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Tchad: L’opposant Wadel Abdelkader Kamougué n’est plus

A 72 ans révolus, le député et ancien président de l’Assemblée nationale s’est éteint à Koumra au Sud du pays

Les N’Djaménois n’ont pas cru dès l’annonce de cette tristesse nouvelle. Et la nouvelle a fait très rapidement le tour du pays. Les coups de fil se multipliaient du sud au nord et de l’est à l’ouest. «Est-il vrai que Kamougué est mort? Tu as la nouvelle? Tu confirmes que le général Kamougué est mort?» S’interrogeaient de nombreux Tchadiens en cette matinée. «Je viens de le rencontrer il y a quelques jours au Sud. Ce n’est pas vrai qu’il est mort», s’étonne Modji, un enseignant.

Pour croire effectivement qu’il est mort, de nombreuses personnes ont fait le déplacement à son domicile. Les gens sont complètement bouleversés et de nombreuses femmes devenaient au fur et à mesure inconsolables. Chacun de ceux qui ont fait le déplacement à son domicile voulait savoir de quoi il est mort. Certains militants de son parti ne veulent pas du tout y croire: «Après le second meeting de boycott qu’il a animé avec les autres opposants, il nous a dit qu’il partait au sud et au retour, nous aurons une rencontre. Nous l’attendons toujours et nous sommes restés en contact. Ce n’était pas croyable», confie un membre du bureau de son parti l’Urd joint au téléphone.

L’un des opposants, Yorongar Ngarlejy que nous avons rencontré manque de mots: «Je suis effondré. J’ai reçu ce matin très tôt un coup de fil d’un de mes militants de Béro qui se trouvait à l’hôpital de Koumra. Il m’a informé qu’on vient d’arriver avec le Général Kamougué à l’hôpital et qu’il est dans un état inquiétant. Il a promis m’informer la suite. Le temps d’arrêter de communiquer avec lui, je eu un SMS de Saleh Kebzabo qui m’annonce la mort de Kamougué. C’est vraiment dommage, il nous a abandonné au bord de la route, en chemin mais il n’est pas mort. Il est mort arme en main. Il est un grand combattant armé et politique. Nous allons toujours continuer la lutte quelque soit le prix à payer».

Né en 1939, Wadel Abdelkader Kamougué, actuel conseil à la défense du chef de l’Etat a tant fait parler de lui et n’est pas un inconnu des Tchadiens. Ancien officier de l’armée tchadienne, originaire du sud du pays, il fait partie des auteurs du coup d’État militaire du 13 avril 1975 qui avait renversé le président Tombalbaye. Ministre des Affaires étrangères entre 1975 et 1979, Kamougué est devenu vice-président du Gouvernement d’union nationale de transition (GUNT) quand Goukouni Oueddei est devenu président, le 10 novembre 1979. Il a gardé cette position jusqu’au renversement du GUNT par Hissène Habré, le 7 juin 1982. Au deuxième tour de l’élection présidentielle du 11 juillet 1996, Kamougué a obtenu 30,9 % des voix, contre 69,1 % pour Idriss Déby. En 2005, Kamougué était Président de l’Assemblée nationale et chef de l’Union pour le renouvellement et la démocratie. En avril 2008, après les événements des 2 et 3 février, il fait son entré au gouvernement comme ministre de la défense puis conseiller à la défense du chef de l’Etat depuis décembre 2010.




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