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Tchiroma: «Amnesty a poursuivi son acharnement contre les forces de défense camerounaises»

Le Mincom s’exprimait ainsi en rĂ©ponse Ă  Amnesty International qui accuse le Cameroun de dĂ©tenir arbitrairement des personnes soupçonnĂ©es de collaborer avec Boko Haram

Mesdames, Messieurs les Journalistes,
L’organisation non gouvernementale Amnesty International a, comme vous le savez, rendu public il y a quelques jours, très exactement en date du 14 juillet 2016, un rapport sur la problĂ©matique du respect des droits humains dans la lutte que notre pays mène contre l’organisation terroriste Boko Haram. Ce rapport, vous le savez aussi, intervient après le prĂ©cĂ©dent du mĂŞme genre commis en septembre 2015, soit il y a Ă  peine dix mois seulement.

Comme chacun aura pu s’en rendre compte, le rapport 2016 d’Amnesty International ressemble point pour point, en ce qui concerne en tout cas les accusations portĂ©es contre notre pays, Ă  son Ă©dition de 2015. En effet, pour le dire de manière gĂ©nĂ©rique, le Cameroun est accusĂ© par Amnesty International de fouler aux pieds les règles les plus Ă©lĂ©mentaires en matière de respect du droit international humanitaire et des droits humains, dans le combat qu’il mène contre l’organisation terroriste Boko Haram. Et comme Ă  l’accoutumĂ©e, Amnesty International, dans une vĂ©ritable posture de procureur contre la cause du Cameroun, prĂ©fère ne faire aucun cas des exactions commises par un agresseur pourtant parfaitement connu, dans une situation dans laquelle notre pays n’a ni initiative de belligĂ©rance, ni responsabilitĂ© de violence.

Mais parlons d’abord, si vous le voulez bien, de ce dont Amnesty International nous accable.
Tout y passe ou presque, depuis ce que Amnesty International considère comme des violations des droits humains perpĂ©trĂ©es par les Forces de DĂ©fense camerounaises, faites d’arrestations arbitraires, de disparitions forcĂ©es, d’interrogatoires musclĂ©s et mĂŞme d’exĂ©cutions sommaires, y compris sur des personnes en dĂ©tention, jusqu’Ă  l’irrĂ©gularitĂ© des procĂ©dures judiciaires, le caractère inique et contraire aux droits humains de la lĂ©gislation anti-terroriste applicable au Cameroun, ou encore la non accessibilitĂ© des organisations de dĂ©fense des droits de l’Homme aux personnes suspectĂ©es, les conditions de dĂ©tention en milieu carcĂ©ral, le mutisme des autoritĂ©s face aux questionnements des organisations de protection des droits de l’Homme.

La première curiositĂ© de ces rapports d’Amnesty International qui, comme je le disais tantĂ´t, se suivent et se ressemblent tous, rĂ©side, comme chacun de nous peut malheureusement s’en rendre compte, dans la gravitĂ© des accusations profĂ©rĂ©es contre le Cameroun, qui pourtant est un État organisĂ©, faisant face Ă  un impitoyable agresseur, habitĂ© par une idĂ©ologie aussi barbare que criminelle, et n’ayant que faire de la moindre valeur humaine qui soit.
En effet, sans qu’il soit possible d’en connaĂ®tre la cause, notre pays subit depuis quelques annĂ©es de la part de Boko Haram, de graves exactions dirigĂ©es contre ses biens et ses populations.

Ces agressions Ă  rĂ©pĂ©tition continuent jusqu’Ă  l’heure actuelle d’impacter nĂ©gativement l’Ă©conomie nationale, de dĂ©structurer notre tissu social et d’affecter le moral et la quiĂ©tude de ceux qui, sur notre territoire, vivent dans les zones les plus exposĂ©es aux combats.
Je voudrais Ă  ce sujet rĂ©sumer Ă  votre intention, un bilan que j’avais dĂ©jĂ  communiquĂ© au mois de janvier dernier, sur les dommages causĂ©s par Boko Haram contre notre pays et au dĂ©triment de nos populations.

