faite par certains médias.

Des lueurs d’espoir et un « plan marshall » exigé
Des exceptions ou encore des lueurs d’espoir émanent du Sénégal, où les Peuls ont toujours occupé des postes importants, mais aussi du Cameroun, où ils ne sont pas catégoriquement exclus de la vie politique. D’ailleurs, le premier président du pays Ahmadou Ahidjo (1960-1982) était d’origine peule. Ces mêmes Peuls dominent le centre et le nord du Cameroun même si le pouvoir est aux mains des sudistes depuis plusieurs décennies.

Au Burkina Faso, pays qui n’a pas connu de crises interethniques, le Fulfulde (langue peule) est enseigné et le taux d’alphabétisation est élevé parmi cette communauté.

Ce tour d’horizon montre à quel point la condition des Peuls est généralement propice à l’instrumentalisation politique et religieuse, dans certains pays africains. Mais, Bakaye Cissé président de l’Alliance nationale pour la sauvegarde de l’identité peule et la restauration de la justice (Anspirj), groupe politico-militaire récemment créé au Mali, ne l’entend pas de cette oreille.

Pour lui, les Peuls n’ont aucune revendication religieuse et sont en mesure de « distinguer le bon grain de l’ivraie ». Son groupe d’autodéfense a vu le jour pour dénoncer l’amalgame que l’armée malienne est en train de faire en assimilant tout Peul à un «jihadiste», appartenant soit au Mujao, soit à Ansardine, soit au Front de Libération du Macina d’Amadou Kouffa, prévient-il.

«Nous sommes loin d’être des extrémistes, encore moins des marionnettes entre les mains des mouvements armés. La marginalisation et les immenses pertes humaines causées par l’armée malienne et ses milices de 2012 à nos jours à l’encontre des communautés peules nous ont poussés à l’union pour réclamer nos droits», plaide-t-il dans un entretien avec Anadolu.

Tout comme Abdoula Aziz Diallo, Cissé pense que la solution militaire ne mènera nulle part et qu’il faut, en revanche, un « plan Marshall » à mettre en oeuvre par les Etats de la région, en vue d’améliorer la condition des Peuls et mettre un terme aux conflits qui minent plusieurs contrées du continent.


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Libération des otages français: Que s’est-il vraiment passé ?

Le journal L’ il du Sahel, dans ce document, explique les conditions de la libération, les sommes qui auraient été versées, les négociations et le montage médiatique de la libération

Quelques jours après, le voile se lève peu à peu sur les conditions de la libération des otages français enlevés le 19 février dernier à Dabanga dans l’Extrême-Nord du Cameroun. Les sept membres de la famille Tanguy Moulin-Fournier ont été libérés le 19 avril 2013 entre 2 et 4h du matin. Ils ont été récupérés à deux kilomètres de Banki, précisément à Narikou, une bourgade rétrocédée au Cameroun à la suite de la décision de l’arrêt de la Cour de Justice de la Haye, dans le cadre de l’affaire Bakassi intervenue en octobre 2012. Là, une rivière fait office de frontière entre le Cameroun et le Nigeria, et en saison sèche comme c’est le cas actuellement, la traversée se fait tranquillement pour les piétons. De sources concordantes nigérianes, les intermédiaires ont conduit les otages au lieu de leur libération à bord de deux véhicules, dont une Toyota Prado suivie d’un pick-up neuf. Le petit convoi était escorté de deux motos. Tout ce beau monde a été aperçu à Banki aux environs de 20h, puis, le convoi, trop voyant, est reparti vers le village Barkari se remettre au vert, avant de rejoindre péniblement le lieu du rendez-vous. Au total, le convoi comportait une vingtaine de personnes, otages et intermédiaires de l’escorte compris. Une fois l’échange fait, l’équipe camerounaise chargée de récupérer les otages, constituée pour l’essentiel des hommes du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR), a immédiatement repris la route pour Maroua. Les otages ont été directement conduits à l’aéroport de Maroua où, arrivés autour de 6h, ils ont embarqué dans un avion militaire de fabrication chinoise de l’armée camerounaise. Celui-ci s’était posé discrètement la veille, dans la nuit, sur le tarmac de l’aéroport de Maroua avec à son bord une illustre personnalité: le Secrétaire Général de la Présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh. Sans doute, avait-il été dépêché sur les lieux une fois la certitude acquise que les otages seraient bel et bien libérés dans les heures qui suivaient. Puis, intervient le communiqué de la Présidence de la République alors même que les otages avaient à peine foulé le tarmac de l’aéroport de Yaoundé Nsimalen et que Ferdinand Ngoh Ngoh était à peine descendu de l’avion militaire …

Mais ça, c’est une autre affaire.
C’est que les événements s’étaient accélérés quelques jours plus tôt. Le Général israélien Maher Hères, Conseiller technique à la Présidence de la République en charge de la formation des unités spéciales et grand patron du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR), avait pris ses quartiers à Maroua depuis le 14 avril 2013. Un signe avant-coureur de ce que tout s’accélérait, d’autant plus que ceux qui suivaient l’affaire de près n’ignoraient pas que le Cameroun avait fait un geste de bonne volonté dans la contribution aux pourparlers avec la secte ou du moins le groupe qui détenait les otages et avait obtenu le label «Boko Haram» pour faire monter les enchères.

