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Titus Edzoa: «Un président de la République n’a pas d’ami»

L’ex-collaborateur de Paul Biya, qui a bénéficié de la grâce présidentielle après 17 années passées en prison, estime, auprès de la presse nationale, avoir conservé ses convictions.

Dans une conférence de presse accordée à sa résidence samedi dernier, 1er mars, Titus Edzoa a fait part de ses sentiments envers le chef de l’Etat Paul Biya dont il fut le collaborateur avant de se retrouver en prison en 1997. « Un président de la République n’a pas d’ami. Cela veut dire que je n’ai jamais été l’ami du président de la République. En revanche, j’ai été son proche collaborateur », a indiqué l’ex Secrétaire général de la présidence de la République, dans son domaine au quartier Simbock à Yaoundé.

« D’aucuns disent que j’ai dit merci aux acteurs de l’extérieur sans le dire au président de la République. Ce dernier n’a pas besoin de gratitude. La politique n’aime pas les génuflexions. Il faut être digne. Respecter le président de la République car, s’il n’avait pas autorisé mon arrestation, je n’aurais jamais été embastillé. De l’autre côté, s’il n’avait jamais signé le décret, je n’aurais jamais été libéré », a-t-il ajouté.

L’ex haut commis de l’Etat a cependant indiqué qu’il pardonnait « aux autres » qui lui ont fait du mal. « Ils sont nombreux. Je les connais d’ailleurs nommément », a-t-il révélé. Titus Edzoa avait en effet été arrêté le 3 juillet 1997, trois mois après sa démission du poste de ministre de la Santé publique et l’annonce officielle de sa candidature à l’élection présidentielle qui devait se tenir au mois d’octobre de la même année. Condamnée une première fois à 17 ans de prison en 1997 puis une seconde fois à 20 ans de prison en 2012 pour des faits de détournements de biens publics qu’il a toujours niés, Titus Edzoa s’est toujours défendu d’être un prisonnier politique.

Celui qui a bénéficié de la grâce présidentielle du 18 février dernier en même temps que le Franco-camerounais Michel Thierry Atangana, a par ailleurs relevé qu’au moment de sa démission, il avait la vision d’un homme d’Etat. « Mais aujourd’hui, j’ai la vision d’un homme politique », a-t-il déclaré. A des questions de journalistes, curieux de savoir ce qu’il fera désormais en politique et s’il sera éventuellement candidat à l’élection présidentielle de 2018, Titus Edzoa a répondu : « J’ai démissionné du gouvernement, mais cela ne veut pas dire que j’ai démissionné du Rdpc (le parti au pouvoir, ndlr). C’est clair. A moins que vous m’en démissionnez vous-mêmes. [.] Vous faites déjà de moi un candidat de 2018, mais je dis d’attendre un peu ».

Titus Edzoa estime en outre que ses convictions n’ont pas été entamées après son séjour carcéral. Séjour d’ailleurs à propos duquel il estime : « On voit que vous n’avez pas été au Sed. Je n’ai pas été emprisonné, j’ai été séquestré. » Pour atténuer l’effet que la prison aurait eu sur lui, Titus Edzoa dit se porter relativement bien. A titre d’illustration, avant d’aller en prison je pesais 62 Kg. Hier (28 février, ndlr) je me suis pesé. Vous serez surpris peut-être. Je pèse encore 62 Kg. Donc, 17 ans n’ont pas entamé la santé mentale heureusement aussi la santé physique ». L’ex-sgpr a révélé néanmoins qu’il fera un autre livre sur les 17 années d’incarcération à la caserne militaire du Secrétariat d’Etat à la Défense, après « Méditations de prison », sorti en 2012.

Titus Edzoa le 01er mars 2014, dans sa résidence au quartier Simbock à Yaoundé
newsducamer.com)/n



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