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Théâtre: Regina Goerger présente sa « Performance de Danse Butô »

La danseuse allemande offre un spectacle ce dimanche 22 novembre à Douala. Entretien

Regina vous êtes porteuse d’un projet qui s’intitule Performance de danse Butô, pouvez-vous le présenter?
La danse butô c’est une nouvelle tendance dans les arts théâtraux. C’est un art d’avant-garde qui est né au Japon dans les années 60, qui se répand dans le monde comme une proposition alternative de l’expression du corps te de l’esprit libre, dans l’espace quotidien des gens. Moi j’emmène cet art depuis 5 ans en Afrique, en travaillant sur le thème de l’espace en air libre, sur le thème de l’eau qui symbolise la fluidité, la grâce, la pierre qui symbolise la force, la stabilité et l’esprit libre. L’idée c’est de créer la rencontre entre les gens d’une région ou d’une ville et de faire participer au processus créatif pendant quatre semaines lors de cette phase de préparation avant l’évènement, de les inviter personnellement et leur expliquer pourquoi une étrangère, faisant quelque chose de visiblement étrange est actuellement ici au Cameroun et s’entraîne tous les jours au bord du fleuve Wouri. La deuxième rencontre est lors de la performance, la troisième c’est après la performance avec une discussion et la quatrième rencontre c’est le stage d’initiation à la danse Butô pour la jeune génération de Douala ou d’autres curieux. Depuis 2005 je suis passé au Maroc, en Gambie, Sénégal, Guinée Bissau et Conakry, Mauritanie, Ghana, Togo, Bénin et cette année le Cameroun et le Gabon après.

Sur quoi se fonde le choix de l’Afrique dans tout cela?
Il y a différentes raisons. J’ai toujours été intéressé par l’égalité entre les peuples, la paix et l’harmonie. J’ai d’ailleurs longuement étudié la science politique pour ces raisons là, j’ai entamé un doctorat mais je ne me voyais pas enfermé dans une salle de recherche ayant devant moi le même public ; J’ai aussi longuement pratiquer la danse africaine avec une kenyane à paris, c’est la deuxième chose, la troisième c’est la rencontre avec la création contemporaine africaine à paris qui m’a fasciné, toutes ces interrogations sur l’identité. J’ai rencontré la dans Butô en 1996 et elle m’a profondément ému, car rassemblait trois éléments essentiels dans ma vie, la paix, la rencontre dans l’espace libre et l’expression du corps. Donc il s’agit de dépasser certaines frontières, parce que la terre d’ici c’est la même que celle de là-bas, l’eau du fleuve coule ici comme il coule dans d’autres fleuves. Pour la jeune génération il s’agit de se mettre en marche et créer la rencontre entre les peuples, comme disait Senghor, de permettre la rencontre entre les peuples de façon paisible à travers l’art et la culture.

Vous l’avez dit, c’est une danse qui n’est pas de salle, elle a lieu en plein air, comment votre public l’appréhende jusqu’à présent?
Le public est extrêmement réceptif, très curieux, et souvent les gens sont très fier que quelqu’un vienne dans leur espace vie faire quelque chose d’inconnu, qu’on leur offre à découvrir, qu’ils sont libre de circuler et pour la performance les gens vont devoir faire une petite marche ensemble, ce qui permet aussi la rencontre entre les gens qui ne se sont jamais rencontré. Donc il y a aussi cette idée là d’activer le public et de lui offrir une possibilité de vivre aussi ce qu’il voit.

C’est un projet pour le littoral africain qui va jusqu’à 2015?
Oui, il va s’achever en Egypte en 2015, il est aussi d’un petit rêve, je me suis vue comme une vielle femme, les cheveux blanchis, avec une canne, devant une maison dans les montagnes japonaises ; cette culture m’inspire profondément et je voudrais bien y aller par les airs. Pas forcement par les airs, mais par la route. Je me sui mise en route en 2005 et je compte y arriver dans 10 ans. Après l’Afrique j’espère pouvoir passer un an au Tibet, 3 ans dans les pays côtiers de la Chine, un dernier passage en Corée du sud. Je continuais à répandre cet art encore inconnu même au japon, on peut facilement y rencontrer des gens qui ne connaissent pas la danse Butô.

L’équipe avec laquelle vous travaillez à Douala c’est vous qui l’avez instauré ou alors vous l’avez trouvé sur place?
Je suis allé au contact des gens, j’ai rencontré une compagnie de danse et une de théâtre, j’ai parlé de mon travail et j’ai vu en partie le leur, et c’est comme cela que les inscriptions se font pour le stage.

Spectacle de danse « butô »
regina.goerger.free.fr)/n

Une artiste allemande, qui fait de musique japonaise en Afrique, c’est finalement le tour du monde que vous faites.
C’est justement une passion pour le paysage, pour la terre, pour une véritable simplicité de la vie, chercher l’authenticité de l’être humain dans son espace vie. C’est un corps en mouvement libre dans l’espace.

Dimanche vous offrez une performance, pouvez vous nous décrire un tout petit peu votre scène ? Le public sera assis, en plein air?
Déjà le caractère d’une performance c’est que le public peut déambuler librement donc il n’y a pas de sièges, les gens sont debout et ça dure une demi heure à peu près, les gens vont me voir apparaître entre les arbres et vont pouvoir suivre librement l’évolution de la performance. C’est un travail en solo, sans musique, sans technique, au crépuscule, entre le jour et la nuit pour souligner le passage de l’être humain sur la terre entre la naissance et le mort. La danse butô c’est aussi la danse des ténèbres pour souligner cet aspect de la vie des hommes et des femmes sur la terre.

Après la performance de dimanche, quel sera votre programme?
Après la performance il y aura un stage les 26 et 27 novembre 2009 au Centre Culturel Français de Douala, et en début 2010 il y aura une performance sur les plages noires de Limbé, en mi janvier je quitterais le Cameroun pour le Gabon pour faire une performance et donner un stage à Libreville en fin février, la dernière étape africaine sera la performance de début avril toujours au Gabon.

Qui finance tout ce que vous faites?
Ici en Afrique c’est les Centres Culturels Français qui financent, en Europe je participe à des festivals de paysage, un festival de danse butô qui a lieu chaque année au mois de juin à Paris, organisé par le centre culturel franco-japonais qui soutient aussi mon projet ici, après j’organise des performances en Allemagne et en Autriche, et puis les formations sont payées. C’est projet minimaliste, je voyage en solitaire, avec le juste nécessaire pour réaliser le projet personnel, mais en même temps très engagé pour créer la rencontre, la découverte

Regina Goerger sur « scène »
Fernando Martin-Consuegra)/n
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