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Transport au Cameroun: Les motos taximen boudent la loi du Premier Ministre

Ils estiment que cette loi qui réglemente leur secteur est excessive

Même si les réclamations sont normales, les papiers qu’ils nous demandent de fournir coûtent trop chers. En principe, une moto ne devrait pas suivre une visite technique, parce que ce ne sont pas toutes les pièces défectueuses qui peuvent être détectées lors d’une visite (…) Il ne faut pas omettre le fait que, nous n’avons pas les mêmes entrées que les taximens.
Amadou Boukar, moto taximan à Obili

Le premier ministre Ephraim Inoni a publié le lundi 5 janvier 2009, un ensemble de lois qui réglementent le secteur de moto taxi au Cameroun. Les propriétaires des engins à deux roues trouvent cette énième loi excessive. « Même si les réclamations sont normales, les papiers qu’ils nous demandent de fournir coûtent trop chers. En principe, une moto ne devrait pas suivre une visite technique, parce que ce ne sont pas toutes les pièces défectueuses qui peuvent être détectées lors d’une visite. Les casques qu’ils demandent d’acheter et les tenues dont le port est rendu obligatoire sont nécessaires pour la sécurité du conducteur et du passager. Mais, ils devraient nous donner cela gratuitement. S’ils demandent par exemple de faire un permis de conduire à 15 000 Fcfa et ils nous donnent les casques gratuitement, cela reviendrait moins cher. Il ne faut pas omettre le fait que, nous n’avons pas les mêmes entrées que les taximens » se plaint Amadou Boukar, moto taximan à Obili. Pour Pierre Roger Kouam, un collègue, plusieurs aspects de cette loi vont mettre le conducteur et les clients en conflit. Il ajoute : «Imaginons une femme bien coiffée qui veut emprunter une moto. Elle n’acceptera pas de détruire sa coiffure. Conséquence, nous allons, soit nous disputer sans cesse avec les clientes, soit les perdre totalement. Vous comprenez donc que nous allons achetez un instrument de travail qui va chasser les clients, déjà difficiles à trouver. Le ministre doit revoir cet aspect de cette loi et nous donner la possibilité de conduire en ville pour récupérer notre argent ». John Shé, un autre moto taximan pense que ces mesures sont la bienvenue si elles peuvent apporter de l’ordre dans le secteur et empêcher aux forces de l’ordre de leur courir tout le temps après. Néanmoins, il faut reconnaître que la constitution de toutes ces pièces nécessite des sommes colossales.


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Certes, nous avons six mois pour rentrer en possession de toutes ces pièces, mais moi, je ne les constitue pas. Cette loi offre des nouvelles pistes aux policiers qui nous arnaquent à tout bout de chemin. Ces hommes en tenues ont là davantage d’atouts pour nous extorquer de l’argent.
Ghislain Ossono, moto taximan

D’autres propriétaires des engins à deux roues ne font pas dans la langue de bois au sujet de cette loi. Ghislain Ossono soutient qu’il ne respectera jamais la nouvelle règle : « le Premier ministre devrait s’atteler à gérer les problèmes qu’il rencontre dans son ministère ! Certes, nous avons six mois pour rentrer en possession de toutes ces pièces, mais moi, je ne les constitue pas. Cette loi offre des nouvelles pistes aux policiers qui nous arnaquent à tout bout de chemin. Ces hommes en tenues ont là davantage d’atouts pour nous extorquer de l’argent », lance t-il hors de lui. En clair, en matière d’hécatombes causés par les conducteurs de motos taxis sur nos routes, nous ne sommes pas encore au bout du tunnel.


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