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Transparence dans les Industries Extractives: Le Cameroun publie un sixième rapport de conciliation

Il respecte ainsi une des conditions requises pour l’examen de son dossier

Le comité national de l’ITIE a présenté mercredi 31 août 2013 de manière officielle le rapport de conciliation 2011 requis dans le cadre de la mise en uvre de l’initiative pour la transparence dans les industries extractives au Cameroun. Parmi les grandes annonces de ce rapport de conciliation, le pays a nettement amélioré sa capacité à rendre compte des différents flux financiers versés par les entreprises et encaissés par le gouvernement. Un total de près de 678 milliards de FCFA ont été déclarés par les entreprises, et l’écart avec les chiffres du gouvernement est d’un peu moins de 50 millions de FCFA. Mais bien mieux que ces différents chiffres, c’est la capacité du comité national de mise en uvre de l’ITIE qui a été saluée. L’ensemble des entreprises privées comme les organisations publiques concernées, ont répondu aux sollicitations de déclaration. Ces déclarations elles même ont été faites sur la base des documents certifiés par la chambre des comptes pour l’administration, et par des cabinets d’audits pour le secteur privé. Prenant la parole pour la circonstance, le ministre camerounais des finances qui préside le comité national de mise en uvre de l’Itie, a fait part de son souhait que le Cameroun puise finalement être déclaré conforme au processus le 13 août prochain. Il a insisté sur le niveau d’effort fourni par le Cameroun et le niveau d’engagement de ses autorités comme un acquis qui devrait marquer les juges du comité international de validation de la conformité au processus.

Si le rapport 2011 n’est pas celui sur lequel le secrétariat international de l’ITIE s’appuiera pour déterminer le statut du Cameroun, il permettra de vérifier que le pays avance dans la bonne direction par rapport aux recommandations du rapport de conciliation de 2010 qui lui servira de base à l’examen du dossier Cameroun. Au sein du comité de mise en uvre de ce processus, on reste optimiste. Pourtant rien n’est gagné d’avance. Si l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives a des règles et des critères définis et connus de tous, la déclaration de conformité ou de non-conformité a souvent réservé des surprises. Le Cameroun a déjà été renvoyé deux fois et le troisième échec signifiera la sortie définitive du processus. Pourtant bien avant le Cameroun, des pays comme la République Centrafricaine ou encore l’Irak ont été conformes au processus bien qu’ils soient traversés par des instabilités politiques latentes ou effectives. Selon des experts proches du dossier, c’est davantage le niveau d’engagement des gouvernements et des entreprises concernés qui détermine le niveau de conformité. Sur ce point-là le Cameroun doit encore faire face à des défis. Le système de collecte des flux financiers en général reste à améliorer, la certification des comptes publics par la Chambre des comptes est encore sujette à cautions en terme d’indépendance et certaines zones d’ombre subsistent encore. Des difficultés qui avaient été relevées sur le Rapport 2010 et qui pour certaines ont perduré sur le rapport 2011. Le comité s’est réuni jeudi 1er août autour du validateur du rapport 2010. Ses recommandations donneront une orientation. En 2012, le pays était parvenu à se mettre en conformité avec un autre processus, celui de la chaîne d’écoulement de son diamant.


in2eastafrica.net)/n
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