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Téléphonie mobile : importante baisse de la minute d’appel au Cameroun

Malgré ces réductions, les coûts de téléphonie mobile au Cameroun demeurent parmi les plus élevés d’Afrique subsaharienne.

Les coûts des appels par portable viennent de connaître des baisses significatives, aussi bien pour l’opérateur public, la Cameroon telecommunications (CAMTEL), que la multinationale Franco-britannique ORANGE et le groupe sud-africain MTN. Depuis le lundi 28 décembre dernier, la minute de communication chez l’opérateur ORANGE a baissé. Son plan de réduction atteint 89 FCFA pour la formule joker, la plus populaire, et jusqu’à 50 FCFA pour certaines formules professionnelles. Ces baisses concernent les appels effectuées vers les réseaux ORANGE. Pour le prix des appels vers d’autres réseaux, il descend lui jusqu’à 110 FCFA la minute contre 175 FCFA précédemment. D’après le directeur général de cette entreprise de téléphonie mobile, Jean-Michel Latute, cette opération entre dans le cadre « des beaux gestes d’ORANGE ». Limites, les officiels d’ORANGE-Cameroun précisent que l’offre est limitée dans le temps et court jusqu’au 31 janvier 2010.

Entre opérateurs, le plus fort
Selon les experts de l’environnement des télécommunications au Cameroun, la baisse des coûts chez ORANGE aurait presque été forcée en raison du grand virage pris par le représentant local du géant sud-africain du secteur, MTN. La dernière promotion de ce groupe baptisée « Mtn 99 », a permis de faire passer le prix de la minute de communication sous la barre « symbolique » de 100 FCFA, tous les jours de la semaine, et vers tous les réseaux nationaux. A 99 FCFA la minute, de nombreux abonnés de « call box » préfèrent charger leur téléphone. Pour accentuer l’attrait, les coûts des appels de nuit sont passés à 60 FCFA à raison de 1F/seconde. Par ailleurs, le coût des messages a également connu une baisse significative, passant de 50 FCFA à 25 FCFA. Contrairement à ORANGE, les dirigeants de MTN en lançant leur dernier produit ont assuré son caractère définitif. «Elle a été préparée depuis des mois. C’est une façon pour nous de renouveler notre engagement à rester toujours à l’écoute de nos abonnés dans le but de leur offrir des solutions de communication innovantes, simples et accessibles avec plus de possibilités de communiquer. Surtout qu’elle tombe à pic en cette période de crise économique et financière», ont-ils affirmé.

Les acteurs se rejettent la responsabilité
Dans la discrétion certes mais avant ces multinationales, la société parapublique CAMTEL avait opéré des baisses très importantes, la minute de communication passant de 150 FCFA à 75 FCFA pour tout opérateur confondu. Le Directeur général de cette entreprise David Nkoto Emane a précisé aussi, que CAMTEL s’apprêtait à acquérir une troisième licence de téléphonie mobile. Dix ans après la libéralisation du secteur de la téléphonie au Cameroun les trois opérateurs présents sur le marché revendiquent une clientèle estimée à quelques 7millions d’abonnés, soit à peu près 35% de la population camerounaise. Les observateurs pensent que les coûts devraient encore descendre, pour atteindre un niveau acceptable. D’après un rapport de l’Agence de régulation des télécommunications (Art), paru au mois de mars dernier, on constate qu’en l’espace de sept ans, le nombre d’abonnés a connu une ascension importante. Pourtant, les tarifs d’appels n’ont pas baissé dans la même proportion que cette augmentation. Sur ce débat, les différents acteurs se rejettent mutuellement la responsabilité. Les deux gros opérateurs privés accusent le taux élevé des charges et la contrepartie excessive reversée à CAMTEL pour le coût de prestation de la fibre optique. La taxe de régulation à elle seule reviendrait à près de 19 % sans compter les autres charges patronales. A l’Art, sans revenir sur les charges patronales, on pense que la marge de 81% que possèdent les entreprises de télécommunication sur leur prix suffirait à baisser les prix.

Pour le plaisir du consommateur
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Le gouvernement a du mal à trancher
Au début d’année 2009, le ministre en charge des télécommunications, Maïgari Bello Bouba alors en poste, avait invité les opérateurs à continuer de revoir leur prix à la baisse. Un appel qu’avait réitéré le ministre du commerce Luc Magloire Mbarga Atangana quelques mois après. Mais, ORANGE et surtout MTN avaient proposé en contrepartie au gouvernement que leur soit accordé le droit d’investir dans la fibre optique dont l’exclusivité est détenue par CAMTEL. Le gouvernement a fait montre d’un « poncepilatisme », en remettant la décision au régulateur, l’Art. Mais dans cette bataille, MTN semble avoir trouvé la bonne astuce. Pas étonnant qu’il soit leader avec plus de 4 millions d’abonnés.
Malgré, les coûts de télécommunication au Cameroun restent parmi les plus élevé d’Afrique. Au Sénégal tout opérateur confondu, ORANGE les tarifs d’appels sont à 85 FCFA. D’où la question fondamentale, pourquoi ça coûte si cher au Cameroun ? Le ministre Bello Bouba avait prescrit la tenue d’une comptabilité analytique des prix. Elle aurait permis de vois clair, sur les éléments constitutifs du coût de l’appel et aurait constitué une base de discussion pour une baisse significative. L’idée semble avoir été mise dans les tiroirs.

Faire des arbitrages
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