Négociations
Au lendemain de la visite au Cameroun du Ministre français des Affaires Etrangères, les 15 et 16 mars 2013, le BIR avait exfiltré nuitamment vers la frontière nigériane, à partir de Maroua, au moins quatorze membres de la secte où figuraient Bana Modu, Badou Oumar, Abba Ahmat, Adoum Mahamat, arrêtés le 13 octobre 2012 au pont d’Amchidé en possession de 1 399 munitions, un pistolet automatique et une kalachnikov et détenus à Maroua. Pour mener à bien son opération, le BIR avait loué ce jour à Maroua, auprès de la société de transport interurbain Touristique express, un bus de 14 places où ont pris place dans la nuit les membres de la secte ou supposés comme tels. S’ils n’avaient pas les yeux bandés, un tissu noir couvrait leur tête et ils semblaient totalement méconnaissables aux éventuels curieux. C’est donc un convoi de cinq véhicules, quatre du BIR et le bus qui a quitté Maroua en direction d’un lieu indiqué de la frontière où ils ont été relâchés. Seule certitude, au moment de quitter la capitale régionale de l’Extrême-Nord, le bus était plein à craquer et chacun des passagers s’était vu gratifier d’une petite cagnotte pour qu’il rejoigne sa famille une fois la frontière franchie… D’autres membres de la secte, ceux qui étaient vraisemblablement enregistrés par Boko Haram seront libérés au moment de la récupération des otages, parmi lesquels le plus important était Moustapha Mohamed, arrêté le 31 octobre 2012 à Fotokol en possession de tracts de Boko Haram en langue Haoussa et dont la mission était d’installer une cellule de Boko Haram à Fotokol, et qui était au frais à Yaoundé. Jusqu’à la dernière minute, il est resté aux mains des Camerounais. Une sage précaution au cas où, à la dernière minute, l’affaire aurait tourné… Cahuzac. «Nous en savions beaucoup sur ceux qui ont pris les otages mais nous ne voulions pas mettre la vie des otages en danger. Ils n’ont jamais quitté l’Etat de Borno. Rapidement, nous avions compris que les ravisseurs étaient intéressés par le paiement d’une rançon et que les autres revendications servaient simplement à noyer le poisson et à créer un cadre adéquat pour les pourparlers», reconnaît une source haut placée au State Security Service (SSS) à Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno, limitrophe du Nord-Cameroun. Comment le Cameroun en est-il arrivé à piloter le dossier bien que les otages aient été enlevés sur son territoire mais «sécurisés» ailleurs? A en croire toujours les informations obtenues auprès des sources nigérianes introduites, toutes les parties avaient intérêt à mettre le Cameroun en première ligne.

«La secte, pour des raisons sans doute de leadership interne, n’a pas souhaité discuter avec les autorités nigérianes au risque de voir sa direction totalement discréditée. Un de ses chefs, celui qui a les faveurs des médias, Abubakar Shekau, vient de rejeter l’offre d’amnistie du Gouvernement. Il ne peut pas être dans cette posture et discuter même indirectement avec nous d’autant plus qu’il avait publiquement associé son image, quoi que tardivement, à cette prise d’otages. Pour nous, cela a été une aubaine, car payer une rançon ou cautionner publiquement cette démarche aurait été difficilement tenable. Cela aurait signifié se tirer une balle dans le pied. Cela se serait résumé à quelque chose de stupide, c’est-à-dire que le Gouvernement du Nigeria finance le terrorisme sur son territoire», explique notre source. Et de poursuivre: «La France, elle, est fidèle à son principe qu’elle ne paye pas officiellement de rançon et ne sous-traite pas ce volet, sous quelque forme que ce soit, ce qui permet toujours de sortir la tête haute. Pour le Cameroun, c’était aussi une belle opportunité, une occasion de se mettre en valeur à peu de frais. Il montre qu’il est capable de résoudre des questions sécuritaires qui se posent sur son territoire, engrange au passage de gros bénéfices politiques, et permet à la France de dissimuler son rôle pourtant déterminant dans cette affaire», indique la source nigériane proche du dossier. Le Nigeria, contrairement à ce que les évènements peuvent laisser croire, n’a pas été tenu à l’écart des négociations et a même eu à poser des conditions et à obtenir satisfaction sur certains points. «Nous avons multiplié des gestes de bonne volonté pour accompagner positivement les négociations, mais la France a tenu compte du fait que verser la rançon à des terroristes, même si c’est le Cameroun qui s’en charge, c’est financer le terrorisme, c’est renforcer les capacités opérationnelles de la secte. Sans cela, le Cameroun ne pouvait pas prendre le risque de verser de l’argent à des terroristes pour s’autofinancer, car après tout, ce sont les Nigérians qui payent le lourd tribut de la folie meurtrière de cette secte», signale un haut responsable du SSS du Borno State. De fait, selon les analystes nigérians de Maiduguri, si la secte Boko Haram est en quête aujourd’hui de ressources financières, c’est qu’elle n’arrive plus à se servir convenablement sur le stock de l’armée. Elle a donc besoin de grosses sommes d’argent pour acquérir des armes à l’extérieur, notamment au Soudan, les faire transiter par le Tchad avant de les introduire au Nord-Cameroun et enfin dans l’Etat de Borno.