Ainsi, tout au dĂ©but de l’annĂ©e 2016 et en deux semaines seulement, le Cameroun avait dĂ©jĂ  essuyĂ© 15 attaques terroristes. De 2013 Ă  2015, le recensement des actes d’enlèvements de personnes, y compris des enfants, organisĂ©s par Boko Haram sur notre territoire faisait ressortir 18 enlèvements de personnes. En 2014, 37 attaques Boko Haram ont Ă©tĂ© perpĂ©trĂ©es contre les unitĂ©s des Forces de DĂ©fense camerounaises et 23 en 2015. Toujours en 2015, 21 attaques ont visĂ© les comitĂ©s de vigilance.

Sur la mĂŞme annĂ©e, 28 attentats-kamikazes ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s. Quant aux populations civiles, elles ont subi 66 attaques et exactions diverses de la part de Boko Haram en 2014, 116 en 2015. Depuis 2013 jusqu’au dĂ©but de l’annĂ©e 2016, on aura dĂ©nombrĂ© dans la rĂ©gion de l’ExtrĂŞme-Nord du Cameroun, 315 incursions des terroristes Boko Haram, 12 accidents sur mines et 32 attentats-suicide du fait de ces mĂŞmes criminels.

Au total et Ă  cette pĂ©riode de l’annĂ©e en cours, c’est-Ă -dire au mois de janvier 2016, 1 098 civils camerounais, 67 de nos militaires et 03 de nos policiers ont, Ă  ce jour, perdu la vie Ă  la suite des agressions barbares dirigĂ©es contre notre pays par le groupe terroriste Boko Haram.
Ce bilan n’a cessĂ© de s’accroĂ®tre, incluant d’autres attaques kamikazes, des embuscades contre nos Forces de DĂ©fense, des razzias et pillages sur nos populations, des attaques contre des postes militaires au cours desquelles de nombreuses pertes ont Ă©tĂ© enregistrĂ©es, y compris la mort de nos valeureux soldats, dont au moins un officier supĂ©rieur.

Tout ceci n’a jamais Ă©tĂ© suffisant pour Ă©mouvoir Amnesty International qui, au contraire, a poursuivi en l’accentuant, son acharnement contre les Forces de DĂ©fense et de SĂ©curitĂ© camerounaises. Sans doute que Amnesty International aurait prĂ©fĂ©rĂ© que le Cameroun demeurât inerte face Ă  une telle agression et impassible face aux affres subies par nos populations et notre ArmĂ©e. Sans doute aurions-nous alors mĂ©ritĂ© le salut et le satisfecit de cette organisation, pourtant parĂ©e d’une vocation Ă  dĂ©fendre les droits humains.

Pour Amnesty International, le seul et unique crime commis par le Gouvernement camerounais aura donc Ă©tĂ© de dĂ©fendre l’intĂ©gritĂ© de son territoire et de protĂ©ger les biens et les personnes vivant sur son sol. Malheureusement pour Amnesty International, ni le peuple camerounais, ni la communautĂ© internationale ne pouvaient la suivre dans un tel dessein. Le prĂ©sident de la RĂ©publique, Son Excellence Paul Biya, chef de l’État et chef des armĂ©es, a donc engagĂ© notre nation dans une riposte multiforme, pour apporter une rĂ©ponse appropriĂ©e Ă  l’agression dont le Cameroun faisait l’objet. Au plan militaire, nos vaillantes Forces de DĂ©fense et de SĂ©curitĂ© ont, huit mois durant et seules sur le front de guerre, prĂ©servĂ© l’intĂ©gritĂ© de notre territoire national.

