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Téléphonie: Comment baisser les prix au Cameroun?

La question est au centre d’un séminaire qui se déroule actuellement à Douala

Pas besoin de le rappeler: les tarifs de communication mobile au Cameroun coûtent très chers par rapport aux autres pays en Afrique. Les consommateurs ne cessent de réclamer la baisse des tarifs, comme c’est le cas des produits de première nécessité dans le cadre de la lutte contre la vie chère menée actuellement par le gouvernement. Si la viande, le poisson, le riz, la farine, et le sucre subissent des baisses sur le marché, on attend toujours de voir cette baisse se matérialiser concrètement au niveau de la télécommunication. En attendant, les plaintes ne finissent pas de pleuvoir dans le secteur de la télécommunication. En effet, les usagers se plaignent et dénoncent une facturation fantaisiste, une tarification prohibitive et une mauvaise qualité de service; reconnaît d’ailleurs le directeur général de l’agence de régulation des télécommunications (ART).

Jean Louis Beh Mengué s’exprimait ainsi ce mercredi, 15 juillet 2009 au cours de la cérémonie d’ouverture du séminaire de 3 jours relatif à la sensibilisation sur la protection des consommateurs des produits et services de télécommunications. Cérémonie présidée par le gouverneur de la région du littoral, à l’hôtel Sawa à Douala. Dans son discours, Faï Yengo Francis a précisé qu’au Cameroun, le processus de réforme sectorielle a eu pour conséquence, la restructuration et surtout la libéralisation du marché des télécommunications. L’objectif poursuivi par cette grande mutation engagée sous la houlette du chef de l’Etat, était d’impliquer les investisseurs privés, de promouvoir un marché concurrentiel et de satisfaire les besoins des populations, c’est-à-dire de satisfaire les attentes des consommateurs. Mais l’on est fatigué d’attendre, déclare un consommateur en réaction à ce discours. Cette exaspération est également relayée par les responsables des associations de protection des intérêts des consommateurs qui comme l’indique le DG de l’ART, montent au créneau pour décrier une sorte d’arnaque organisée par les opérateurs et exploitants véreux, et réclament des sanctions de l’ART.


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Les associations dénoncent
Pour ces associations en effet, les consommateurs des produits et services de télécommunication dans notre pays, sont abusés. Une certaine presse parle de complicité de l’ART et tend à démontrer que le consommateur est le grand perdant et ne tire pas meilleur profit de la libéralisation du secteur, mentionne le patron de l’agence. Même s’il reconnaît que les plaintes peuvent être fondées et légitimes, elles ne devraient pas faire oublier le chemin parcouru depuis la restructuration du secteur, nuance cependant M. Beh. Pour sa défense, il déclare qu’il faut au préalable l’existence d’une concurrence effective et pérenne pour une prise en compte effective des besoins et de la satisfaction des clients. A cet effet, l’ART depuis sa création en 1998, a favorisé l’émergence d’un marché concurrentiel à travers la mise en place et le suivi de l’interconnexion entre les différents réseaux de téléphonie, ce qui permet à un usager de communiquer avec tout abonné quel que soit son réseau d’attache. De même, il y a eu l’élaboration et la mise en uvre de deux plans de numérotations qui donnent une capacité de 80 millions de numéros, afin de répondre à la demande des opérateurs et des abonnés.

Le gouverneur ajoute pour sa part, que les actions de l’agence, ont entraîné justement l’augmentation exponentielle du nombre d’abonnés, la baisse progressive des tarifs des communications, l’extension de la couverture des réseaux et la diversification des produits et services offerts par les opérateurs et exploitants des télécommunications. Tout ceci relève du domaine du discours politique comme on a coutume de dire, car sur le terrain, la réalité est toujours différente. S’il faut parler de couverture réseau par exemple, aucun consommateur n’exagère quand il se plaint de la mauvaise qualité des réseaux depuis plusieurs mois au Cameroun. Concernant la baisse des tarifs sus citée, forcément ça fait naître un sourire narquois aux lèvres, puisque le coût de la communication est toujours aussi cher. L’ART se défend et rappelle que depuis 2001, de 400F CFA, la minute de communication est passée à 150 F voire à 100F CFA la minute au niveau des call box. Ce n’est pas assez, réagissent les associations des consommateurs. Il Faudrait par exemple que le sms coûte 25 F CFA, disait Dellor Magellan Kamguaing, président de la ligue nationale des consommateurs du Cameroun, au cours d’une interview. Comme ses collègues, il exige que les droits des consommateurs soient protégés et respectés.

Restent attendues, les résolutions qui vont sortir du séminaire de Douala au soir de ce vendredi, 17 juillet 2009.


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