Sans la «compréhension» de la France, le Nigeria n’aurait sûrement jamais accepté que les intermédiaires du Gouvernement du Cameroun fassent parvenir, au finish, plusieurs millions de dollars aux ravisseurs. Au final donc, tout aura été minutieusement arrangé entre les trois pays. Y compris le cours des évènements. Quid de négociateurs camerounais? «Nous les avons accompagnés parce qu’un faux pas des services de sécurité et l’affaire capotait. Les négociateurs camerounais avaient de bonnes entrées dans l’Etat du Borno State et cela nous a beaucoup surpris», souffle le responsable nigérian. Mais pas de nom, même si de nombreuses sources avancent sans fournir aucune preuve le nom de l’Honorable Abba Malla, député RDPC du Mayo-Sava. Ce dernier, il est vrai, pour des raisons encore inconnues, est invisible à l’hémicycle depuis le début de l’actuelle session. Et ce n’est pas tout: c’est l’homme de main, au Nord-Cameroun, de l’ex-tout puissant Gouverneur du Borno State, Modu Shérif…

Manipulation médiatique
Les Nigérians en savent également bien plus sur la stratégie communicationnelle mise en place. «Nous étions informés de ce qui allait se passer, la partie se jouait quand même sur notre territoire. Nous avons dégarni le secteur conformément aux accords pour que la libération se passe dans de bonnes conditions. Il était toutefois impératif que le Cameroun assume la paternité de l’opération, afin que nous, nous n’ayons pas à rendre des comptes à notre opinion publique, et la France de même. Des trois pays impliqués, c’est le Cameroun qui pouvait mieux assurer cette communication car elle avait tout à gagner à cette étape. Vous n’allez pas quand même croire que le Ministre Français des Affaires Etrangères a été tiré de son lit subitement et a aussitôt pris l’avion pour le Cameroun comme par hasard. Tout le monde savait, et le timing, le déni de la rançon, les hésitations de Paris à confirmer la libération, tout cela était parfaitement bien organisé. Chaque pays a joué son rôle et si tout est mis sur le compte du Cameroun, c’est simplement pour que les Gouvernements de la France et du Nigeria s’en tirent à bon compte auprès de leur opinion publique», conclut notre source.

Rançon
Les indiscrétions nigérianes recueillies à Maiduguri, fief de Boko Haram, parlent d’une rançon oscillant entre 5 et 7 millions de dollars versée par les négociateurs camerounais via des intermédiaires. Le versement, toujours selon des sources à Maiduguri, se serait déroulé en plusieurs étapes, par des circuits complexes. Quant à la provenance de la rançon, aucun doute côté nigérian. «D’où que puisse venir l’argent, c’est le Cameroun qui a réglé officiellement la note. Il peut l’avoir fait spontanément, par humanisme, parce que les otages ont été pris sur son territoire et qu’il avait une dette morale à leur égard. Il peut l’avoir fait pour améliorer ses bonnes relations avec la France et espérer en tirer des dividendes en termes d’image, de réduction de la dette… Il peut avoir été un simple transporteur de valises et que l’argent a été versé par des tiers… Si vous cherchez l’origine des rançons, autant remonter les comptes des paradis fiscaux. La seule certitude, c’est que l’argent a été versé par les négociateurs camerounais. Maintenant que l’affaire s’est bien terminée, le plus difficile commence pour nous: remonter la chaîne depuis les bandits qui ont kidnappé les otages jusqu’à ceux qui ont encaissé l’argent», ricane notre source nigériane.

