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Trump provoque un tollé mondial après ses propos sur les « pays de merde »

Le dĂ©luge de condamnations ne tarissait pas vendredi soir après les propos de Donald Trump la veille sur l’immigration en provenance de « pays de merde », des mots qu’il a partiellement contestĂ©s mais qui ont suscitĂ© une vague d’indignation Ă  travers le monde.

C’est, comme souvent, via Twitter que le prĂ©sident amĂ©ricain a rĂ©agi Ă  cette nouvelle polĂ©mique qu’il a crĂ©Ă©e de toutes pièces et qui le met en difficultĂ© au moment oĂą il tente de trouver un compromis au Congrès sur le dossier sensible de l’immigration.

« Le langage que j’ai utilisĂ© lors de la rĂ©union Ă©tait dur mais ce ne sont pas les mots utilisĂ©s », a affirmĂ© le milliardaire dans une formule alambiquĂ©e.

Quelques minutes plus tard, le sĂ©nateur dĂ©mocrate Dick Durbin, prĂ©sent lors de la rĂ©union, assurait pourtant que le prĂ©sident avait bien utilisĂ© « plusieurs fois » l’expression injurieuse.

« Les mots utilisĂ©s par le prĂ©sident tels qu’ils m’ont Ă©tĂ© rapportĂ©s directement par ceux qui ont participĂ© Ă  la rencontre n’Ă©taient pas +durs+, ils Ă©taient abjects et rĂ©pugnants », a ajoutĂ© en Ă©cho le sĂ©nateur rĂ©publicain Jeff Flake, un conservateur opposĂ© Ă  Donald Trump.

SollicitĂ©e jeudi soir sur ces propos, la Maison Blanche n’avait pas contestĂ© ou dĂ©menti, se bornant Ă  souligner que M. Trump se battrait « toujours pour le peuple amĂ©ricain ».

Le gouvernement haĂŻtien a dĂ©noncĂ© des propos « odieux et abjects » qui, s’ils Ă©taient avĂ©rĂ©s, seraient Ă  tous Ă©gards « inacceptables car ils reflèteraient une vision simpliste et raciste ».

En Afrique, colère et amertume dominaient.

L’Union africaine a dĂ©plorĂ© des remarques « blessantes ». Le SĂ©nĂ©gal et le Bostwana ont convoquĂ© chacun l’ambassadeur amĂ©ricain pour protester contre ces propos, qualifiĂ©s de « racistes » par Dakar.

– Louanges pour Martin Luther King –

Dans un Ă©trange tĂ©lescopage, le prĂ©sident amĂ©ricain a signĂ© vendredi en milieu de journĂ©e une dĂ©claration en l’honneur de Martin Luther King, qui sera cĂ©lĂ©brĂ© Ă  travers les Etats-Unis lundi, jour fĂ©riĂ©.

Au cours d’une brève cĂ©rĂ©monie, il a a louĂ© « le rĂŞve d’Ă©galitĂ©, de libertĂ©, de justice et de paix » du militant noir des droits civiques. Saluant un homme qui a « changĂ© le cours de l’histoire », il a ignorĂ© les questions qui lui ont Ă©tĂ© posĂ©es Ă  l’issue de son allocution.

Presque simultanĂ©ment, Ă  quelques kilomètres de lĂ , le chef de la diplomatie amĂ©ricaine Rex Tillerson dĂ©fendait les « valeurs » amĂ©ricaines lors d’un discours sur le « respect » oĂą il a fait l’Ă©loge de la « diversité » et des « diffĂ©rences ».

Au coeur des débats de la réunion désormais célèbre de jeudi à la Maison Blanche: la régularisation de centaines de milliers de clandestins arrivés jeunes aux Etats-Unis, et dont le statut temporaire accordé sous Barack Obama a été supprimé en septembre.


Quand M. Trump a abrogĂ© le programme Daca, qui a permis Ă  690.000 jeunes sans-papiers de travailler et d’Ă©tudier en toute lĂ©galitĂ©, il avait donnĂ© jusqu’Ă  mars au Congrès pour trouver une solution pĂ©renne pour ces clandestins connus sous le nom de « Dreamers » (RĂŞveurs).

Mais il a liĂ© toute rĂ©gularisation Ă  son projet de mur Ă  la frontière avec le Mexique, auquel les dĂ©mocrates se sont jusqu’Ă  prĂ©sent opposĂ©s fermement.

– ‘Nous valons mieux que ça’ –

Outre la rĂ©alisation de cette promesse de campagne, M. Trump exige aussi la suppression de la loterie annuelle de cartes vertes et une rĂ©forme de l’immigration lĂ©gale pour rĂ©duire le rapprochement familial.

« Je veux un système d’immigration fondĂ© sur le mĂ©rite et des gens qui aideront notre pays Ă  aller de l’avant », a-t-il martelĂ© vendredi.

« Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ? », a demandé le président Trump lors des discussions jeudi, selon le Washington Post, qui cite plusieurs sources anonymes.

Selon elles, M. Trump faisait rĂ©fĂ©rence Ă  des pays d’Afrique ainsi qu’Ă  HaĂŻti et au Salvador, expliquant que les Etats-Unis devraient plutĂ´t accueillir des ressortissants de la Norvège.

« Pourquoi avons-nous besoin de plus d’HaĂŻtiens ? », aurait encore demandĂ© le prĂ©sident.

Vendredi, il a tenté de donner une version différente de ses propos.

« Je n’ai jamais dit quelque chose d’insultant sur les HaĂŻtiens outre le fait que, et c’est une Ă©vidence, HaĂŻti Ă©tait un pays très pauvre et en difficulté », a-t-il lancĂ©, assurant avoir « une relation merveilleuse » avec les HaĂŻtiens.

Le Haut commissariat de l’ONU pour les rĂ©fugiĂ©s a dĂ©plorĂ© des propos « racistes », « choquants et honteux ».

L’ancien vice-prĂ©sident dĂ©mocrate Joe Biden a lui aussi donnĂ© de la voix. « Ce n’est pas comme cela qu’un prĂ©sident devrait parler et se comporter. Mais surtout, ce n’est pas comme cela qu’un prĂ©sident devrait penser ».

Et mĂŞme le monde du football a rĂ©agi, le prĂ©sident canadien de la ConfĂ©dĂ©ration d’AmĂ©rique du Nord, d’AmĂ©rique centrale et des CaraĂŻbes (Concacaf), Victor Montagliani, apportant son soutien sur Twitter aux pays visĂ©s en rappelant « que tout le monde est bienvenu sur les terrains ».

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