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Tchad: L’armée d’Idriss Deby repousse les rebelles

Plusieurs sources font état d’un net recul des hommes de l’Union des forces de résistance

L’armée tchadienne semblait dimanche avoir remporté les combats dans l’Est du Tchad et réussi à repousser les rebelles. Selon une source militaire française de l’AFP, le président tchadien affirmait dimanche être dans une phase finale. Il y aurait toujours d’après AFP une reconcentration de colonnes (de rebelles) dans le sud-est, le long de la frontière soudanaise, qui semblait indiquer que la rébellion quitte le pays. Les rebelles tchadiens qu’on soupçonne venus du Soudan sont entrés au Tchad le 4 mai avec pour objectif affirmé de prendre N’Djamena et de renverser le président Idriss Deby Itno. Dimanche, la télévision nationale passait en boucle les images de la victoire contre les rebelles avec des commentaires en forme d’éloge de l’armée tchadienne d’après une source joint à Kouséri, ville camerounaise frontalière du tchad.

On pouvait y voir notamment les corps de combattants tués à Am-Dam et les prisonniers faits pendant cette bataille qui s’est déroulée jeudi à 100 km au sud d’Abéché, grande ville stratégique très loin à l’est du pays. Dès samedi après-midi, le ministre tchadien de la Défense par intérim, Adoum Younousmi, aurait affirmé que le Tchad avait remporté une victoire décisive sur les rebelles dans les combats de jeudi et vendredi. Pourtant les deux parties se sont livrées à une bagarre des chiffres. Dans la capitale, où les habitants ont exprimé leur soulagement, la vie suivait son cours.

Les rebelles eux continuent d’affirmer qu’ils continueront le combat. Ce n’est pas fini. Nous nous regroupons, on s’occupe des blessés, on se prépare, aurait affirmé dimanche un membre de l’Union des forces de la résistance (UFR, coalition des principales factions de la rébellion). La situation est calme ce matin, mais vous verrez ça va reprendre. N’Djamena peut dire ce qu’elle veut mais ce n’est pas terminé. Les bilans donnés par les autorités sont faux, a ajouté cette source. Quand on regarde les images diffusées à la télévision, on voit beaucoup de soldats de l’armée tchadienne et le gouvernement présente tous ces morts comme des rebelles, a-t-elle dit. Cette source estime aussi que les analyses militaires françaises parlant de la victoire de l’armée régulière reposent sur des observations parcellaires. Commentant les combats des derniers jours, la source militaire française a estimé que l’armée tchadienne s’était montrée « très organisée » et qu’elle avait « su canaliser l’adversaire ». Il faut rappeler que la France compte 1.100 soldats stationnés au Tchad dans le cadre du dispositif Epervier, opération française lancée en 1986 au titre d’un accord bilatéral. Ce dispositif fournit notamment à l’armée tchadienne des renseignements obtenus par surveillance aérienne.

Sur le plan diplomatique, le président tchadien Idriss Deby Itno a affirmé samedi dernier qu’il envisageait de rompre les relations diplomatiques avec Khartoum « le moment venu ». Il a aussi manifesté sa volonté de « fermer les Centres culturels soudanais » et de « reprendre les écoles soudanaises ». Car les enseignants de ces écoles d’après lui seraient des agents de renseignement du Soudan. Il affirme aussi son total soutient pour la CPI », la Cour pénale internationale qui a lancé un mandat d’arrêt international contre le président soudanais Omar el-Béchir pour crimes de guerre au Darfour. Dans la foulé, il reproche aussi l’Union africaine son incapacité à trouver des solutions.
Un leader de la rébellion tchadienne, Mahamat Tourki Nouri, a réagi samedi aux nombreuses condamnations par la communauté internationale de l’offensive rebelle. Pour lui Deby est le malfaiteur principal dans cette crise qu’il a créée et anime. Le Conseil de sécurité de l’ONU à son habitude s’est limité à condamner à l’unanimité l’offensive des rebelles tchadiens dans une déclaration rédigée par la France. Le Conseil exige que les groupes armés rebelles cessent immédiatement la violence.

Idriss Déby Itno, président tchadien
chadembassy-usa.org)/n
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