Le BIR à la man uvre, les autorités administratives locales exclues…
La libération des otages français a encore mis en exergue le rôle prépondérant du Bataillon d’Intervention Rapide dans le dispositif sécuritaire du Cameroun. Cette affaire montre qu’elle est finalement le maillon de confiance à tout faire du régime.

Pour l’exfiltration des membres de Boko Haram, alors que les observateurs s’attendaient à voir à la man uvre la Direction Générale de la Recherche Extérieure (DGRE), c’est finalement les hommes du Général israélien Maher Herez, grand patron du BIR, qui ont pris le contrôle de toute l’opération. Un camouflet pour la DGRE? Elle n’avait pas une profondeur stratégique dans le dossier, précise de fins connaisseurs. Pis, le Secrétaire Général de la Présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, qui coiffe les services de renseignement, suivait particulièrement le dossier côté camerounais et pour une raison ou une autre, voulait s’accaparer seul toute la lumière. A moins que ce ne soit une recherche de discrétion absolue. Plus globalement, que ce soit les patrons de la gendarmerie, de la police, ou mieux encore de l’armée, aucun n’a été associé de près aux négociations. Quid des autorités administratives locales? C’est en suivant le communiqué de la Présidence de la République lue sur les antennes de la radio publique, dans la matinée du 19 avril 2013, que le Gouverneur de l’Extrême-Nord a appris la bonne nouvelle et que le Préfet du Mayo-Sava a découvert que les otages avaient été libérés dans son territoire de commandement. Les négociateurs camerounais, coachés jusqu’au bout par les Français, avaient pris de précieuses précautions pour mener à bon port leur affaire. La fausse alerte annonçant la libération des otages français quelques jours seulement après leur enlèvement, information rapidement démentie, a convaincu bien d’acteurs que l’agitation caractérisait beaucoup de responsables en poste dans la Région de l’Extrême-Nord. Il était donc hors de question qu’ils soupçonnent quoi que ce soit. Avant d’être exclues du circuit, autorités administrative de la région et chefs traditionnels avaient été pourtant mis à contribution. A la fin du mois de février 2013, le Sultan de Makary, Ali Mahamat et son compère de Logone Birni, Mahamat Bahar, s’étaient rendus à Ndikwa rencontrer le shehu (chef) de cette importante chefferie traditionnelle qui règne sur une vaste région transfrontalière du Nord-Cameroun, afin qu’il déploie ses antennes pour que les otages soient rapidement retrouvés. Ce dernier les a poliment invités à retourner chez eux, ne voulant pas attirer sur lui les foudres de la secte Boko Haram. Les autorités ont par la suite formé discrètement des personnes installées le long de la frontière avec le Nigeria dans les Départements du Logone et Chari et du Mayo Sava à qui elles ont remis des GPS… Tout ce tâtonnement et les dépenses qui l’accompagnent se sont produits avant que l’on ne tombe sur l’oiseau rare, celui qui a fait aboutir les négociations.

L’ il du Sahel raconte les conditions de la libération des otages

Le Festival Woïla hip hop consacre la culture urbaine à Garoua

La troisième édition des rencontres internationales des cultures urbaines au Sahel était une grande fête populaire

Le rideau est tombé sur la troisième édition du festival Woïla Hip Hop qui s’est tenu du 30 décembre 2011 au 1er janvier 2012 à Garoua. Organisé par l’association 2H Kulture, cet évènement est devenu au fil des ans une plateforme d’expression pour les acteurs des différentes disciplines qui constituent les cultures dites urbaines. Pour ce troisième anniversaire, trois pays de la sous région Cemac étaient représentés à Garoua dans la Région Nord du Cameroun, devenu capitale sous régional des cultures urbaines le temps d’un week-end. Le Tchad était représenté par le slameur Croquemort et le rappeur 2D Kost, la République centrafricaine était représentée par l’artiste AS Kotanbanga, tandis que le Cameroun pays hôte était représenté par Habib du Bled, Princesse Kadidja, Xylem, Serum, 5-Tez et US Underground. Initialement annoncé, les artistes dj Bilik, Sumanja, 1.9.8.5 et Marsi n’ont pas pu faire le déplacement pour la cité nordique.

La première journée du festival le 30 décembre fut consacrée pour l’essentiel à l’accueil et à l’installation des artistes invités puis une rencontre entre ces derniers et les rappeurs locaux à eu lieu en présence des organisateurs. Le samedi 31 décembre, le lieu de convergence était cette fois-ci l’esplanade de l’Hôtel des postes où était prévu un concert géant. Programmé à 18h, c’est finalement à 20 heures que débutera le show. En première partie, ce sont les artistes locaux qui donneront le ton de la soirée. Très engagé, US Underground ouvre le bal avec son rap harcord, suivi de Sacrifice, de 5-Tez venu de Maroua. Le groupe Serum viendra clore ce plateau dont les rappeurs lors de leur passage sur scène ont enflammés chacun à leur tour le public. Pour marquer la pause, quelques dj ont pris d’assaut les platines et ont fait danser le public sur quelques gros tubes de l’heure.

