Politique › Institutionnel

Tchad-Cameroun: Renforcer les actions de rassemblements pour la CEMAC

La sécurité et la coopération ont été au c ur des préoccupations entre Idriss Deby et Paul Biya hier à Yaoundé

Rencontre cordiale
Ce jeudi matin à 8 heures, le président Idriss Deby du Tchad a quitté le Cameroun, après avoir passé quelques heures à Yaoundé. A sa descente d’avion hier à l’aéroport de Nsimalen, il a été accueilli par le président Biya du Cameroun, qu’accompagnaient des personnalités invitées pour la circonstance. Les deux hommes se sont retrouvés une première fois pour un entretien, qui aura duré près de deux heures et demi. Peu d’informations ont filtré de leur entretien. Mais la durée et surtout le contenu des propos tenus par les deux chefs d’Etats dans leur toast respectifs au moment du diner d’honneur offert pour la circonstance au président tchadien sont indicatifs, les experts estiment que loin d’être une simple visite de fraternité et d’amitié de nombreux points ont franchement été discutés entre les deux hommes.

Résoudre les « crises » de la sous région
La crise institutionnelle qui secoue la Communauté des Etats d’Afrique Centrale (CEMAC) semble beaucoup plus sérieuse que les dirigeants ne veulent l’admettre. Dans son discours, le président camerounais a attiré l’attention du président tchadien sur la nécessité de renforcer la communauté au-delà de toutes les dissensions. De la même manière que les habitants du vieux Continent ont réussi à faire naître un « sentiment européen » malgré des siècles de guerres fratricides, nous devons parvenir à susciter un attachement communautaire chez les citoyens de nos pays (.) Mais il faudra, tôt ou tard, écarter les obstacles artificiels qui s’opposent à la liberté de circulation des personnes et des biens et à la liberté d’établissement, survivances d’un égoïsme national dépassé affirme le président camerounais.
Selon certaines analyses, la sous région Afrique centrale serait secouée par un conflit de redistribution des cartes, depuis la disparation du président Bongo. Une position que semble confirmer le président camerounais lorsqu’il parle de construire au dessus des guerres fratricides comme l’ont fait les européens et d’écarter un égoïsme national dépassé. Le président Deby a lui aussi orienté ses propos dans le même sens. La réalisation de ces objectifs ne peut être atteint que si la paix et la tranquillité règnent dans l’ensemble de notre continent en général et l’espace CEMAC et CEEAC, en particulier affirme-t-il.

Renforcer la sécurité à la frontière tchado camerounaise
Sérieusement abordé aussi, la question de la sécurité des frontières entre les deux pays. Les crises successives au Tchad ont contribué à la création d’un flux massif de réfugiés tchadiens au Cameroun, suspectés parfois d’être à l’origine de certaines atteintes aux personnes et à leurs biens dans la région de l’extrême nord du Cameroun. La situation aujourd’hui maitrisée, des observateurs pensent que le président camerounais aurait suggéré à son homologue, une mise en commun des efforts des deux pays pour envisager le retour de ces refugiés dans leur pays d’origine. La paix exige bien entendu que des conditions satisfaisantes de sécurité soient assurées dans le Nord de notre sous-région affirme t’il. Nous connaissons nous-mêmes, avec les coupeurs de route et les enlèvements, des problèmes (d’insécurité), ce qui rend entre nous indispensable une concertation permanente conclue le président Biya.

Position et concession camerounaises
Le président camerounais a accordé quelques promesses. Il s’est engagé à renforcer la coopération économique entre les deux pays. Dans le cadre communautaire, de nombreux domaines sont susceptibles d’actions conjuguées : la production et la distribution d’énergie ; la construction d’axes routiers et d’infrastructures à vocation sous-régionale ; l’exploitation en commun ou coordonnée de nos ressources du sous-sol ; la mise en uvre de projets agricoles d’envergure pour approvisionner l’ensemble de nos pays ; le rapprochement de nos marchés financiers a affirmé Paul Biya. La rencontre entre les deux hommes s’est tenue au moment où les ministres des finances de la sous région sont réunis à Douala (Cameroun). Les experts de la CEMAC prédisent un sommet délicat à Bangui (Centrafrique) le mois prochain. personne ne veut l’affirmer officiellement, mais certaines analystes pensent qu’en cette circonstance, les débats sur l’attribution du poste de gouverneur de la BEAC pourraient se polariser autour des axes Ndjamena, Yaoundé, Libreville, et Bangui, Brazzaville, Malabo, avec pour arbitre le Tchad. Des indiscrétions affirment sans qu’il n’y ait eu aucune confirmation, que le Cameroun serait favorable pour le maintien de l’attribution du poste au Gabon, avec un renforcement des mécanismes de contrôle.

Idriss Déby et Paul Biya à Yaoundé mercredi dernier
www.prc.cm)/n
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