La communautĂ© internationale a rejoint le Cameroun dans ce combat par des interventions variĂ©es, tantĂ´t militaires, tantĂ´t logistiques, tantĂ´t stratĂ©giques. Au plan militaire et de concert avec les autres États de la ligne de front, que ce soit dans le cadre de la Force Multinationale Mixte ou de la coopĂ©ration bilatĂ©rale avec les armĂ©es voisines et particulièrement avec celle du NigĂ©ria, les dispositifs de dĂ©fense et de proactivitĂ© mis en place portent aujourd’hui leurs fruits. Boko Haram, quoiqu’ayant conservĂ© une capacitĂ© de nuisance certaine, est dĂ©sormais poussĂ© dans ses derniers retranchements et vit Ă  coup sĂ»r les derniers instants de son existence morbide.

Ce faisant, aucune exaction, de quelque nature que ce soit, n’est tolĂ©rĂ©e au sein de nos propres Forces de DĂ©fense et de SĂ©curitĂ©, dans les diffĂ©rentes actions qu’elles mènent au plan opĂ©rationnel. Le principe est donc celui du strict respect du droit international humanitaire et des droits humains, auxquels notre armĂ©e et nos forces de sĂ©curitĂ© sont du reste formĂ©es, avec rigueur et intransigeance. Et lorsque malgrĂ© tout, des Ă©carts viennent Ă  ĂŞtre observĂ©s, ils sont punis avec objectivitĂ© et sans complaisance aucune, dès lors qu’ils sont avĂ©rĂ©s.



Au plan juridique, le Cameroun s’est dotĂ© d’une lĂ©gislation portant rĂ©pression des actes terroristes pour juger de tels actes dans un cadre appropriĂ© et en conformitĂ© avec les engagements internationaux pris par notre pays. Le respect des droits humains et des principes Ă©dictĂ©s par les diffĂ©rentes organisations internationales Ă  ce sujet, constitue des contraintes incontournables de la lĂ©gitimitĂ© des actions que le Cameroun mène contre le flĂ©au du terrorisme. La parfaite observance de ces principes par notre pays a d’ailleurs Ă©tĂ© relevĂ© et ceci de façon formelle, par le Conseil des Droits de l’Homme de l’Onu rĂ©uni en sa session du 01er avril 2015 Genève.

Au cours de ces assises en effet, le Conseil des droits de l’Homme a rĂ©affirmĂ© au Cameroun l’apprĂ©ciation du Système des Nations Unies pour les actions menĂ©es par notre pays Ă  cet Ă©gard. Appelant Ă  une plus grande solidaritĂ© internationale, le Conseil des Droits de l’Homme a en dĂ©finitive adressĂ© ses vives fĂ©licitations au Cameroun pour les efforts menĂ©s, en mĂŞme temps que tous les autres pays affectĂ©s par les exactions de Boko Haram, pour une Ă©radication dĂ©finitive de ce flĂ©au. Je voudrais saisir l’occasion de la prĂ©sente mise au point pour rappeler, Ă  l’intention d’Amnesty International et de tous ceux qui, comme elle, ont la noble prĂ©tention de dĂ©fendre les droits humains, ce que le droit international retient du concept du terrorisme. Le droit international dĂ©finit en effet le terrorisme comme « toute action [.] qui a pour intention de causer la mort ou de graves blessures corporelles Ă  des civils ou Ă  des non-combattants, lorsque le but d’un tel acte est, de par sa nature ou son contexte, d’intimider une population, ou de forcer un gouvernement ou une organisation internationale Ă  prendre une quelconque mesure ou Ă  s’en abstenir ».

Mesdames, Messieurs les Journalistes,
Il est donc Ă©tabli et cela conformĂ©ment au droit international, que les actes de terrorisme ne sauraient ĂŞtre assimilĂ©s Ă  des actes de guerre au sens conventionnel du terme. Le terrorisme consiste dans ce sens, en l’emploi de la terreur Ă  des fins diverses, dont essentiellement crapuleuses, comme c’est malheureusement le cas de Boko Haram. Ă€ Amnesty International, nous disons donc que l’agression dont le Cameroun est aujourd’hui victime de la part de Boko Haram ne relève pas d’une guerre conventionnelle pour laquelle il existe un cadre juridique prĂ©cis au niveau international.