Princesse Kadidja sur scène
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Après cet intermède, la deuxième partie interviendra avec un plateau composé d’artistes confirmés donc chacune des prestations fut un pur régal pour le public venu en masse soutenir l’émergence d’une scène urbaine sous régional dynamique. Le slameur tchadien Croquemort ouvrira ce plateau en régalant le public avec les rimes de son slam qui transpire de talent et d’originalité. Princesse kadidja prendra ensuite le relais. La jeune rappeuse originaire du Nord Cameroun a secouée par la force de son flow l’esplanade de l’Hôtel des postes pour ensuite céder la scène à l’artiste As Kotangbanga venu de Bangui en Centrafrique. La prestation époustouflante du rappeur centrafricain aux textes engagés lui a valut les ovations du public. Ovationné également, le rappeur tchadien 2D Kost présentera son album solo baptisé «offishal». Très attendu par les jeunes du Nord, Habib du Bled le «micro-professeur» montera sur scène à 23h50 et fera son show jusqu’en 2012 devant un public visiblement heureux d’avoir vécu un spectacle de haute facture. Heureux, les organisateurs l’étaient également. Ceux-ci se félicitent surtout d’avoir tenu pari d’une troisième édition avec une belle programmation internationale.

L’artiste As Kotangbanga de la RCA
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Le festival a par la suite joué les prolongations le 1er Janvier 2012 en se déportant au Club Cicam pour un «after show» à l’occasion de la «Nuit du Boucan» qu’organisait la Jet Set et 2H Kulture. Plus de 1500 jeunes ont pris d’assaut le club pour célébrer la nouvelle année et témoigner leur attachement à la culture hip hop. Rappelons que le festival Woila Hip Hop est une initiative de l’association 2H Kulture, une association basée dans la ville de Garoua et qui a pour la promotion et la vulgarisation des cultures urbaines.

La fête s’est poursuivie dans les rues de Garoua
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Cameroun: Abou Soroba chante la femme sahélienne

Originaire du Nord Cameroun, Abou Soroba a présenté son premier album le 19 novembre à Garoua

Il se présente comme héritier d’Ali Baba, le « grand maitre » qu’il a eu l’honneur d’accompagner. Abou Soroba a donné au public, venu nombreux à la mi novembre l’applaudir, l’occasion d’apprécier les belles sonorités extraites de son premier album « biddo debbo » (jeune fille). Une belle uvre de l’esprit où rythmes sahéliens du nord Cameroun flirtent avec du reggae ou encore du zouk love. Fruit de la maturité, cet album empreint d’influences sahéliennes est le trait d’union entre les mélodies, les mélopées ingurgitées durant son enfance et les rythmes venus d’ailleurs.

Abou Soroba swingue avec aisance entre plusieurs rythmes et nous entraîne dans un univers musical qui se veut éclectique et séduisant. L’album est composé de 8 titres. L’artiste y chante en peul et en français, abordant au passage diverses thématiques : les amours, l’amitié, la misère, la médisance, l’hypocrisie etc… Dans la chanson « Poulloh », Abou Soroba chante la beauté de la femme Peule et salut cette « race » noble implantée depuis des décennies dans la Grand Nord Cameroun. Dans la chanson « Biddo debbo » il chante sa déception de s’être vu refuser la main d’une jeune fille parce que n’étant pas nanti. Le titre « Ndami ndama » est une chanson contre la médisance alors que « Soba » est un hymne à l’amitié sincère. De sa voix puissante, Soroba propose également à travers la chanson « Mon amour », une reprise du tube à succès « Je pense à toi » des Maliens Amadou et Mariam. On ne peut que constater au fil des chansons, le talent de parolier de l’artiste qui, à travers les textes de ses chansons, nous rappelle certaines vérités de la vie. Afin de parfaire ce premier album, Soroba s’est entouré de musiciens tous connaisseurs, avertis des rythmes sahéliens. On peut citer notamment Sali à la garaïya, Appolo et Moussa à la percussion, Piket Bass et Couchou Bush à la basse ou encore Olivier Peyon pour le saxophone.

