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Tortures et exécutions sommaires: Le gouvernement défend l’armée

A la mi-février 2015, une ONG avait accusé l’armée camerounaise d’exactions et d’exécutions sommaires menées au nom de la lutte contre Boko Haram dans certaines localités de l’Extrême-Nord

Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary, est monté au créneau vendredi dernier, 13 mars, pour défendre l’armée camerounaise qui fait face à des accusations portées par une organisation non-gouvernementale dans le cadre de la guerre menée contre Boko-Haram.

Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (Redhac) a accusé les forces de défense de mener de nombreuses exactions et des exécutions extra-judiciaires contre certaines populations dans la région de l’Extrême-Nord, au nom de la lutte contre Boko Haram. Le Redhac avait notamment évoqué le cas d’une cinquantaine de personnes «mortes asphyxiées» dans leur cellule avant d’être «enterrées dans une fosse commune en brousse».

«Chacun sait ce qu’un terroriste et ce qui n’est pas le terrorisme», a relevé le ministre de la Communication dans son point de presse. Il a qualifié le communiqué du Redhac de «mensonge», «procès d’intention», soutenant que «les criminels ce sont les adeptes de Boko Haram qui tuent, pillent, enlèvent et égorgent».

Issa Tchiroma est revenu sur les décès mentionnés par le Redhac. D’après ses explications, l’armée aurait eu vent d’une attaque planifiée par Boko Haram, avant de lancer une opération de ratissage dans la nuit du 26 au 27 décembre 2014 dans les villages de Magdémé et Doublé. Ces deux villages sont proches de la route nationale n°1, située entre les villes de Mora et Kousséri, un axe qui était devenu pratiquement impraticable de jour comme de nuit à cause des attaques, d’après le ministre de la Communication.

L’interpellation avait conduit à «l’interpellation de 70 personnes». «Quatorze des personnes interpellées ont été conduites dans les cellules de la brigade territoriale de Maroua, alors que les autres, soit cinquante-six ont été gardés à vue dans un local aménagé pour la circonstance à la Légion de gendarmerie», a-t-on appris au cours du point de presse. Ce serait le lendemain, au moment de faire «le tri», qu’il a été constaté que 25 des 56 «suspects» avaient perdu la vie.

«Deux militaires camerounais ont été tués» à Magdémé et Doublé, au soir du 28 décembre 2014, par des terroristes de Boko-Haram en guise de «représailles» contre «l’interpellation de leurs comparses criminels», selon le ministre de la Communication.

Si M. Issa Tchiroma affirme que rien ne permet pour le moment de dire que les 25 personnes ont été tuées délibérément, il a néanmoins indiqué que le commandant de la légion de gendarmerie de Maroua a été déchargé de ses fonctions et mis à la disposition de la justice. «En outre, le commandant de la région militaire de l’Extrême-Nord a été déplacé et appelé à d’autres fonctions», a-t-il ajouté.

«La justice militaire s’est donc saisie de l’affaire. Elle continue ses investigations et se prononcera sur les responsabilités», a indiqué le porte-parole du gouvernement.

Issa Tchiroma, le ministre de la Communication du Cameroun
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