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Tchad: Le Cameroun présent à une conférence sur les enfants soldats

Le Cameroun est représenté par la ministre Catherine Bakang Mbog des affaires sociales

Mettre un terme au phénomène
Des spécialistes de toutes les questions liées au recrutement des enfants, y compris leur réinsertion psychosociale et les violences sexuelles, ont commencé à évoquer depuis hier, la coopération transfrontalière, la justice internationale, les mesures techniques et politiques à prendre. C’est une initiative du gouvernement du Tchad soutenue par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF). La rencontre de Ndjamena vise à mettre un terme au recrutement et à l’utilisation des enfants dans les conflits armés en Afrique centrale. Il y a des milliers d’enfants soldats dans les conflits au Tchad, en République Centrafricaine et au Soudan, a souligné le représentant de l’UNICEF au Tchad, Marzio Babille. Les enfants n’ont pas leur place dans les conflits et il faut mettre un terme à cette tragédie, a-t-il ajouté. Il a aussi rappelé que toute personne de moins de 18 ans ne doit pas être recrutée ni associée à un groupe ou à une force armée dans des fonctions de combat ou dans toute autre fonction, et tout groupe qui recrute des enfants peut être poursuivi devant la Cour pénale internationale (CPI).

Témoignage de quatre enfants soldats
Cette conférence est marquée par la présence de quatre anciens enfants soldats venus partager leurs expériences, notamment Ishmael Beah, Défenseur des enfants affectés par les conflits de l’UNICEF et Emmanuel Jal, aujourd’hui artiste hip-hop. Les délégations gouvernementales du Tchad, du Soudan, de la République Centrafricaine, du Nigeria, du Niger et du Cameroun travaillent à la signature de la «Déclaration de N’Djamena», qui vise à obtenir un engagement renouvelé des gouvernements à mettre fin au recrutement d’enfants dans les forces armées et les milices. Par cette Déclaration, les pays de la région pourraient aussi s’engager à offrir de meilleures opportunités en matière d’éducation et d’emploi aux enfants démobilisés, ainsi qu’à soutenir financièrement leur réinsertion sociale. Le Tchad et le Soudan ont signé et ratifié le Protocole facultatif de la Convention sur l’implication des enfants dans les conflits armés. En revanche, le Cameroun et le Nigeria qui l’ont déjà signée ne l’ont pas encore ratifié. La République Centrafricaine et le Niger zone de conflits, ne l’ont ni signé, ni ratifié.

Un enjeu qui s’inscrit dans le cadre des Objectifs du millénaire pour le développement
L’enjeu de la conférence est majeur pour le système des nations unies. Echouer à protéger les enfants du recrutement et de l’utilisation par des forces et des groupes armés entravera la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement, a rappelé le représentant de l’UNICEF au Tchad, notamment sur l’éducation, puisque les enfants recrutés ne sont pas scolarisés et sur la lutte contre le VIH/Sida, le paludisme et d’autres maladies, puisqu’ils sont victimes de violences sexuelles, d’abus et d’exploitation.

Les enfants encadrés par l’unicef
unicef.org)/n

La Conférence de N’Djamena intervient après le lancement d’une campagne mondiale, le 25 mai, pour le dixième anniversaire de l’adoption par l’Assemblée générale de deux Protocoles facultatifs à la Convention des Droits de l’Enfant sur l’implication des enfants dans les conflits armés, la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants. A cette occasion, le Directeur exécutif de l’UNICEF, Anthony Lake, a souligné que ces Protocoles facultatifs représentent une promesse faite aux enfants les plus vulnérables au monde, ceux nés dans la pauvreté extrême et le désespoir, dans des pays déchirés par les conflits et forcés de vivre dans des conditions d’asservissement inimaginables imposées par des adultes qui les considèrent comme des marchandises.

Le Cameroun représenté
Le Cameroun était représenté à cette conférence par la ministre Catherine Bakang Mbog des affaires sociales. Une rencontre importante pour la ministre qui procèdera cette semaine au lancement des activités en prévision de la journée internationale contre le travail des enfants, dans la partie nord du pays. Le problème des enfants soldats ne se pose pas au Cameroun. De nombreux rapports indiquent que les enfants sont victimes au Cameroun de nombreux abus proches de ce que vivent les enfants dans les pays en guerre. Selon une récente étude menée en 2008 par le CIPCRE (cercle international pour la promotion de la création), il ressort que pas moins de 4000 enfants sont en situation de traite au Cameroun. Ces enfants sont utilisés dans le cadre des services ménagers, le commerce, les travaux champêtres et parfois aussi la prostitution. De nombreuses associations de défense des droits de l’enfant au Cameroun, s’inquiètent de ce taux de violation de leurs droits en situation normale et s’interrogent sur ce que cela pourrait être en situation de conflit.

Pour en finir avec les enfants soldats
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