Abou Soroba, un peul à la conquête du monde.
Abou Soroba, Bassoro Aboukar de son vrai nom, est né le 1er janvier 1966 à Garoua au nord du Cameroun. Il quitte l’école primaire en cours élémentaire pour s’occuper du bétail de sa famille comme tout jeune Peul selon les prescriptions du « pullaku ». Adolescent, devenu un berger confirmé, il égaye son troupeau avec des beaux chants lyriques. C’est ainsi que débute sa passion pour le chant. En 1998, Soroba décide de se lancer dans l’aventure musicale. Sa première étape fut Yaoundé, capitale du Cameroun. Dans le quartier de la Briqueterie, il fait la connaissance de quelques grands musiciens et assure le chant au côté du célèbre défunt musicien camerounais Ali Baba.

En 2000, après avoir sillonné les cabarets de Yaoundé afin de se perfectionner, il part pour la France rejoindre son épouse. Ce changement contraint par ailleurs Soroba à mettre entre parenthèses sa carrière musicale pour pouvoir se consacrer à sa famille. L’artiste décide pourtant rapidement de retourner à sa passion, le chant. Il se consacre alors à un premier album, qu’il baptise Soba (« ami » en langue Peul, ndlr). Avec cet album Soroba rejoint la très restreinte famille des artistes originaires du Nord Cameroun et titulaires d’un album disponible dans les bacs. « Soba » est un album qui s’écoute et se danse, un album qui séduirait même les oreilles les plus rudes. A vos cd !

Originaire du Nord Cameroun, Abou Soroba chante la femme sahélienne
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Mauritanie: L’AQMI s’attaque à une base de l’armée

Le bilan fait état de 20 morts et 10 arrêtés côté assaillants

Dix jours après avoir été la cibl en territoire malien de l’armée mauritanienne, la branche maghrébine d’Al-Qaïda a riposté en menant à son tour une attaque contre cette armée dans le sud-est de la Mauritanie qui s’est soldée par plusieurs morts. L’attaque d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) s’est produite près de la ville de Bassiknou, à proximité de la frontière malienne. Il s’agit d’une première attaque au grand jour et à l’initiative d’AQMI. Des sources à Nouakchott parlent de l’envoi sur les lieux d’avions militaires pour détruire les salafistes qui sont en grand nombre, selon des témoins locaux. Au sujet du bilan de l’opération qui n’a duré que 40 minutes, une source militaire précise que la riposte mauritanienne était si forte que les assaillants auraient perdu 20 de leurs éléments, pendant que 10 étaient faits prisonniers. Par ailleurs, les avions continuent de pourchasser les éléments d’AQMI dans le territoire malien. Dans les rangs de l’armée mauritanienne, on parle de quatre blessés dont un officier qui sont admis à l’hôpital de Bassiknou, à l’extrême sud-est mauritanien. Plusieurs véhicules de terroristes y ont participé, a affirmé une source militaire mauritanienne, mais l’armée a pris l’initiative sur eux, a-t-elle ajouté en précisant que l’aviation était intervenue. Le raid visait une base d’un groupement spécial de lutte anti-terroriste de l’armée mauritanienne.

Il n’est plus question de deux soldats morts, comme l’avait indiqué l’armée mauritanienne lors du raid qu’elle a mené le 24 juin contre une base d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), dans la forêt de Wagadou au nord-ouest du Mali, proche de la frontière mauritanienne. Au moins 20 soldats mauritaniens auraient été tués et 12 véhicules de l’armée détruits, selon un communiqué signé par Aqmi et publié le mercredi 5 juillet sur le site de l’Agence Nouakchott informations (ANI, indépendante). [i Les moudjahidine ont perdu deux de leurs combattants: L’Algérien Eness Abou Fatima Aljazairi et Abdel Halim Al Azawadi, originaire des tribus arabes du nord du Mali, a déclaré ce porte-parole joint dans le nord du Mali par l’Agence Nouakchott Informations. Selon ce porte-parole qui n’a pas donné de bilan sur le nombre de victimes mauritaniennes éventuelles, Aqmi a réussi à récupérer le corps du Malien, mais celui de l’Algérien est resté sur le terrain et a été récupéré par.


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Le porte-parole d’Aqmi a par ailleurs affirmé que les autres membres du commando ayant participé à l’attaque avaient regagné leurs bases sains et saufs. Aqmi possède plusieurs bases dans le nord du Mali. Une course-poursuite s’était alors engagée entre l’armée mauritanienne et les assaillants après leur raid, en territoires mauritanien et malien. Le calme était revenu hier mercredi dans la région de Bassiknou, mais l’armée mauritanienne a installé ses forces autour de la ville et le long de la frontière pour parer à toute éventualité. La Mauritanie et le Mali sont parmi les pays les plus touchés par les activités d’Aqmi, avec le Niger et l’Algérie où cette organisation a ses racines. De ses bases au Mali, elle organise dans le Sahel des attentats et des enlèvements – essentiellement d’Occidentaux – ainsi que divers trafics. Aqmi retient depuis la mi-septembre 2010 quatre Français enlevés dans le nord du Niger, ainsi qu’une Italienne enlevée le 2 février dans le sud de l’Algérie.


