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Téléphonie mobile: 4 licences 3G en vue, dans un marché étroit selon la Banque mondiale

Le rapport estime qu' » avec 4 licences 3G, il est fort probable que le marché de 20 millions d’habitants ne soit pas suffisant

Dès début 2015, le Cameroun est supposé inaugurer la mise en service de sa deuxième licence de téléphonie mobile de troisième génération (3G) attribuée à Cameroon Telecommunications (CAMTEL), l’opérateur historique, après Nexttel (filiale locale du vietnamien Vietel) en septembre, et pourra en totaliser quatre par la suite, d’après les prévisions.

Entreprise publique, CAMTEL avait déjà été détentrice d’une licence de téléphonie mobile, revendue en 1999 à Orange-Cameroun, filiale locale de l’opérateur français du même nom rejointe sur le marché un an après par la filiale du sud-africain MTN. Mais en 15 ans d’activités des deux opérateurs, le secteur a enregistré peu de progrès technologiques, étant resté contenu à la 2G.

« Des licences 3G avec des obligations de couverture 3G data auraient dû être attribuées entre 2007 et 2010 », estime pourtant un rapport récemment publié par la Banque mondiale.

Pour 20 milliards de francs CFA (40 millions de dollars américains),comparativement à la 2G exploitée par Orange-Cameroun et MTN-Cameroon,Vietel a acquis en décembre 2012 au profit de sa filiale Nexttel la première licence 3G, opérationnelle depuis septembre, date à laquelle CAMTEL s’est vu octroyer la sienne, prévue d’être opérationnelle en janvier 2015.

Pour la Banque mondiale, « il est intéressant de noter que si le Cameroun a été en 1999 un des premiers pays d’Afrique a introduire la technologie mobile 2G, il est un des 4 derniers à introduire la technologie 3G en Afrique avec l’Algérie, Madagascar, les Comores ».

« Diverses annonces en septembre et octobre 2014 laissent à penser que lors des renouvellements de licence à Orange et MTN, ceux-ci pourraient bénéficier de la 3G. Ces annonces à valider font qu’en quelques mois le Cameroun passerait d’un des rares Etats d’Afrique à ne pas avoir de licences 3G à un des Etats en en ayant le plus », note l’institution mondiale.

Mais le rapport publié le 20 novembre estime qu’ » avec 4 licences 3G, il est fort probable que le marché de 20.000.000 habitants ne soit pas suffisant pour que les 4 opérateurs, qui se verraient attribuer une licence 3G, soient en mesure de rentabiliser les nécessaires investissements liés à la migration tout en ayant des offres de type 3G data performantes ( 11, 21, 42 Mbps) et une couverture nationale ».

« Il est fort probable que, poursuit ce document dont Xinhua a obtenue copie, les opérateurs concentreront leurs investissements sur les mêmes zones à forte valeur et délaisseront le reste du territoire,renforçant ainsi la fracture numérique intra-Cameroun. »

D’après la Banque mondiale, ce risque de surabondance d’offres 3G est lié à la politique du gouvernement camerounais et de l’ART (Agence de régulation des télécommunications) qui n’ont pas su prendre le virage de la 3G plus tôt et probablement aussi à des raisons de budget de l’Etat qui a encaissé près de 40 millions de dollars pour l’attribution de la licence 3G à Vietel.

En revanche, « une attribution à CAMTEL n’aurait probablement rien rapporté tant les finances de l’opérateur historique semblent dégradées », une décision jugée « exclusivement politique », car, croit-elle savoir, l’opérateur étatique « ne semble pas avoir les compétences humaines pour mettre en oeuvre un réseau de qualité ».

En dépit des décennies d’expérience dans le domaine des télécommunications, les choix managériaux de CAMTEL font en effet que seuls six techniciens d’entretien du réseau sont recensés pour répondre aux préoccupations des habitants de la ville de Yaoundé estimés à plus de 2 millions, selon des sources internes.

Le rapport met aussi cette entreprise en cause dans la dégradation de la qualité de l’Internet, conséquence de la décroissance de la bande passante nationale par accès, dans la mesure où elle est non seulement le principal fournisseur d’accès Internet en nombre avec ses offres ADSL et EDVO, mais, en outre, elle gère la station sous-marine et donc la bande passante internationale ouverte au trafic.

CAMTEL gère également les infrastructures terrestres et le réseau backbone qui contient la bande passante nationale, de même qu’elle établit sans réel contrôle par l’Agence de régulation des télécommunications les prix de gros, déplore par ailleurs la Banque mondiale.

Au final, c’est ce fournisseur dominant qui, fustige la Banque mondiale, « se contente d’offres minimum et de mauvaise qualité »,n’ayant « pas su exploiter la technologie CDMA qui est équivalente à la technologie 3G et qui lui permettrait d’avoir des offres « CDMA data »large bande (supérieur à 2 Mbps) et ayant la bande 800, cela lui permettrait d’avoir une bonne couverture ».


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