Boko Haram n’est pas un acteur du droit international mais bien une organisation terroriste par essence. Il ne saurait donc bĂ©nĂ©ficier de l’application d’un tel cadre juridique face Ă  un État organisĂ© tel que le Cameroun. De la mĂŞme façon, le contexte de la lutte contre le terrorisme impose par lui-mĂŞme des spĂ©cificitĂ©s dans la conduite d’une telle lutte, qui ne sauraient s’identifier Ă  des situations de conflit conventionnel. Au plan humanitaire, il est tout aussi important de relever que le Cameroun abrite Ă  l’heure actuelle des centaines de milliers de rĂ©fugiĂ©s, qui ont dĂ» fuir leurs pays respectifs pour trouver asile et protection sur nos terres. Cet afflux de rĂ©fugiĂ©s tĂ©moigne justement de la confiance que ces populations ont dans la capacitĂ© du Cameroun Ă  leur offrir toute la protection qu’elles recherchent. Les visites effectuĂ©es par les organisations internationales, qu’elles soient intergouvernementales ou non, attestent Ă  suffisance du caractère exemplaire de l’action menĂ©e par notre pays en matière humanitaire, et ceci, malgrĂ© le peu de moyens dont il dispose.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,
Sans doute qu’Amnesty International se sera rendu Ă  l’Ă©vidence, du dĂ©phasage de son rapport, face aux rĂ©alitĂ©s du terrain qui le mettent manifestement en porte-Ă -faux avec les faits. EspĂ©rons seulement que les auteurs de ce rapport auront ainsi pris toute la mesure du rejet consensuel dont ledit rapport fait actuellement l’objet de la part de l’ensemble de la communautĂ© nationale, tous segments et toutes obĂ©diences confondues.

Nous prĂ©fĂ©rons penser que cette autre mĂ©prise d’Amnesty International ne tiendrait qu’aux insuffisances mĂ©thodologiques de son observation et de l’analyse de la situation. Au cas contraire, nous nous interrogerions sur ses motivations rĂ©elles et son agenda occulte, tant les portes du Gouvernement lui ont toujours Ă©tĂ© ouvertes, de mĂŞme que celles des diffĂ©rents sites et terrains sur lesquels se dĂ©roulent les opĂ©rations auxquelles elle s’intĂ©resse. Nous savons aussi que dans le concert des nations, le Cameroun ne compte pas que des amis et que certains parmi ses pourfendeurs, prĂ©fèreraient plutĂ´t le voir en situation d’inconfort. Las d’attendre une telle Ă©chĂ©ance, qui pour eux tarderait Ă  venir, ceux-lĂ  verraient peut-ĂŞtre au pĂ©ril terroriste, un moyen commode de voir leur v u exaucĂ©.

Ă€ ceux-lĂ , nous disons simplement ceci : le Cameroun est et demeurera debout, uni derrière son Chef, le PrĂ©sident de la RĂ©publique, Son Excellence Paul BIYA, Chef de l’État, Chef des ArmĂ©es. Jamais l’engagement du peuple camerounais pour ses valeurs de paix, d’unitĂ© et de solidaritĂ© nationales ne pliera sous le poids des sirènes de la dĂ©stabilisation et de la dĂ©mobilisation. Le peuple camerounais continuera, mieux que par le passĂ©, Ă  avancer dignement et opiniâtrement dans la voie tracĂ©e par le Chef de l’État, vers son objectif d’Ă©mergence.

Je vous remercie de votre aimable attention.

Yaoundé, 20 juillet 2016
Issa Tchiroma Bakary
ministre De La Communication


Issa Tchiroma Bakary, photo d’illustration

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