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Insécurité: L’AQMI, impose son rythme dans la région désertique du sahel

L’organisation islamique armée d’origine algérienne tire l’essentiel de son financement dans la prise d’otages

Al-Qaida au Maghreb islamique ou AQMI est une organisation islamique armée d’origine algérienne. Cette organisation a changé de nom le 25 janvier 2007, elle s’appelait auparavant le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC). Ce changement aurait obtenu l’approbation d’Oussama Ben Laden. L’organisation est placée sur la liste officielle des organisations terroristes des États-Unis, de l’Australie et de la Russie. Elle est considérée par l’ONU comme proche d’Al-Qaida et à ce titre sanctionnée par le Conseil de sécurité des Nations unies. Si les racines du groupe se trouvent en Algérie, la zone d’opération s’est étendue et correspond aujourd’hui à la région désertique du Sahel qui s’étend des régions semi-arides du Sénégal jusqu’à certaines parties de la Mauritanie, du Mali et du Niger.
L’Aqmi est devenu une multinationale du crime, et selon une étude de l’Observatoire sahélo-saharien de géopolitique et de stratégie (OSGS), il compte entre 200 et 300 combattants. Il conduit des petites guérillas dans sa zone d’influence (Algérie, Mali, Niger, Mauritanie) où les sources de revenus ne sont pas si nombreuses. L’organisation est divisée en diverses tendances. Les deux principales katibas (groupes de combattants) sont animées d’une part par Abdelhamid Abou Zeïd (assassin de l’otage britannique Edwin Dyer en 2009, ravisseur du Français Michel Germaneau mort en juillet 2010, et geôlier des otages d’Arlit), et, d’autre part, par Mokhtar Belmokhtar qui serait, aux yeux de sources proches du renseignement français, l’auteur de l’enlèvement des deux Français tués après leur rapt le weekend dernier. Selon l’ancien ministre malien des Forces armées et des anciens combattants, Soumeylou Boubèye Maïga, « les leaders d’Aqmi, à commencer par Belmokhtar, ont contracté plusieurs mariages de convenance dans différentes communautés, achetant ainsi leur protection. D’autre part, les groupes mafieux et Aqmi ont suppléé à la défaillance des Etats en apportant des solutions à certains problèmes fondamentaux des populations.»

Selon Mathieu Guidère, professeur à l’université de Genève, la drogue est l’un des moyens employés pour se financer. Mais Aqmi ne se livre pas au trafic. Comme tous les groupes islamistes, Aqmi est contre l’usage de drogue. En revanche, dans une certaine théologie de l’islam, il est légitime de percevoir des taxes sur les marchandises qui traversent les territoires musulmans. Et c’est ce que fait Aqmi avec la drogue. Cependant, ce n’est pas sa première source de profit. L’essentiel, c’est le kidnapping. Et pas seulement celui de Français. Aqmi, depuis deux ans, a enlevé des Canadiens, des Italiens, des Espagnols, des Suisses, des Allemands, des Chinois, des Japonais, des Américains. et sans compter les ressortissants locaux. Aqmi kidnappe au moins un homme d’affaires algérien par semaine. La somme des rançons demandées de janvier 2007 à nos jours représente 54 millions d’euros. Et on peut estimer que la moitié de ces sommes a été versée. La deuxième source de financement vient de la contrebande, dans laquelle il faut faire entrer les voitures, les cigarettes, l’alcool, le haschisch, ou l’immigration clandestine. Aqmi prélève une taxe pour permettre à des convois de passer. Une troisième source de financement, c’est le passage, plus récent, de la drogue sud-américaine qui atterrit en Afrique de l’Ouest, puis traverse le désert pour aller vers l’Europe.

Le sahel, zone désertique occupée par l’Aqmi
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Le jardin secret d’Aminatou Ouwalé, la diva du Sahel

A 31 ans, la star de la musique sahélienne vient de mettre sur le marché son deuxième album «Dounia»

Né d’un père Haoussa et d’une mère Banso’o, tous deux originaires de la région du Nord-Ouest Cameroun, Aminatou Ouwalé est la première fille d’une famille qui en compte dix. A l’âge de trois ans, elle est confiée à sa tante paternelle commerçante à Limbé. C’est dans cette cité balnéaire qu’elle a commencé son cursus scolaire. D’abord au government bilingual school Down Beach of Limbé de class one à class seven, puis au Seca Baptist college of Limbé pour le début de ses études secondaires. Pour la suite, elle va fréquenter au Kast Bambili High school de Bamenda. Comme la majorité des filles musulmanes, Aminatou Ouwalé s’est très vite mariée, alors qu’elle était encore élève en classe de form 4. Ce qui ne l’a nullement empêché de décrocher son General Certificate of Education Advanced Level (GCE A Level), l’équivalent du baccalauréat dans le sous-système éducatif francophone au Cameroun. Quoique d’expression anglophone, Aminatou Ouwalé est une camerounaise parfaitement bilingue qui manie avec dextérité le français et l’anglais.

Sa passion pour la musique commence dès sa tendre enfance avec un penchant particulier pour les musiques indiennes, arabes, sénégalaises et maliennes. Ses artistes préférées sont Oumoul Sangaré et Aïcha Koné. A la question de savoir ce qui l’a motivé à devenir musicienne, elle déclare je me suis rendue compte qu’il n’y avait pas beaucoup de filles du septentrion qui s’intéressaient à la musique. Dans le grand Nord, il n’y avait que Kande Garraya qui vit entre Meiganga et Ngaoundéré. Pour plus de filles dans la musique sahélienne, je me suis dite, pourquoi pas le Cameroun? Pourquoi pas une fille foulbé ou une fille Haoussa? Pourquoi pas moi? C’est comme ça que je me suis lancée dans la musique.

Mais comme elle l’avoue elle-même, les débuts ne sont pas faciles. Quand j’en ai parlé à mon mari, il n’a pas refusé mais il manifestait une certaine réticence. C’est quand j’ai divorcé que je me suis vraiment lancée dans la musique. Comme si cela ne suffisait pas, il fallait encore faire face aux intrigues de certains amis qui avaient une certaine image péjorative des artistes musiciennes. Certains me disaient, tu n’as pas honte? Tu ne vas plus te marier. Heureusement, elle n’a fait que suivre la voix de son c ur. Je me suis tout simplement posée la question de savoir si j’aime ce que j’ai envie de faire? Dans ce monologue et face à cette interrogation, j’ai répondu par l’affirmative. Mes vrais amis comme Laminou Tilimdo (réalisateur), Aoudou Dika alias Malam Boukar (Comédien) ou encore le feu Moussa Babanguida (musicien) m’ont beaucoup soutenu et encouragé dans cette voie. J’allais chaque fois suivre les répétitions du feu Moussa Babanguida du groupe Wakili et c’est comme cela que j’ai commencé à chanter avec eux. Un jour, Laminou Tilimdo qui est réalisateur m’a dit qu’il était en train de tourner un film et qu’il avait besoin de moi pour chanter. C’est donc à cette occasion que j’ai composé ma première chanson intitulée «Sey Guedal» et c’est comme cela que ma carrière musicale a pris son envol. Après un bon bout de temps, j’ai constaté que le public m’a accepté.

Aminatou Ouwalé, la diva du Sahel
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Après son premier album de huit titres intitulé «Yidde» qui signifie l’amour en Fufuldé, Aminatou Ouwalé vient de mettre sur le marché un deuxième album de sept titres intitulé «Dounia» qui veut dire La vie. Dans ce second opus, elle relate son expérience de trente et une années de vie. Comme thèmes développées, il y a la trahison, notamment celle de certains de ses amis, l’appel au travail lancé aux jeunes musulmans ou encore les titres Amaria qui traite de la jeune mariée et le titre Diguida qui parle de la beauté de la femme, notamment de ces perles qu’elles ont autour des reins.

Aujourd’hui adulée, respectée et très sollicitée pour son talent, Aminatou Ouwalé est présente dans toutes les cérémonies dignes de ce nom. On m’appelle partout pour des prestations, déclare-t-elle. Avec à son actif plusieurs concerts au Nigéria, au Cameroun, au Niger et au Ghana, elle a participé à deux reprises au Festival International des musiques sahéliennes du Cameroun (Festi-Musa) d’Adala Gildo en 2005 à Garoua et en 2007 à Ngaoundéré, ainsi qu’au Festival National des arts et de la culture (FENAC) de Maroua en 2008. Face au phénomène de la piraterie, Aminatou Ouwalé prône la solidarité entre les artistes pour combattre ce fléau. Modeste et casanière, Aminatou Ouwalé se veut aussi très discrète. Je peux faire deux mois sans sortir de cette maison si je n’ai pas de concerts à donner, puisque mes frères et s urs sont là pour faire mes courses. Le respect pour elle est une règle d’or. Je me respecte et je respecte les autres parce que je sais que si vous ne vous respectez pas, personne ne va vous respecter. Les gens doivent comprendre que la musique c’est un métier comme tous les autres et non un moyen d’instrumentaliser les artistes. Célibataire sans enfant à charge, le c ur de La diva du Sahel est presque pris, puisqu’elle est fiancée depuis cinq mois.

« Dounia », son nouvel album veut dire « la vie »
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